Le vote par anticipation a commencé hier. S’il restait encore 10 jours à la campagne électorale, les personnes rencontrées par La Presse à la sortie des bureaux de vote n’en étaient pas moins sûres de leur choix.

Janie Gosselin Janie Gosselin
La Presse

« Mon idée est très ferme », a confié Marie-Marthe Leduc, rencontrée hier dans un bureau de vote de la circonscription d’Outremont avec son mari, Guy Leduc. Les grands-parents ont décidé de voter en avance, cette année, parce qu’ils devront peut-être garder leurs petits-enfants le 21 octobre.

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Marie-Marthe Leduc, rencontrée hier dans un bureau de vote de la circonscription d’Outremont avec son mari, Guy Leduc, ont décidé de voter en avance, cette année.

Cette circonscription reprise en février dernier par la candidate libérale Rachel Bendayan lors d’une élection partielle était le fief de l’ancien chef du Nouveau Parti démocratique, Thomas Mulcair, depuis 10 ans.

Mme Bendayan se présente de nouveau, et devra affronter notamment le chef adjoint du Parti vert, Daniel Green. La formation espère faire une percée au Québec.

Attente

En fin de journée, hier, il n’y avait pas cohue au bureau de vote.

« C’est parfait, il n’y a pas un chat », a commenté M. Leduc. En revanche, pour Mme Leduc, il manquait un peu de l’ambiance de la journée officielle du scrutin. « J’aime l’effervescence de la journée des élections », a-t-elle admis.

Le vote par anticipation a commencé hier à 9 h. Il se poursuit aujourd’hui, demain et lundi, de 9 h à 21 h.

Un nombre record de 3,6 millions de personnes avaient voté par anticipation aux élections fédérales de 2015. Ce bond de plus de 1,5 million d’électeurs par rapport aux chiffres de 2011 a poussé le Directeur général des élections à ouvrir cette fois un plus grand nombre de bureaux de scrutin, pendant une période prolongée.

Dans Laurier–Sainte-Marie, la file d’attente pour voter était plus importante. Anne-Marie Potrawiak, vétérinaire de 40 ans, estimait avoir attendu une demi-heure avant de pouvoir déposer son bulletin dans la boîte. « Je vote toujours, a-t-elle souligné. C’est un droit qu’il faut exercer, il faut voter pour que les choses changent, pour multiplier les chances que les actions qui se prennent soient notre décision. »

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Anne-Marie Potrawiak, vétérinaire de 40 ans, estimait avoir attendu une demi-heure avant de pouvoir déposer son bulletin dans la boîte.

Elle n’a pas l’habitude de voter à l’avance, mais savait qu’elle serait à l’extérieur du pays le 21 octobre. « Je me sens bien avec mon vote, a-t-elle précisé. Je ne sais pas si je vais gagner mes élections, mais je me sens bien. »

La lutte dans Laurier–Sainte-Marie, qui couvre une partie du Plateau Mont-Royal et de Ville-Marie, s’annonce serrée. La circonscription a longtemps été celle du chef bloquiste Gilles Duceppe, avant d’être rattrapée par la vague orange et de passer aux mains de la néo-démocrate Hélène Laverdière, en 2011. C’est Nimâ Machouf qui s’y présente cette fois pour le NPD, contre le bloquiste Michel Duchesne et le libéral Steven Guilbeault, notamment.

Jeunes

Les électeurs présents aux différents bureaux de vote hier n’étaient pas les premiers à exprimer leur voix. Les élèves de 119 collèges et universités partout au Canada ont pu voter du 5 au 9 octobre sur les campus.

Aux dernières élections, les 18 à 24 ans ont été le groupe d’âge ayant présenté le taux de participation électorale le plus bas, estimé à 38,8 %.

À 20 ans, David Vielfaure en était à sa deuxième participation à des élections fédérales, après la partielle dans Outremont en février. « J’avais hâte de voter », a dit l’étudiant en génie aérospatial hier. Il voulait aussi « régler ça le plus vite possible ».

S’il dit ne pas suivre « particulièrement » la politique, il s’y intéresse et croit que la majorité de ses camarades de classe se rendront aux urnes. « On est conscients des enjeux, a-t-il noté. C’est un phénomène important à nos yeux. »