Après qu’Andrew Scheer a expulsé un candidat manitobain pour des propos hostiles à l’endroit des immigrants et des musulmans et en a défendu deux autres pour des propos dénigrant la communauté LGBT, voici que les agissements passés d’un candidat québécois refont surface.

Raphael Pirro Raphael Pirro
La Presse

La Presse a découvert qu’Hugues Laplante, homme d’affaires qui se présente dans la circonscription de Châteauguay–Lacolle, avait été arrêté pour conduite avec les facultés affaiblies en 1992. Il avait plaidé coupable.

Cette fois, la formation semblait au courant des antécédents de ses candidats. De fait, c’est M. Laplante lui-même qui en aurait informé le parti, afin de prévenir toute confusion avant que ne commence la campagne.

Par courriel, l’attachée de presse pour le Québec du Parti conservateur, Josée Morissette, a fait savoir que « dans ce cas-ci, le parti considère que les antécédents judiciaires du candidat n’étaient pas une entrave à sa nomination ». 

Monsieur Laplante a fait face à ses responsabilités, a purgé sa peine et est devenu un citoyen exemplaire, impliqué et dévoué dans la société.

Josée Morissette

Appelé à commenter la situation, M. Laplante a fait parvenir le commentaire suivant : « Je suis une personne honnête. Ma famille, mes employeurs, mes amis savent ce qui m’est arrivé il y a plus de 25 ans. Je ne suis pas très fier de ça. Cela m’a fait réfléchir, j’ai vieilli, je suis devenu père de famille. Je me suis impliqué durant plusieurs années auprès de jeunes d’équipes sportives, car pour moi il est très important de prôner les saines habitudes de vie. »

Quand passer l’éponge ?

Lors des dernières élections fédérales, en 2015, le Parti conservateur avait expulsé le candidat de Repentigny, Buddy Ford, parce qu’il avait été arrêté quatre ans plus tôt alors qu’il avait en sa possession une quantité « minime » de cannabis. Une accusation pour laquelle M. Ford avait reçu une absolution inconditionnelle. « C’était un joint ! avait-il dit à La Presse. C’était à un party, on m’a donné ça, c’est resté dans mes poches et… c’est ça. »

La décision de montrer la porte à M. Ford en début de campagne avait été prise dans un contexte où le chef du Parti conservateur, Stephen Harper, défendait une position strictement antidrogue, alors qu’à l’opposé, Justin Trudeau proposait la légalisation du cannabis aux Canadiens.

Hier, Andrew Scheer a dû se porter à la défense de deux autres candidats qui auraient tenu des propos dénigrants envers les communautés LGBT sur les réseaux sociaux par le passé. « Les deux candidats que vous avez mentionnés se sont excusés pour leurs paroles », avait répondu M. Scheer aux journalistes en point de presse hier. « Et c’est clair que leur langage était inacceptable et offensif à la communauté LGBT, alors je suis content [qu’ils se soient] excusés », avait-il ajouté.

Comme dans le cas d’Hugues Laplante, il a refusé de faire tomber le couperet.

— Avec la collaboration de William Leclerc et Serge Laplante, La Presse, et de La Presse canadienne