(Québec) Le Bloc québécois a amorcé la campagne électorale en se positionnant comme le meilleur allié du gouvernement de François Legault à Ottawa, notamment pour défendre sa loi sur la laïcité.

Gabriel Béland Gabriel Béland
La Presse

Entouré de sept candidats de la région de la capitale nationale, le chef Yves-François Blanchet a choisi Québec pour prononcer son discours de début de campagne, une région où dominent les députés conservateurs.

Selon lui, les libéraux de Justin Trudeau ne se gêneront pas pour contester la loi 21 devant les tribunaux s’ils sont réélus le 21 octobre.

«Le premier ministre du Canada a sans équivoque laissé entendre qu’au besoin l’argent des Québécois et des Québécoises va être utilisé pour lutter et rendre inopérante une loi adoptée en toute légitimité et largement consensuelle au Québec», a dit M. Blanchet.

Les conservateurs d’Andrew Scheer ont quant à eux manqué de fermeté sur cette question. M. Scheer a désavoué la nouvelle loi québécoise, tout en laissant entendre qu’il ne la contesterait pas advenant son élection.

«Je trouve que la position d’Andrew Scheer n’est pas crédible sur cette question, lance le chef bloquiste. Il vient dire en français ce que les Québécois veulent entendre, et après ça il rembarque sur son avion vers l’Ouest, où se trouve sa base électorale.»

Appel à tous les nationalistes

La formation souverainiste a profité du début de la campagne pour lancer un appel à tous les nationalistes au Québec, dont ceux qui ont voté pour la Coalition avenir Québec (CAQ).

«On a un gouvernement qui pour la première fois depuis longtemps de manière majoritaire affiche un nationalisme décomplexé, dit-il. Il faut le dire, ça fait du bien.»

La relation de proximité entre le Bloc et le Parti québécois existe bel et bien, a admis le chef bloquiste. Mais l’allégeance du Bloc est envers l’Assemblée nationale, pas envers le PQ.

«Le Parti québécois est un parti ami, mais la CAQ n’est pas un parti ennemi et Québec solidaire n’est pas un parti ennemi. Quiconque se dit nationaliste va se reconnaître dans le Bloc québécois.»

Le Bloc entend aussi interdire à ses députés de déposer quelconque projet de loi privé pour rouvrir le débat sur l’avortement.

La formation bloquiste a pour l’instant 57 candidats. Il promet de dévoiler l’ensemble de ses 78 candidats le 15 septembre à Boucherville, pour son lancement officiel de campagne. L’autobus bloquiste prendra d’ailleurs la route à ce moment seulement.

Le Bloc québécois compte 10 députés, mais aucun dans la grande région de Québec.