Langue française, environnement, laïcité et indépendance : voici les thèmes que le Bloc québécois mettra de l’avant pendant les prochaines semaines.

Thomas Dufour Thomas Dufour
La Presse

Le parti tenait son conseil général électoral afin de présenter son plan pour la campagne devant ses partisans, dimanche matin, à Boucherville.

Le chef, Yves-François Blanchet, a critiqué le bilan environnemental de Justin Trudeau, soulignant que le Québec n’avait pas sa place dans « un Canada pétrolier qui refuse de prendre au sérieux les changements climatiques ».

Le parti souhaite que la province ait le dernier mot sur les projets environnementaux développés sur son territoire. « Il est hors de question qu’Ottawa continue de nous imposer des pipelines, des aéroports, des tours cellulaires, sans notre consentement », peut-on lire dans le plan du Bloc.

Le parti a soulevé l’idée de mettre en place une «péréquation verte» qui offrirait une fiscalité avantageuse pour les provinces ayant un faible taux d’émission de gaz à effet de serre. «Ceux qui émettent plus de gaz à effets de serre [qu’une certaine limite] vont payer, et ceux qui émettent moins vont recevoir», a résumé M. Blanchet.

Il a profité de son allocution devant ses partisans pour critiquer les quatre années de gouvernement libéral. «Nous avons connu un régime Trudeau, nuisible, colonisateur, anti-Québec, méprisant», a lancé le chef du parti.

Laïcité, «taxe GAFA» et gestion de l'offre

M. Blanchet a rappelé l’appui du parti au projet de laïcité de l’état.« C’est le choix légitime et démocratique du Québec que seul le Bloc défend à Ottawa », a indiqué le parti dans son plan.

« [La laïcité], ça n’a rien à voir avec un droit fondamental, ça a tout à voir avec la modernité, l’équité, l’accueil et la justice », a dit M. Blanchet.

En matière d’immigration, le chef du Bloc croit que « les nouveaux arrivants au Québec doivent avoir une connaissance minimale du français pour s’y installer ».

M. Blanchet a rappelé son plan de taxer les géants du web. Il a défendu un « équilibre sain entre le commerce et la création de contenu ».

Le Bloc québécois souhaite que le gouvernement fédéral impose une « taxe GAFA » de 3 % sur le chiffre d’affaires des multinationales d’internet qui font des affaires au Canada, afin de financer un fonds de soutien aux médias d’information, aux arts et à la culture.

Le Bloc dénonce aussi des lacunes dans la gestion de l'offre au Canada. « Nos producteurs se sont fait sacrifier dans trois accords de libre-échange consécutifs [avec l'Europe, la zone Pacifique et l'Amérique du Nord] ».

Le ministre Morneau n'a pas tenu sa promesse de compensation de 3,9 milliards aux producteurs agricoles canadiens, selon M. Blanchet. Le Bloc n’appuiera pas le budget du prochain gouvernement fédéral si celui-ci ne détaille pas les versements des compensations promises pour la gestion de l'offre. 

M. Blanchet a aussi critiqué la possible vente d’Air Transat à Air Canada, dénonçant une « mauvaise transaction » pour le Québec.

Le nouveau chef n’a pas nié les déboires du Bloc québécois au courant des dernières années. Le parti avait vécu une crise de confiance qui avait mené au départ de Martine Ouellet, l’ancienne chef de la formation, en juin 2018. « Nous revenons de loin, de très loin, mais on ne regarde plus en arrière », a affirmé M. Blanchet.

Sous les applaudissements des militants, le parti a présenté ses 78 candidats pour la campagne. Les rangs du parti comptent beaucoup de jeunes cette année avec 63 des candidats qui n’ont jamais siégé auparavant.

Le plan de campagne a été adopté à l'unanimité par les membres, en fin d'avant-midi.

- Avec La Presse canadienne