(Ottawa) Elizabeth May ne s’attend pas à une autre élection fédérale dans un avenir rapproché, mais elle a déjà annoncé au premier ministre Justin Trudeau ce qui doit survenir pour que les verts votent avec son gouvernement.

Jim Bronskill
La Presse canadienne

La chef du Parti vert a dit croire qu’aucun des partis dotés du pouvoir politique nécessaire pour mettre fin au futur Parlement minoritaire ne serait prêt à le faire.

Avec trois députés au sein du prochain Parlement, les verts ne sont pas assez nombreux pour détenir la balance du pouvoir.

Les conservateurs et les néo-démocrates ont, quant à eux, besoin de temps pour se préparer à une autre campagne, a soutenu Mme May en entrevue. Les conservateurs se demandent si Andrew Scheer devrait rester chef du parti et les néo-démocrates doivent reconstituer leurs coffres.

Bien que Mme May, âgée de 65 ans, dirigera à nouveau les verts dans le cas improbable d’élections anticipées, cela ne servirait pas les intérêts du parti de prendre de nouveau les rênes d’une campagne dans quatre ans, a-t-elle déclaré.

« Ce n’est pas comme si j’étais chef du Parti vert parce que j’aime être chef du Parti vert. J’aime le Parti vert et c’est un service (que je rends) », a-t-elle fait valoir.

« Je pense qu’il est très peu probable que je sois la chef du Parti vert dans le cadre d’une prochaine élection si l’échéancier tourne autour de quatre ans », a-t-elle ajouté.

Mme May a écrit à M. Trudeau pour l’avertir que les verts n’appuieraient pas les motions de confiance si le gouvernement fédéral n’augmentait pas ses objectifs en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre, actuellement à 30 % par rapport aux niveaux de 2005 d’ici 2030.

« Pour améliorer les chances de survie de l’humanité, il est essentiel que le Canada assume un rôle de leadership, en augmentant d’abord notre propre ambition, puis en plaidant pour plus d’ambition dans les négociations mondiales », indique la lettre.

Mme May a ajouté qu’elle avait également envoyé des copies de la lettre aux chefs des conservateurs, du NPD et du Bloc québécois, ajoutant que les partis devraient rechercher des points communs lors de la reprise des travaux parlementaires.