(Vancouver) L’ancienne ministre libérale Jody Wilson-Raybould a gagné son pari de se faire élire comme députée indépendante dans la circonscription de Vancouver Granville, en Colombie-Britannique.

La Presse canadienne

Mme Wilson-Raybould a quitté ses fonctions de ministre de la Justice et procureure générale après avoir accusé le premier ministre Justin Trudeau et son bureau d’avoir indûment exercé des pressions afin qu’elle intervienne dans les poursuites criminelles contre le géant québécois de l’ingénierie SNC-Lavalin, accusé de corruption.

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Jane Philpott, qui avait elle aussi démissionné au même moment, a quant à elle échoué dans sa tentative d’être élue comme indépendante dans la circonscription de Markham-Stouffville, en banlieue de Toronto. Elle avait été ministre de la Santé, ministre des Services aux Autochtones et présidente du Conseil du Trésor dans le gouvernement Trudeau.

PHOTO CHRIS YOUNG, LA PRESSE CANADIENNE

Jane Philpott

Le premier ministre avait fini par expulser les deux femmes du caucus libéral, et plusieurs de leurs partisans y ont vu une justification lorsque le commissaire fédéral à l’éthique a conclu que M. Trudeau avait violé la Loi sur les conflits d’intérêts en exerçant des pressions sur Mme Wilson-Raybould pour qu’elle mette fin aux poursuites contre SNC-Lavalin.

Les deux politiciennes se sont soutenues mutuellement tout au long de la campagne.

Mme Wilson-Raybould tirait de l’arrière dans les premiers résultats dévoilés lundi soir, mais ses partisans ont éclaté de joie lorsqu’elle s’est finalement hissée devant ses plus proches adversaires, le conservateur Zach Segal et le libéral Taleeb Noormohamed.

Tout au long de sa campagne, elle s’est engagée à faire de la politique différemment selon une approche non partisane, un message soutenu par la chef des verts Elizabeth May lors d’un rassemblement en septembre.

Jody Wilson-Raybould avait été une candidate vedette du Parti libéral lors des élections de 2015, après avoir été chef régionale de l’Assemblée des Premières Nations de la Colombie-Britannique.

En se lançant cette fois-ci dans la course comme indépendante, elle se présentait comme une candidate beaucoup plus expérimentée que ses adversaires. Mais son équipe de campagne a eu la tâche difficile de persuader les électeurs qu’elle serait une députée efficace malgré son statut d’indépendante, qui ne lui donnera pas les mêmes privilèges à la Chambre des communes que les membres d’un parti reconnu.