(Québec) Même s’il a dit dans une entrevue de 2011 être personnellement opposé à l’avortement, Justin Trudeau assure qu’il a depuis changé d’opinion sur cette question qui prend une place inattendue dans la campagne fédérale.

Gabriel Béland
Gabriel Béland La Presse

Après Andrew Scheer, qui a été talonné mercredi et jeudi par ses adversaires et les journalistes, le premier ministre sortant a à son tour dû expliquer sa position sur l’avortement vendredi.

En 2011, à La Presse canadienne, Trudeau avait dit être « personnellement très opposé à l’avortement », même s’il reconnaissait le droit des femmes à disposer de leur corps.

« Aujourd’hui je ne suis plus opposé d’aucune façon à l’avortement », a assuré le chef libéral aux journalistes.

« En 2011, je disais la vérité : j’étais absolument pro-choix. Mais au fil des années je me suis rendu compte qu’il y avait un élément d’incohérence, en tant qu’homme, dans le fait d’être opposé à l’avortement, mais en faveur du choix d’une femme », a expliqué M. Trudeau.

Il précise avoir changé d’avis « presque immédiatement » après cette entrevue, donnée à l’époque pour défendre sa foi catholique, remise en question par un élu conservateur.

Jeudi, Andrew Scheer a aussi clarifié sa position, se disant « personnellement pro-vie ». Le chef conservateur s’est engagé à ne pas rouvrir le débat sur l’avortement.

Par contre, quand il était député, M. Scheer a toujours voté en faveur des projets loi pour restreindre l’accès à l’avortement, avait-il dit lors d’une entrevue donnée à un groupe antiavortement, RightNow.

« La question que les Canadiens, et surtout les femmes, doivent se poser, c’est est-ce qu’Andrew Scheer sera là pour défendre les droits des femmes contre les membres de son propre parti qui veulent limiter le droit à l’avortement, a demandé Justin Trudeau. Ça, c’est la question que les gens doivent se poser. »

Le chef libéral était à Québec vendredi matin, dans la circonscription du député sortant Joël Lightbound. Dans un restaurant Normandin fermé au public pour l’occasion, rempli de militants libéraux, M. Trudeau a serré des mains et pris des photos.

Les libéraux avaient gagné deux sièges sur sept dans la région de la Capitale-Nationale en 2015. Le Parti conservateur avait remporté les cinq autres.