Malgré les voix qui s'élèvent doutant de sa pertinence et critiquant son manque de représentativité, le G8 ne disparaîtra pas au profit du G20, estime le premier ministre canadien Stephen Harper.

Malorie Beauchemin LA PRESSE

En conférence de presse à l'issue du sommet de deux jours à Muskoka, qui est immédiatement suivi d'un sommet du G20 à Toronto, M. Harper a martelé l'importance, à ses yeux, de poursuivre les rencontres annuelles des leaders «de pays avancés ayant des visions similaires sur de nombreux enjeux».

«Le G20 a fait un travail formidable depuis un an et demi, notamment pour s'attaquer à la crise économique, mais honnêtement il y a des limites à ce qu'on peut discuter et accomplir dans un groupe de 20 personnes, avec les autres participants qui s'ajoutent aussi», a souligné le premier ministre, rejetant la prémisse que le sommet de Muskoka pourrait être le dernier de ce groupe restreint.

«Le G8 rassemble des pays qui ont des valeurs en commun, des pays développés. Sur un beaucoup plus grand nombre de sujets, le G8 est capable d'avoir des discussions informelles, à cause de sa nature, et il est plus capable d'arriver à un consensus pour des actions. Pour ces raisons, le G8 va rester important», a ajouté M. Harper.

Il a toutefois reconnu que, compte tenu de la nouvelle dynamique de l'économie mondiale, il est «essentiel» de discuter des questions financières internationales dans un groupe «plus grand et plus représentatif».

«Pour faire face aux défis de l'économie mondiale, le G8 ne peut plus prendre des décisions pour le monde», a-t-il conclu.

Bien que la déclaration finale du sommet du G8 fasse mention de lutte aux changements climatiques, aucun nouvel engagement contraignant n'a été pris par les leaders, contrairement à l'année dernière, où ils avaient convenu de limiter le réchauffement climatique à 2 degrés Celsius, une proposition qui a été reprise au coeur de l'Accord de Copenhague.

Le premier ministre a réitéré en conférence de presse qu'il considère que le G8 et le G20 ne sont pas les forums appropriés pour faire avancer l'enjeu des changements climatiques.

«Je pense que les pays reconnaissent la nécessité de travailler ensemble pour vraiment atteindre un traité légal obligatoire pour tous les pays à long terme, a dit M. Harper. C'est notre objectif, nous avons eu de bonnes discussions à cet égard, mais à la fin, le vrai processus, c'est le processus de l'ONU et nous sommes tous dévoués à en assurer le succès.»

Dans sa déclaration finale, les pays du G8; France, Allemagne, Royaume-Uni, Japon, Canada, États-Unis, Italie et Russie, - et l'Union européenne, qui participe aux discussions, - ont vivement condamné l'Iran et la Corée du Nord, la première pour la poursuite de ses activités nucléaires, et la seconde pour l'attaque récente contre un navire sud-coréen.

«Les gouvernements de l'Iran et de la Corée du Nord ont choisi d'acquérir des armes et de menacer leurs voisins. Le monde doit s'assurer que ce qu'ils dépensent (en armement) ne seront pas les seuls coûts associés à ces actions», a déclaré Stephen Harper à l'issue du sommet du G8.

Les leaders des plus grandes puissances du monde ont pris le chemin de Toronto, samedi après-midi, où ils se réunissent avec leurs homologues de pays émergents comme la Chine, l'Inde et le Brésil pour un sommet du G20, qui devrait se concentrer davantage sur les questions de stabilité économique. Plusieurs enjeux divisent les pays, certains leaders privilégiant le rétablissement rapide de l'équilibre budgétaire alors que d'autres veulent poursuivre les mesures de stimulation économique.

La rencontre des 20 plus grands doit prendre fin dimanche en fin d'après-midi.