Le chef conservateur Andrew Scheer préfère aider les Canadiens à « joindre les deux bouts » que faire plaisir aux Nations unies.

Mélanie Marquis
Mélanie Marquis La Presse

C’est ce qu’il a plaidé en annonçant ce matin, du côté de Toronto, qu’un gouvernement conservateur sabrerait 25 % de la contribution en aide étrangère du Canada.

Invité à dire quel impact pourrait avoir une telle mesure sur la quête du Canada pour un siège au Conseil de sécurité, il a eu cette réponse :

« Ma priorité, c’est d’améliorer le sort des Canadiens, pas de gagner l’appui des Nations unies ».

Selon la proposition conservatrice, le budget consacré à l’aide étrangère passerait de 6 à 4,5 milliards de dollars par année.

L’économie de 1,5 milliard servirait à financer certains des engagements pris pendant la campagne électorale, notamment la « baisse d’impôt pour tous ».

Sous un gouvernement Scheer, l’aide étrangère serait dirigée vers des nations qui ont un indice de développement humain inférieur à 0,6 %.

Exit, donc, les enveloppes destinées à des pays comme la Turquie, le Brésil ou l’Italie, a illustré le chef conservateur.

Les pays « hostiles » au Canada comme l’Iran n’en toucheraient plus, a indiqué le chef Scheer.

Il couperait également les vivres à l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA).

Le Canada, qui consacre actuellement environ 0,27 % de son produit intérieur brut (PIB) à l’aide étrangère, est bien loin de l’objectif de 0,7 % fixé par l’ONU.

La promesse conservatrice de s’en éloigner encore davantage ne froissera pas ses alliés de l’OCDE qui sont de plus généreux donateurs, croit Andrew Scheer.

« Notre philosophie, c’est que les pays qui ont un indice de développement plus élevé n’ont pas besoin du même appui que les autres », a-t-il offert.

« Ça, c’est un choix. Nous avons fait notre choix. On va rediriger l’argent de l’enveloppe pour l’aide étrangère pour appuyer les Canadiens », a enchaîné M. Scheer.

Le chef libéral Justin Trudeau a déploré que son rival manifeste l’intention d’emprunter cette voie.

Il a fait valoir que cette annonce allait à l’encontre des visées du plan conservateur sur le climat, qui mise sur l’aide étrangère pour financer des initiatives vertes.

« Et là, on voit qu’il veut limiter la capacité de ces pays-là de prendre action pour contrer les changements climatiques », a argué Justin Trudeau en point de presse à Toronto.

Il a par ailleurs défendu l’action de son gouvernement, qui n’a pas été en mesure de se rapprocher des cibles de l’ONU en matière d’aide étrangère pendant son mandat.

« On a fait énormément d’investissements dans l’aide outre-mer, particulièrement dans les organismes menés par les femmes ou qui aident les femmes », a-t-il affirmé.