(Saint-Georges) Pour apaiser la «frustration» des Albertains et assurer la prospérité et l’unité du pays, Maxime Bernier promet de faire passer des oléoducs au Québec même si François Legault s’y oppose.

Gabriel Béland Gabriel Béland
La Presse

Le chef du Parti populaire du Canada a profité de son lancement de campagne en Beauce pour lancer un vibrant plaidoyer en faveur du pétrole. Son parti est le seul, dit-il, à s’engager à bâtir des oléoducs d’un océan à l’autre même sans l’accord de provinces réfractaires comme la Colombie-Britannique ou le Québec.

«Je suis conscient de la position du gouvernement du Québec. M. Legault dit qu’il n’y a pas d’acceptabilité sociale pour les pipelines au Québec», a dit Maxime Bernier, qui tente de se faire réélire en Beauce.

«Moi je vous dis que les Québécois se rappellent de la tragédie de Lac-Mégantic et savent qu’il est plus sécuritaire de transporter le pétrole par pipeline que par train ou par camion, croit-il. C’est plus sécuritaire pour l’environnement et pour la population.»

Maxime Bernier s’engage, advenant que des discussions avec les provinces achoppent, à utiliser l’article 92 (10) de la constitution canadienne pour forcer la construction d’oléoducs.

«Le gouvernement du Canada a la pleine autorité d’approuver un pipeline qui va traverser plusieurs provinces au Canada. C’est dans la compétence du Canada.

«La clause a été utilisée plus de 300 fois et, oui, un gouvernement du Parti populaire utiliserait de cette clause-là.»

Le premier ministre François Legault a souvent rappelé l’absence «d’acceptabilité sociale» pour un nouvel oléoduc au Québec. Il a même qualifié le pétrole issu des sables bitumineux de l’Alberta «d’énergie sale».

Le pétrole de l’Alberta est vendu à rabais parce que les producteurs doivent l’expédier par train, vu que les oléoducs actuels sont à pleine capacité.

Bernier estime qu’imposer de nouveaux oléoducs au Québec est nécessaire pour l’unité du pays. «En Alberta, 25% des gens dans les sondages disent penser à l’indépendance. Ils sont frustrés et ils ont raison. Ils n’ont pas de débouchées pour leur pétrole et il n’est pas vendu au prix mondial.»

Bernier veut axer sa campagne sur trois thèmes : l’immigration, la rigueur budgétaire et les baisses d’impôts. Le PPC compte sur 318 candidats enregistrés à travers le pays et compte trouver les 20 candidats qui lui manquent très bientôt.

Le PPC saura lundi s’il sera invité aux débats des chefs à Radio-Canada.