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Présenter la preuve n'est pas une mince affaire

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Il est certain que les trois accusés du premier procès lié à l'opération antimafia Colisée cherchaient à récupérer des valises à l'aéroport Montréal-Trudeau. Il reste toutefois à démontrer au juge Claude Leblond, de la Cour du Québec, qu'elles cachaient 50 kg de cocaïne.

C'est ce que s'est employée à faire, hier, Me Sabrina Delli'Fraine, de la Couronne fédérale, en appelant à la barre un expert de la GRC chargé d'interpréter les conversations téléphoniques qu'elle juge compromettantes à l'endroit de Michel Torre, Kamel Mahmoud Aoude et de l'ancien bagagiste d'Air Canada, Nino Fratolillo, mis en cause dans ce complot mis au jour à l'automne 2005.

 

Avant de présenter sa preuve, Me Delli'Fraine doit d'abord convaincre le tribunal des qualités d'expert du sergent Joe Tomeo. Les compétences acquises par l'officier de la GRC au fil des 20 dernières années à la brigade des stupéfiants ne sont pas contestées par les avocats de la défense; ils remettent toutefois en question sa capacité de faire un tout cohérent de la vingtaine de conversations codées déposées en preuve. Cinq d'entre elles sont cruciales pour l'issue du procès.

Dans les faits, une bonne partie repose sur la signification que le policier a donnée d'échanges en anglais et en italien dans lesquels on parle de filles et de prostituées de 30 et 32 ans. Pour avoir déjà entendu ce genre de discussions à mots couverts dans d'autres enquêtes depuis 1995, M. Tomeo soutient que les suspects parlent de cocaïne et d'argent. «Il n'est pas rare que les trafiquants de cocaïne se servent des termes girls, ladies et putana, surtout dans le milieu italien», a-t-il dit. Selon lui, les âges indiquent le prix de vente de la cocaïne au kilo. Dans le cas présent, on parle de 30 000$ à 32 000$ le kilo.

À en croire le spécialiste de la police fédérale, il arrive très souvent que des contrebandiers fassent entrer de la cocaïne dans des valises. En général, il y a deux manières de faire: soit à l'aide d'une valise à double fond, soit avec des valises facilement identifiables, placées dans des avions à l'étranger et, comme c'est le cas dans cette affaire, que des employés se chargent de récupérer une fois à destination. La plupart du temps, ces valises ne portent pas les étiquettes des compagnies aériennes. De bonnes dimensions, elles peuvent aisément contenir de 30 à 50 kg de cocaïne.

Quand l'un des accusés a lancé que la fête était finie («the party is over») en apprenant que les valises restaient introuvables, «c'est que la transaction de drogue venait de tomber à l'eau», a expliqué le sergent Tomeo. Selon lui, il y a fort à parier que la cocaïne provenait d'Haïti, puisque les accusés faisaient référence à «the black country». Elle pourrait aussi avoir été expédiée de la Jamaïque, autre lieu de transit de la cocaïne, mais aussi de production de marijuana.

Le procès se poursuit aujourd'hui avec le contre-interrogatoire du policier expert. Le juge décidera ensuite s'il accepte cette portion indispensable de la preuve. Les trois accusés ont été arrêtés en novembre 2006. Michele Torre est le seul à être détenu. Les deux autres sont en liberté.

 




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