Le Conseil national élargi des chômeurs et des chômeuses (CNECC) profite de la campagne électorale pour demander aux partis fédéraux de réformer le programme d’assurance-emploi, le qualifiant de « déficient ».  

Thomas Dufour Thomas Dufour
La Presse

Le groupe a lancé, dimanche, sa campagne de sensibilisation qui se déploiera au Québec et au Nouveau-Brunswick pendant toute la période électorale. Ils tenteront de se faire entendre en interpellant les politiciens, en installant des pancartes et en faisant de la publicité dans les journaux.  

Le CNECC reconnaît les efforts du gouvernement libéral au courant des dernières années, mais croit qu’il est possible « d’aller plus loin ».  

Il dénonce des normes d’admissibilité variables pour l’assurance-chômage en fonction du lieu de résidence. « Il y a autant de critères d’admissibilité que de régions [du Canada] », a expliqué Pierre Céré, porte-parole du Conseil national des chômeurs et des chômeuses (CNC) et leader du CNECC.  

Le groupe souhaite voir s’allonger la période de prestations pour les travailleurs. Ces derniers peuvent passer de longues périodes sans recevoir d’aide, selon la CNECC.  

Selon Jack Picard, de la communauté innue de Pessamit, sur la Côte-Nord, le gouvernement fédéral ne fournit pas une aide adéquate en assurance-emploi pour les gens de sa communauté. Il dénonce des « problèmes d’accès à l’assurance-emploi », « des périodes de prestations très courtes » ainsi que des « services éloignés de notre monde, méconnaissant de nos réalités ».  

Le regroupement déplore que le sujet soit si peu abordé par les politiciens en campagne. « Personne ne parle d’une réforme de l’assurance-emploi, a expliqué Fernand Thibodeau, qui œuvre à la défense des travailleurs saisonniers de la Péninsule acadienne. Je suis très déçu, très amer ».  

Afin de faire entendre leur message auprès des différents partis, le CNECC s’est enregistré comme tiers auprès d’Élections Canada en août dernier. Il mènera une campagne publicitaire pour faire valoir ses idées.

La prestation maladie a aussi été critiquée. « Nous sommes le seul pays du G7, à part les États-Unis, qui a une période de prestation [maladie] de moins d’un an », a indiqué Marie-Hélène Dubé, instigatrice de la campagne 15 semaines. Elle travaille depuis dix ans pour que soit améliorée cette prestation. Sa pétition a obtenu 600 000 signatures depuis dix ans.