La campagne électorale qui a pris fin dimanche a mené les chefs de parti aux quatre coins du pays. En avion, en train ou en autocar. Nous avons demandé à toutes les formations politiques de nous fournir une estimation des émissions de gaz à effet de serre (GES) produites par les déplacements des chefs ou, à défaut, les données nous permettant de faire les calculs. Voici les résultats.

Éric-Pierre Champagne Éric-Pierre Champagne
La Presse

Bloc québécois

Le chef du Bloc, Yves-François Blanchet, voyage en autocar dans ses déplacements au Québec. En date du 16 octobre, il avait parcouru 10 961 km. Le parti a indiqué qu’il verserait une compensation de 94 $ par tranche de 1000 km parcourus au projet Carbone boréal, mis sur pied par l’Université du Québec à Chicoutimi. La somme servira à la plantation d’arbres dans la forêt boréale, dans des zones où la forêt ne se régénère pas d’elle-même. En date du 16 octobre, le Bloc s’attendait à verser au projet 1030 $.

Parti vert

Elizabeth May et son équipe de cinq personnes se sont généralement déplacées en train ou en avion sur des vols commerciaux en classe économique. Le parti estime qu’à la fin de la campagne, les déplacements auront entraîné des émissions de GES de 45 tonnes. Les verts ont l’intention d’acheter des compensations carbone auprès de l’entreprise Carbonzero. La somme totale devrait être de 1125 $ à 1260 $, selon le projet de plantation d’arbres qui sera retenu.

Parti conservateur

Les calculs ont été plus compliqués pour le Parti conservateur. Les conservateurs affirment que l’avion utilisé pour les déplacements du chef Andrew Scheer, un Airbus 319-100, est plus économique que les appareils utilisés par les libéraux. Ce modèle d’Airbus consomme 2422 litres par heure. En date du 15 octobre, selon nos calculs établis avec l’aide d’Alexandru Iordan, directeur senior au Groupe conseil carbone, les déplacements du chef conservateur ont généré des émissions de 363,8 tonnes de CO2. Le parti ne s’est pas engagé à compenser ces émissions.

Parti libéral

Le Parti libéral s’engage à compenser ses émissions auprès de l’entreprise Bullfrog Power. Malheureusement, les données transmises à La Presse étaient incomplètes et ne permettaient pas d’établir la quantité de GES produits pendant les déplacements de Justin Trudeau.

Nouveau Parti démocratique

Les néo-démocrates s’engagent eux aussi à compenser leurs émissions. Mais le parti n’a fourni aucune donnée à La Presse, malgré nos demandes répétées.

Parti populaire du Canada

Le porte-parole du Parti populaire du Canada, Martin Masse, nous a informés que le parti ne calculait pas ses émissions de GES pendant les déplacements de son chef Maxime Bernier, et du même coup, n’achetait pas de compensations carbone.