(Québec) Québec et sa banlieue sont demeurés largement dans le giron du Parti conservateur (PCC) hier. Mais le parti n’a pas été en mesure de « passer la gratte » dans la région comme il l’espérait en début de campagne. Les troupes d’Andrew Scheer ont même vu le Bloc québécois leur prendre deux sièges, une première percée pour le parti indépendantiste dans la capitale depuis plus de 10 ans.

Martin Croteau Martin Croteau
La Presse

À première vue, la soirée a semblé fructueuse pour le PCC dans la région de Québec. Il était en voie de faire élire 6 députés sur 10 circonscriptions.

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Au passage, le candidat Richard Lehoux a ravi la Beauce à Maxime Bernier, l’ancien prétendant à la chefferie qui a lancé son propre parti politique. Et les deux piliers conservateurs dans la région, Gérard Deltell (Louis-Saint-Laurent) et Pierre Paul-Hus (Charlesbourg–Haute-Saint-Charles), ont été réélus avec des majorités confortables.

Pourtant, il y a eu de longs silences dans l’hôtel de l’arrondissement de Sainte-Foy où des militants se sont rassemblés pour la soirée électorale. L’annonce d’un gouvernement libéral minoritaire par les réseaux télévisés a eu l’effet d’une douche froide dans la salle. Certains ont chahuté lorsqu’ils ont vu des ténors libéraux apparaître à l’écran.

PHOTO PASCAL RATTHÉ, LE SOLEIL

Gérard Deltell, aisément réélu dans Louis-Saint-Laurent, a admis avoir des « sentiments partagés » devant le résultat d’hier soir.

Gérard Deltell, aisément réélu dans Louis-Saint-Laurent, a admis avoir des « sentiments partagés » devant le résultat d’hier soir.

« Je suis heureux d’avoir reçu la confiance de mes concitoyens, mais je suis déçu des résultats nationaux », a-t-il expliqué.

Je suis heureux d’avoir gagné, bien évidemment, je remercie la population de Charlesbourg–Saint-Charles, il reste que j’aurais aimé mieux qu’on gagne le gouvernement. Pour nous, c’était clair que Justin Trudeau avait fait assez de dommages.

Pierre Paul-Hus

Québec et sa rive sud sont depuis longtemps considérés comme un bastion conservateur. Le parti ne cachait pas son espoir de rafler tous les sièges dans la région, de « passer la gratte », comme l’avait dit M. Deltell il y a quelques semaines.

Mais comme ailleurs dans la province, la campagne conservatrice a été minée par les positions de M. Scheer sur l’avortement. Et ce, même s’il a promis de ne pas rouvrir ce débat contentieux s’il était élu.

« On n’a jamais compris pourquoi ça a été mis [au premier plan], a convenu Pierre Paul-Hus. Il reste que ça a été compliqué. Il a fallu réexpliquer. On a perdu quelques jours de campagne à parler aux citoyens, à leur faire comprendre. Maintenant, je crois que c’est clair. »

Percée bloquiste

Le gain des conservateurs en Beauce était en voie d’être annulé par deux défaites majeures dans le Grand Québec. D’abord, la députée sortante Sylvie Boucher a été battue dans Beauport–Côte-de-Beaupré–Île d’Orléan–Charlevoix. Les électeurs de cette circonscription lui ont largement préféré la bloquiste Caroline Desbiens.

Puis, le jeune député Alupa Clarke semblait en voie de perdre son siège de Beauport–Limoilou, lui aussi aux mains d’une candidate bloquiste, Julie Vignola.

C’est une percée majeure pour le Bloc québécois : il n’avait pas fait élire un député dans la région de Québec depuis 2008.

Statu quo pour le PLC

Le Parti libéral, lui, a était en voie de garder ses deux sièges dans la région de Québec. Le ministre Jean-Yves Duclos (Québec) et Joël Lightbound (Louis-Hébert) étaient en avance au moment d’écrire ces lignes.