(Québec, Bromont) François Legault a lancé un appel sans détour aux chefs fédéraux, mercredi, en exigeant qu’ils s’engagent à ne jamais contester la loi québécoise sur la laïcité.

Martin Croteau Martin Croteau
La Presse

Quelques heures après le déclenchement de la campagne, le premier ministre québécois a envoyé un message clair aux partis fédéraux.

«Les Québécois ont le droit de savoir, je voudrais que les chefs des partis fédéraux prennent l’engagement de ne pas participer directement ou indirectement à une contestation judiciaire de cette loi», a-t-il déclaré.

En juin, le gouvernement de la Coalition avenir Québec a adopté sous bâillon le controversé projet de loi 21, qui interdit le port de signes religieux à des fonctionnaires avec un pouvoir de coercition comme les juges et les policiers. L’interdiction touche également les enseignants, mais pas dans les écoles privées.

M. Legault fait valoir que la pièce législative a été adoptée de façon «légitime» et qu’elle est appuyée par une «grande majorité des Québécois».

Le premier ministre sortant, Justin Trudeau, n’a jamais caché son désaccord avec la pièce législative. Au premier jour de la campagne, il n’a pas exclu d’intervenir
pour contester la loi québécoise sur la laïcité devant les tribunaux s’il est réélu pour un deuxième mandat
.

Il a cependant indiqué qu’une telle mesure ne serait pas indiquée « pour l’instant ». Cette déclaration n’a visiblement pas satisfait François Legault, qui souhaite en engagement plus clair.

«Ce que je leur demande, c’est de s’engager - pas juste pour l’instant, pour de bon - à ne jamais contester la loi qui interdit les signes religieux pour les personnes qui sont en autorité, a-t-il dit. C’est aux Québécois de choisir. Les Québécois ont choisi.»

Quelques instants avant M. Legault ait formulé cette demande, Andrew Scheer avait assuré, en marge du lancement de sa campagne à Trois-Rivières, qu’un gouvernement conservateur n’avait pas l’intention d’intervenir de quelque manière que ce soit dans le débat et que, conséquemment, il ne contesterait pas la loi devant les tribunaux.

M. Legault a ordonné à ses députés et aux employés du gouvernement de ne pas appuyer l’un ou l’autre des candidats aux élections fédérales. Mais il n’entend pas se terrer dans le mutisme d’ici au scrutin du 21 octobre.

«On a une liste très longue de demandes qu’on va faire aux partis fédéraux, a-t-il dit. Je vais la rendre publique dans les prochains jours.»

Divisions au PLQ 

Réunis en caucus présessionnel à Bromont, mercredi, les libéraux se sont montrés divisés sur les stratégies que doit prendre le Québec face aux possibles contestations fédérales de la loi sur la laïcité de l’État. 

«Ça sera au gouvernement fédéral de prendre ses décisions, quelles qu’elles soient», a déclaré le chef par intérim du Parti libéral du Québec, Pierre Arcand.  

Dominique Anglade, qui est la seule candidate officiellement annoncée pour succéder à Philippe Couillard, a quant à elle demandé aux politiciens fédéraux de se mêler de leurs affaires. 

«Ce sont des questions qui sont discutées au Québec. On peut ne pas être d’accord [avec la loi], comme ça a été le cas [au] Parti libéral, mais c’est le Québec qui doit décider au Québec», a-t-elle martelé.