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Un politicien qui a marqué son époque

Dans une courte déclaration écrite, le chef démissionnaire... (Archives Reuters)

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Dans une courte déclaration écrite, le chef démissionnaire a reconnu implicitement que les circonstances lui étaient défavorables et qu'en s'accrochant plus longtemps, il nuirait à sa formation qui a enregistré l'un des pires résultats de son histoire au scrutin du 14 octobre.

Archives Reuters

Hugo De Granpré
La Presse

(Ottawa) Il était trop tôt, hier, pour dire ce que Stéphane Dion fera de son avenir. Aux questions sur le sujet, son entourage n'a eu qu'une seule réponse: «Pas de commentaire.» Tout juste a-t-on confirmé qu'il resterait député.

«J'offrirai à mon successeur le même appui inconditionnel et enthousiaste que celui que j'ai toujours offert au chef en exercice de notre grand parti, a déclaré M. Dion dans le communiqué par lequel il a fait connaître sa décision. Je travaillerai sous sa direction, avec toute l'énergie dont je suis capable, pour donner au Canada un meilleur gouvernement.»

 

Michael Ignatieff, qui pourrait devenir le nouveau chef du Parti libéral dès demain, a fait circuler une note d'information parmi ses supporters dans laquelle il rend brièvement hommage à Stéphane Dion et lui tend la main en vue d'une éventuelle collaboration.

«Nous devons tous être reconnaissants envers M. Dion pour avoir servi la population comme chef de notre parti, comme ministre et comme député, a-t-il écrit. J'espère que le Canada et le Parti libéral pourront continuer de compter sur sa contribution.»

Quelle que soit la décision deM. Dion, la journée d'hier restera une étape cruciale dans la carrière d'un politicien quiamarqué son époque pour le meilleur et pour le pire.

Image intègre

Entré en politique en 1996 à la demande de Jean Chrétien, le jeune professeur de sciences politiques à l'Université de Montréal s'était démarqué dans la foulée du référendum de 1995 en défendant publiquement l'option fédéraliste au Québec. Il conservera d'ailleurs toujours cette image d'homme intègre et combatif, prêt à monter au front pour défendre ses idéaux.

En 1999, la Loi sur la clarté qu'il introduit au Parlement en tant que ministre des Affaires intergouvernementa les lui vaut les applaudissements des fédéralistes et la hargne des souverainistes.

Contre toute attente, il devient chef du Parti libéral en décembre 2006, au terme d'un congrès à la direction riche en émotions où il parvient à se faufiler entre les deux favoris: Bob Rae et Michael Ignatieff. Sa victoire est d'autant plus inattendue que, à peine deux ans auparavant, il était passé à un cheveu d'être éjecté du parti lors de la passation des pouvoirs de Jean Chrétien à Paul Martin.

Règne difficile

M. Dion a eu de la difficulté à s'imposer comme chef. Son règne est caractérisé par des divisions internes menées par des supporters de candidats déçus en 2006. Les publicités négatives lancées par le Parti conservateur dès son élection nuisent à son image. Sa défaite aux élections générales du 14 octobre 2008 l'a amené à démissionner de son poste de chef quelques semaines plus tard, pour devenir chef intérimaire.

Certains ont cru à la résurrection de Stéphane Dion lorsque le caucus libéral lui a donné, il y a une semaine, le mandat de diriger la coalition du PLC et du NPD. Mais la prorogation des travaux du Parlement par Michaëlle Jean et, surtout, l'enregistrement raté de son adresse à la nation jeudi dernier ont enfoncé les derniers clous dans son cercueil. En démissionnant, hier, M. Dion s'est rendu au concert de plus en plus bruyant de ses collègues qui demandent publiquement depuis jeudi qu'il cède sa place pour de bon.

 




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