Source ID:; App Source:

Julie Payette: une astronaute les pieds sur terre

Julie Payette est devenue en 1999 la première... (Photo: PC)

Agrandir

Julie Payette est devenue en 1999 la première Québécoise à s'envoler dans l'espace, à bord de la navette Discovery.

Photo: PC

Dossiers >

Les grandes entrevues

Actualité

Les grandes entrevues

De Jean Chrétien à René Angélil, en passant par Louise Arbour, lisez les grandes entrevues réalisées par les journalistes de La Presse. »

Sur le même thème

En mai, Julie Payette s'envolera à bord de la navette spatiale Endeavour. Depuis près d'un an, elle s'entraîne sans cesse en prévision de ce vol, dont le but est d'installer un laboratoire japonais à bord de la station spatiale. Mais pour le moment, l'astronaute de 45 ans revient au pays pour un Noël en famille.

Q Vouliez-vous devenir astronaute quand vous étiez enfant?

R Oui, mais c'était un souhait comme ça, comme en font beaucoup d'enfants. Mes premiers souvenirs de l'espace, c'était dans le gymnase où on nous montrait des images d'Apollo. Mes parents m'ont dit que, quand Armstrong a fait ses premiers pas sur la Lune, en 1969, j'étais probablement couchée. Je me souviens de la jeep lunaire, mais ça, c'était plus tard, dans les dernières missions.

Q Comment se déroule votre entraînement?

R Depuis septembre, ça a déboulé. Il y a beaucoup d'entraînement, nous sommes dans le simulateur presque tout le temps.

Q Vous sentiez-vous rouillée?

R Pas trop. Ça fait plusieurs années que je suis capcom (responsable des communications au sol durant les missions), alors je suis toujours dans les opérations, les protocoles, je fais beaucoup de simulations de problèmes, d'erreurs et de défaillances. On ne perd pas la main. Quand on recommence un entraînement, on se requalifie pour tous les systèmes de la navette. J'ai fait une douzaine d'examens après ma nomination en février dernier.

Q Quel examen est le plus difficile?

R L'examen de robotique est très difficile. On doit par exemple évaluer la trajectoire à suivre pour ramener un astronaute qui a un problème durant une sortie spatiale. Il y a un système secondaire de pressurisation, mais il ne dure que 20 minutes. D'habitude, les mouvements des mains robotiques sont vérifiés et revérifiés par des équipes de gens très, très brillants mais, durant l'examen, il faut décider seul et rapidement. Et si on coule à l'examen, on ne part pas.

Q Vous êtes-vous déjà retrouvée dans une situation dangereuse?

R Dans des petits avions, j'ai vécu toutes sortes de situations. C'est pour ça que les astronautes doivent continuer à en piloter. Si on rate une procédure dans un simulateur, on ne meurt pas. Mais dans un avion, l'impact est réel. J'ai déjà été dans un avion qui a eu du givre sur les ailes alors que je ne m'y attendais pas. J'ai déjà été frappée par la foudre en avion, j'ai déjà perdu un moteur.

Q Frappée par la foudre?

R J'étais dans un jet d'entraînement T38, au-dessus du Tennessee, il y a deux ou trois ans. On voyait au radar qu'on se rapprochait d'une cellule orageuse importante. On essayait de joindre les contrôleurs au sol, mais il y avait trop de trafic. On s'est trop rapprochés et j'ai senti deux décharges électriques à travers les boucles du harnais du parachute du siège éjectable, qui passe juste dans l'aine. On a dévié tout de suite sans attendre le O.K. des contrôleurs.

Q Avez-vous eu peur?

R Non. On a peur quand on est dans une situation qu'on ne connaît pas. À l'entraînement, on refait les mêmes gestes d'urgence 20 fois, alors quand vient le temps, on sait quoi faire. Ensuite, comme tout être humain, quand l'adrénaline tombe, on se dit : « Wow, j'ai été frappée par la foudre. » C'est pour ça que je ne vole jamais en monomoteur dans les nuages : c'est une situation inconfortable parce que je n'ai pas le contrôle. Le principe d'un monomoteur, c'est que si le moteur flanche, on atterrit rapidement. Si les nuages sont bas, ce n'est pas nécessairement possible. Je prends encore souvent mon Cessna, mais j'attends de bonnes conditions météo.

Q L'entraînement va-t-il s'intensifier?

R Oui. On va simuler chaque jour de vol avec l'équipe au sol - l'arrimage, la séparation, avec des imprévus - et il y aura aussi des simulations d'urgences graves comme une dépressurisation ou un incendie. De 40 à 50 heures de simulation sont prévues chaque semaine. Et en plus on doit faire des vols d'entraînement en Californie, en Floride et au Texas, d'où on revient tard le soir.

Q Voyez-vous vos enfants, à travers tout ça?

R On essaie de libérer les fins de semaine et, autant que possible, les soirées. On essaie de prévoir pour expliquer aux enfants quand on ne sera pas là. Par exemple, en février, nous irons quelques jours au Japon.

Q Quels sont vos projets pour les Fêtes?

R On a congé, alors je vais revenir au Canada pour passer les Fêtes avec ma famille au Québec et celle de mon mari en Ontario. Je n'ai pas le droit de skier, par contre. Il y a toute une liste de sports, comme le motocross ou l'avion acrobatique, que les astronautes ne doivent pas pratiquer durant les 12 mois précédant leur départ. Normalement, j'aime le ski alpin, et je fais la traversée de la Gaspésie en ski de fond.

Q Quels sont vos souvenirs des Noëls de votre enfance?

R J'avais une très, très grande famille étendue. On faisait le réveillon et, le 25, on allait voir mes grands-parents paternels et maternels. On était chanceux, ils habitaient les uns en face des autres à Montréal, on n'avait qu'à traverser la rue. J'ai longtemps chanté dans un choeur polyphonique, de l'âge de 8 ans jusqu'à 16 ans, et toute la famille venait m'entendre à la messe de minuit, à la cathédrale de Montréal.

Q Êtes-vous croyante?

R Je préfère ne pas répondre.




Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

Autres contenus populaires

La liste:-1:liste; la boite:219:box; tpl:html.tpl:file
image title
Fermer