Presque 10 ans après les premiers balbutiements en vue de créer un centre hospitalier universitaire francophone, après 30 millions dépensés en études de toutes sortes, la première pelletée de terre est encore loin.

Dès février 1995, l'ancien ministre péquiste Jean Rochon avait déposé un mémoire annonçant le regroupement de trois hôpitaux- l'Hôtel-Dieu, Notre-Dame et Saint-Luc- en un seul, le CHUM. La fusion est devenue effective à l'automne 1996. En janvier 2000, l'ancienne ministre de la Santé, Pauline Marois, a pour sa part annoncé que le CHUM allait emménager dans un nouvel édifice construit en un lieu unique.

Au fil des ans, des études sur l'emplacement, l'accessibilité et les risques environnementaux ont été menées et c'est le terrain du 6000, Saint-Denis, dans le quartier Rosemont-Petite-Patrie, qui avait été retenu. À l'époque, le nouveau CHUM devait ouvrir ses portes en 2006.

Parallèlement, discussions et analyses sont aussi en cours pour déterminer ce qu'il adviendra des bâtiments actuellement occupés par les hôpitaux Notre-Dame, Saint-Luc et Hôtel-Dieu. Les délais sont constamment repoussés.

En 2003, les libéraux, nouvellement arrivés au pouvoir, ont établi de nouvelles normes en vue de la construction du nouvel hôpital. Ils prévoient un nombre plus restreint de lits et revoient aussi l'enveloppe budgétaire.

Québec injectera 800 millions dans le projet, tandis qu'au moins 200 millions devront provenir d'initiatives du secteur privé ou des fondations et 100 millions de fonds fédéraux.

La commission Mulroney-Jonhson, mise sur pied à l'automne pour étudier les projets sur la table, a fait ses recommandations au printemps dernier.

Compte tenu des risques environnementaux et des coûts de dépassement prévisibles du projet du 6000, Saint-Denis, les anciens premiers ministres Brian Mulroney et Daniel Johnson ont retenu le scénario B soumis par le CHUM, c'est-à-dire une nouvelle construction au 1000, Saint-Denis, sur les terrains de l'actuel hôpital Saint-Luc.

Le ministère de la Santé et des Services sociaux, Philippe Couillard, a donné son aval à cette recommandation en juin 2004, laissant toutefois la porte ouverte à un autre projet.

De fait, dès le mois de juillet, le recteur de l'Université de Montréal, Robert Lacroix, a piloté un nouveau projet, qui mijote secrètement depuis quelques mois et qui vise à construire une véritable technopole, incluant le CHUM, sur le terrain de la gare de triage à Outremont.

Au fil des semaines, cette proposition a reçu l'appui d'importants hommes d'affaires et donateurs. André Desmarais père donne notamment un coup de main dans les négociations avec le Canadien Pacifique en vue d'acquérir les terrains.

De nouveau, le gouvernement Charest a demandé à Daniel Johnson d'évaluer le projet. Ses recommandations devraient être connues d'ici quelques semaines. La construction du nouveau CHUM devrait être terminée en 2010.