(Saint-Georges-De-Beauce) SAINT-Le chef du Parti populaire du Canada (PPC), Maxime Bernier, a admis jeudi que c’est une « très bonne blague » du Parti rhinocéros de présenter un candidat du même nom que lui dans sa circonscription de Beauce.

Patrice Bergeron
La Presse canadienne

Il est confiant que les électeurs voteront « pour le Maxime Bernier qu’ils connaissent ».

Rappelons que le Parti rhinocéros a fait les manchettes en début de semaine en présentant un candidat éponyme, Maxime Bernier, pour affronter le chef du controversé PPC.

En conférence de presse dans son fief de Saint-Georges pour lancer sa campagne locale, il a dit être assuré que les Beaucerons le choisiront, lui, et non le Maxime Bernier « importé du Lac-Saint-Jean », selon ses mots.

Il a fait valoir que l’ordre alphabétique qui prévaut sur le bulletin de vote va le favoriser, puisque PPC passe avant Parti rhinocéros.

« Je pense que les Beaucerons sont des gens intelligents et ils voteront pour le Beauceron qu’ils connaissent, cela ne m’inquiète pas, je pense que c’est une bonne blague. »

Il n’a pas manqué toutefois d’attaquer à de nombreuses reprises son adversaire, Richard Lehoux, du Parti conservateur (PCC) — l’ancienne formation de M. Bernier. M. Lehoux est l’ancien président de la Fédération québécoise des municipalités (FQM), en plus d’être un ancien maire et préfet local.

Retrait de candidats

M. Bernier a dû commenter le retrait de plusieurs de ses candidats, notamment Anouk Benzacan, dans La Prairie, François Lefebvre, dans Laurier-Sainte-Marie, Maximo Gyterez Diaz, dans Richmond, et Nancy Brunelle, dans Saint-Maurice-Champlain.

Il a expliqué que beaucoup de ses candidats étaient des néophytes en politique et que certains s’étaient désistés après avoir réalisé l’ampleur de la tâche d’un candidat aux élections fédérales.

« On respecte leur choix personnel […]. La plupart sont des nouveaux, c’est parfait, parce qu’ils n’ont pas grand-chose à désapprendre. »

M. Bernier a rappelé qu’il demandait à ses candidats un engagement à adhérer aux valeurs du parti et à ne pas l’embarrasser, et certains ont alors « décidé de laisser tomber ».

Quant à savoir si ces désistements allaient entacher la crédibilité du parti, il a riposté en attaquant un de ses adversaires, le Nouveau Parti démocratique (NPD), qui a des ennuis de recrutement actuellement.

« Regardez le NPD, il n’est même pas capable d’avoir des candidats dans toutes les circonscriptions, et ce parti-là va être représenté au débat (télévisé) », a dénoncé le chef du PPC, rappelant ainsi un autre de ses chevaux de bataille.

En effet, Maxime Bernier réclame une place aux débats télévisés nationaux d’octobre, ce qui lui a été refusé, mais attend une nouvelle décision lundi prochain.

Maxime Bernier en bref

Son programme

-Deux taux d’imposition seulement : taux de 15 % pour les contribuables qui gagnent de 15 000 $ à 100 000 $ ; taux de 25 % pour les contribuables gagnant plus de 100 000 $ par an.

-Éliminer le déficit budgétaire en deux ans

-Réduire le nombre de réfugiés

-Éliminer la gestion de l’offre pour les producteurs de lait, d’œufs et de volaille

« C’est un cadeau aux consommateurs canadiens, qui auront la liberté de choix. »

Rappelons que c’était un des engagements de M. Bernier quand il s’est présenté à la direction du Parti conservateur et qu’il a été battu, notamment parce que les producteurs de lait s’étaient ligués contre lui.

Pipeline et pétrole albertain

S’il forme le prochain gouvernement, Maxime Bernier entend faire adopter une loi pour consacrer la prérogative du fédéral d’imposer un oléoduc ou un gazoduc même dans les provinces récalcitrantes, comme le Québec. Il invoque notamment un argument d’unité nationale, puisque les Albertains sont « frustrés » de ne pouvoir exporter leur pétrole.

« Je suis conscient de la position du Québec. M. Legault dit qu’il n’y pas d’acceptabilité sociale pour des pipelines. Moi, je dis que les Québécois se rappellent de la tragédie de Lac-Mégantic et savent très bien qu’il est plus sécuritaire de transporter du pétrole par oléoduc que par train. »

La machine du PPC

Selon M. Bernier, le parti compte 33 000 membres et des associations dans toutes les circonscriptions. Il assure aussi que ses finances sont bien garnies pour une campagne nationale.

Environ le tiers des membres proviennent du Parti conservateur, estime-t-il. Il y aurait même des libéraux déçus, selon lui. Et il espère inciter à voter pour lui les 30 % d’électeurs qui ont choisi de ne pas voter au scrutin de 2015.

« On est un genre de coalition. »

Au Québec, 75 des 78 candidats du PPC ont été sélectionnés. Au Canada, 318 sur 338.

Les pronostics de Maxime Bernier sur les résultats du PPC aux élections

Il n’a pas osé formuler d’estimations et s’exprimer sur ses espoirs. C’est un « nouveau parti » qui n’a « pas de précédent », il est donc difficile de prévoir ses résultats, a-t-il plaidé. Il a dit toutefois être encouragé par ses résultats lors de la récente complémentaire dans Burnaby (C. -B.), pourtant pas un terreau fertile pour son parti, qui a néanmoins obtenu 10,6 %.

Les valeurs du parti

« Liberté, responsabilité, respect, équité. […] On a mis à la poubelle la rectitude politique. »

Loi sur la laïcité de l’État du Québec

Maxime Bernier a répondu au premier ministre François Legault, qui demande à tous les chefs de partis fédéraux de s’engager à ne pas prendre part à une contestation de la loi sur la laïcité de l’État.

« Le gouvernement du Québec a toute la légitimité pour recourir à la clause dérogatoire pour faire en sorte de “faire passer” la loi sur la laïcité. On ne s’ingère pas dans les champs de compétences des provinces, on ne contestera pas la loi québécoise. […] Il y a toujours un risque politique à recourir à la clause dérogatoire, le gouvernement du Québec l’affrontera (aux prochaines élections). »