Barack Obama s’invite dans la campagne électorale : l’ancien président américain offre son appui au chef libéral Justin Trudeau et invite les Canadiens à lui confier un second mandat.

Mélanie Marquis Mélanie Marquis
La Presse

«J’ai été fier de travailler avec Justin Trudeau comme président. Il est un leader travaillant et efficace qui s’attaque à des enjeux majeurs comme les changements climatiques», a-t-il écrit sur Twitter.

«Le monde a besoin de son leadership progressiste en ce moment, et j’espère que nos voisins du Nord l’appuieront pour un autre mandat», a ajouté l’ancien dirigeant des États-Unis.

Cette sortie de Barack Obama constitue-t-elle une ingérence dans le processus électoral canadien, alors que les électeurs sont appelés aux urnes dans cinq jours? La réponse est non, à moins que le tweet ait été rédigé en échange de rémunération.

«Tous les individus, qu’ils soient Canadiens ou non, sont libres d’exprimer leurs opinions et leurs points de vue sur n’importe quel sujet pendant une élection. Un citoyen étranger qui tweete ou même qui prend la parole lors d’un événement organisé au Canada ne constitue pas en soi un exemple d’influence étrangère indue au sens de la Loi électorale du Canada», a écrit la porte-parole d’Élections Canada, Natasha Gauthier.

Au Parti libéral, on signale qu’aucune dépense n’a été engagée. On a cependant refusé de préciser si l’ancien président avait tweeté de son propre chef ou s’il avait été sollicité pour le faire par Justin Trudeau ou l’un des membres de son équipe.

Cet appui de taille survient alors que la campagne libérale est en difficulté. La montée du Bloc québécois pourrait lui coûter des sièges; d’ailleurs, Justin Trudeau a tiré une sonnette d’alarme à Montréal, mercredi matin.

Évoquant une victoire des troupes conservatrices le 21 octobre prochain, il a servi une mise en garde sur les changements que cela pourrait provoquer au pays, notamment en matière de lutte contre les changements climatiques.

Les liens unissant Justin Trudeau et Barack Obama vont au-delà d’une simple relation de travail — on a souvent parlé d’une «bromance» entre les deux. En juin dernier, lors d’une escale à Ottawa, l’ex-président est allé boire une bière avec le premier ministre sortant.

Au moment de publier ces lignes, le tweet de l’ex-président démocrate en appui au chef libéral avait été partagé plus de 14 000 fois. Parmi eux, de nombreux candidats libéraux, dont les ministres sortants Mélanie Joly et François-Philippe Champagne.