Ils rêvent tous de faire carrière dans la Ligue nationale de hockey. Ils ont presque autant de chances d'être frappés par la foudre. Qu'importe. Les 18 joueurs du Filon de l'Abitibi-Témiscamingue sont prêts à tous les sacrifices dans l'espoir d'atteindre le sommet. Même à quitter le nid familial, à 15 ans, pour devenir pensionnaires dans la petite ville de Malartic. Pendant quatre jours, La Presse est entrée dans leur monde : l'école, la pension, l'autobus et, bien sûr, les arénas sibériens de la province. Récit.

Publié le 21 févr. 2009
Isabelle Hachey LA PRESSE

Jeudi 7 h 30

Le soleil n'est pas encore levé sur Malartic. La petite ville de 3700 habitants est endormie, silencieuse, comme figée dans l'hiver abitibien. Pendant que les autres adolescents ronflent dans leur lit, les 18 joueurs du Filon sautent sur la glace de l'aréna Michel-Brière. Et patinent comme si leur vie en dépendait.Se joindre au Filon de l'Abitibi-Témiscamingue, c'est un peu comme s'enrôler dans l'armée. Les joueurs sont soumis à une discipline stricte : couvre-feu à 21 h, quatre pratiques par semaine et deux matchs le week-end souvent disputés à six ou sept heures de route, dans la région de Montréal. Bien qu'ils n'aient que 15 ans, plusieurs doivent quitter le nid familial pour vivre en pension à Malartic.

Il faut vraiment aimer le hockey.

À les voir patiner en ce petit matin glacial, on jurerait que les joueurs du Filon sont prêts à tous les sacrifices, justement, pour l'amour du sport. Et dans l'espoir aussi mince soit-il d'être repêchés un jour dans la Ligue nationale.

Le Filon carbure à l'espoir. C'est même le nom de sa catégorie : le midget espoir, qui regroupe les meilleurs joueurs de 15 ans de la province. Et qui représente, selon Hockey Québec, « la pierre d'assise pour l'identification des meilleurs joueurs potentiels appelés à figurer parmi la relève du hockey au Québec ».

Il y aura peu d'élus. Environ la moitié des joueurs du Filon seront recrutés l'an prochain par les Forestiers d'Amos, l'équipe midget AAA de l'Abitibi-Témiscamingue. Seulement cinq ou six parviendront ensuite à se hisser dans une équipe du junior majeur. Et dans la Ligue nationale ? Probablement aucun.

Jeudi 9 h 15

Après être passés sous la douche, les joueurs du Filon courent à la polyvalente Le Tremplin, à trois coins de rue de l'aréna. Alors que les autres élèves sont en classe, ils s'attablent pour engloutir un déjeuner gargantuesque à la cafétéria : deux bagels aux oeufs, fromage et bacon, petites patates brunes, fruits, yogourts, biscuits. Ce privilège, comme bien d'autres, les « gars de la place » ont du mal à l'avaler.

« On se fait écoeurer parce que les gens sont jaloux des déjeuners, du fait qu'on manque des cours pour jouer au hockey. Les gars nous bousculent et nous traitent de tous les noms », raconte Cédric Dubois, un des meilleurs compteurs de la ligue.

Les filles de Malartic, elles, n'ont aucun problème avec les joueurs du Filon. Au contraire. Elles sont attirées comme des mouches par ces beaux sportifs qui en mènent large dans la petite école de 500 élèves.

Quand la cloche sonne, à 10 h, les joueurs rassasiés s'assoient en rang dans « le carré », une sorte d'agora où les élèves se réunissent pour 10 minutes de pause. Leurs blondes les rejoignent rapidement, s'installent à leurs côtés ou entre leurs jambes. Le troupeau occupe la moitié du carré. Pas étonnant que les gars de Malartic se sentent envahis.

Lorsque la cloche sonne la fin de la pause, les joueurs embrassent leur douce comme s'ils partaient en Afghanistan. Et filent à leur cours.

Quelques minutes plus tard, les corridors de l'école sont redevenus déserts.

Seul Dany Gauthier-Delisle traîne près des casiers. C'est la forte tête de l'équipe, suspendu pour cinq matchs pour avoir donné un coup de poing à un adversaire. « Je viens de me faire sortir parce que je dormais dans le cours de science, explique-t-il. La pratique était de bonne heure ce matin. Je dormais debout. »

Vendredi 8 h

La route qui mène à Malartic est bordée par deux murs d'épinettes. Quand on arrive en ville, on a l'impression d'atterrir dans une sorte de far west sous la neige. Les façades de la rue principale semblent tout droit sorties d'un film western.

Malartic est un « boom town », né d'une ruée vers l'or à la fin des années 1930. C'était il y a bien longtemps. Aujourd'hui, « c'est plate à mort », disent les gars du Filon. Ils sont venus s'enterrer ici pour le hockey et rien d'autre.

Une cinquantaine de jeunes ont participé au camp d'entraînement, en août. Dix-huit ont été sélectionnés, dont Cédric Dubois. « On a eu une semaine d'avis pour le déménager et l'inscrire à l'école », raconte sa mère, Nathalie Gagnon.

Elle habite Rouyn-Noranda, à une heure de route de Malartic. La séparation a été déchirante. « Quinze ans, c'est jeune pour partir de la maison. Je n'étais pas prête à ça. » Elle a beaucoup hésité avant de se résigner à laisser partir son garçon. « Je l'ai fait pour lui. Je voulais qu'il soit heureux. »

Cédric habite chez Mariette Brassard, la « nounou » de l'équipe. À 59 ans, cette infirmière à la retraite ne manque aucune pratique, aucun match. Elle soigne les bobos, fournit les bouteilles d'eau, les lacets manquants, les pièces d'équipement oubliées. Et le gîte à deux joueurs, Cédric et Youri Lemoine. Pour chacun, elle reçoit 100 $ par semaine. « Mais tu sais, ça mange à cet âge-là. Et il y a les douches, le lavage... Je ne le fais pas pour l'argent. Ils font partie de ma famille. »

Mariette a aménagé les deux chambres du sous-sol pour les garçons. Elle a peint les murs de la salle commune en bleu, blanc et rouge, les couleurs du Canadien. Elle n'a pas à faire respecter le couvre-feu de 21 h. « Je suis brûlé quand je reviens de l'école, raconte Cédric. À 21 h, je suis toujours couché, même avant. Des fois, je suis couché à 20 h 20. »

C'est qu'il y a peu de temps morts dans la vie des jeunes pensionnaires de Mariette. « Ils ont une journée de pause tous les 15 jours. Ils sont tout le temps en action. C'est du stock pour eux. Des fois, pour les aider à décompresser, je les amène aux matchs des Foreurs de Val-d'Or. »

Vendredi 12 h

La moitié des joueurs du Filon habitent en pension à Malartic. L'adaptation est parfois douloureuse. Surtout pour les deux ou trois Amérindiens qui se joignent chaque année à l'équipe. La plupart d'entre eux baragouinent à peine le français et ont souvent du mal à se dénicher une famille d'accueil.

Silas Neeposh vient de Mistissini, à neuf heures de route au nord de Malartic. « Au début, c'était très difficile parce que je n'avais jamais quitté la maison auparavant. Je suis très proche de ma famille. Quand mes parents viennent me voir presque toutes les semaines je reste avec eux dans un motel à Val-d'Or. »

Doué à l'école comme sur ses patins, profondément croyant, sage comme une image, Silas est loin de correspondre à l'image misérable que l'on se fait souvent des Amérindiens au Québec. Son père dirige une entreprise forestière. À Mistissini, le jeune Cri habite une grande maison, à l'abri de la misère.

Le choc fut d'autant plus brutal pour Silas lorsqu'il a échoué dans un minuscule cinq et demi enfumé de Malartic. Mais il n'a pas eu 36 options. Chaque année, les responsables de l'équipe font des pieds et des mains pour convaincre les gens du coin d'accueillir des autochtones.

Certains ne tiennent pas le coup. Jonah Coonishish était le George Laraque du Filon. Un « goon » de 6,3 pieds, 234 livres, qui faisait trembler ses adversaires dès qu'il sautait sur la glace.

En novembre, il a craqué. Plongé dans une culture inconnue, intégré dans une école où il ne comprenait pas un mot ; c'était trop dur pour lui. Il est reparti chez ses parents. Jonah était peut-être un dur à cuire. À 15 ans, c'était aussi un enfant.

Samedi 11 h

L'autobus avale les kilomètres sur la route 117, dans le parc de la Vérendrye. À bord, les joueurs somnolent, font leurs devoirs, écoutent des films sur leurs ordinateurs portables. Ces longs voyages monotones, les jambes coincées entre deux sièges, c'est le lot du Filon, qui évolue au sein de la Ligue de développement du hockey du Montréal métropolitain.

Chaque saison, les joueurs de l'Abitibi se tapent au moins 12 000 kilomètres, parfois plus, pour affronter leurs adversaires à Montréal, Terrebonne, Pointe-Claire, Laval ou L'Île-Bizard. « Le samedi soir, on a les jambes molles sur la glace. Ça prend toujours une période pour que ça revienne », confie Cédric Dubois.

De septembre à avril, le Filon aura disputé 40 matchs en saison régulière et six matchs hors concours, en plus d'avoir participé aux séries, à deux tournois, aux Jeux du Québec et à la Coupe Dodge. Au total, l'équipe aura joué au moins 59 matchs, et jusqu'à 79 s'ils se rendent en finales de toutes les compétitions.

Un menu costaud. D'autant plus que les jeunes y jouent leur avenir. Du moins, c'est ce qu'ils espèrent. La pression est énorme. « Il faut prendre ça au sérieux, on n'est pas là pour s'amuser, assure Youri Lemoine. On ne va pas à Montréal pour voir le paysage. On y va pour jouer des matchs. »

Tous ne parviennent pas à suivre le rythme. Chaque année, il y a un ou deux abandons, raconte l'entraîneur, Yvan Desrochers. « Aux Fêtes, ça ne marche plus, ils ne sont plus capables ; le beat, l'alimentation, l'école... ils se rendent compte que c'est trop pour eux. » Le Filon, dit-il, s'adresse aux passionnés de hockey passionnés au point de sacrifier au sport leur vie d'adolescent pendant toute une année.

Samedi 16 h

Assis à l'avant de l'autobus, les fans de la première heure : une poignée de courageux parents qui font le voyage pour encourager fiston dans les arénas sibériens de la région métropolitaine.

Ruby Fortier est le plus fidèle d'entre eux. Lui-même ancien gardien de buts, il a « toujours coaché » son fils, Derek. Et il assiste à tous les matchs, sans exception. « Je n'ai même pas pris de vacances de l'été pour pouvoir le suivre dans les tournois ! »

Selon lui, Derek n'a qu'un but dans la vie : être gardien dans la Ligue nationale. « Il veut ça, il pense juste à ça. C'est son rêve depuis qu'il joue au hockey. Il n'a pas de plan B. »

Mais ce rêve coûte cher aux parents. Il ne suffit pas d'être doué pour faire partie de l'équipe du Filon. Il faut aussi y mettre le prix. L'inscription coûte 4000 $. La pension coûte 3000 $ supplémentaires. « Les parents qui investissent 7000 $ s'attendent à ce que les jeunes performent », souligne M. Desrochers.

Dans certains cas, les attentes sont peut-être trop élevées. « Il y a des parents qui veulent encore plus que leurs enfants. On le sait juste à les entendre crier dans les estrades, dit Youri Lemoine. Il y a même des joueurs qui sont gênés d'aller voir leurs parents après le match quand ils n'ont pas fait une bonne performance. »

Quand un papa un peu trop enthousiaste se mêle du jeu de son fils, c'est ce dernier qui en paie le prix, estime Mariette Brassard. « Des fois, le père joue au deuxième coach. Il dit au jeune : tu aurais dû faire ci, faire ça. Il dit qu'il ne met pas de pression, mais il en met un peu. Le jeune est coincé entre son père et l'entraîneur. Il devient stressé. Il ne sait plus quoi faire. »

Samedi 19 h 20

La Zamboni tourne lentement sur la patinoire de l'aréna Bob Birnie, à Pointe-Claire. Le match commence dans 10 minutes. Dans la chambre des visiteurs, la tension est palpable. L'entraîneur, qui a enfilé sa cravate dans l'autobus, fait les 100 pas au milieu de la pièce. Les joueurs mâchonnent leur protecteur buccal en fixant le sol, le iPod vissé aux oreilles.

Quelques minutes plus tôt, M. Desrochers avait prévenu Cédric Dubois. « On joue contre le Royal du Lac-Saint-Louis ce soir. Le coach est un passionné, il connaît toutes les stats, qui sont sorties sur Internet. C'est sûr que tu vas te faire picosser. Il y aura des coups de bâton, des insultes. Il faut que tu te prépares à ça. »

Le match commence. Le coach est nerveux, lui aussi. Il mâche sa gomme à s'en décrocher la mâchoire. Grimpe sur le banc des joueurs pour mieux voir le déroulement de la partie. Distribue les sacres généreusement.

Dans les estrades, Michel Lacroix se ronge les sangs. Il n'a pas d'enfant dans l'équipe. Juste des élèves. C'est le directeur de la polyvalente Le Tremplin. Il a fait la route depuis Malartic pour assister aux matchs ce week-end. Un vrai fan, plus bruyant encore que les parents. « Go Filon ! », s'époumone-t-il, assis sur le bout de son siège.

Le Filon l'emporte 3-2. Les joueurs vont bien dormir. Mais ils ne seront pas couchés avant minuit : leur motel est à Anjou, à l'autre bout de l'île de Montréal. C'est toujours là qu'ils descendent, parce que la chambre n'est pas chère (76,50 $), et que le gérant leur permet de s'entasser à trois par chambre. Les moins chanceux hériteront du sommier.

Dimanche 9 h

Tous les joueurs dorment encore du sommeil du juste. Tous, sauf deux. Sédrick Lemay et Brett Hester ont dû se lever tôt pour reprendre des examens manqués la semaine précédente. Une idée du directeur, qui n'avait pas que les matchs en tête, finalement, lorsqu'il a décidé de passer le week-end à Montréal.

Michel Lacroix est allé chercher les deux joueurs au motel d'Anjou pour les amener à l'UQAM. Installés près d'un corridor, entre les escaliers mécaniques et les machines distributrices, ils sont (relativement) tranquilles pour subir leurs examens d'histoire et de français. « C'est de bonne heure ce matin », ronchonne Sédrick.

Des examens le dimanche en plein centre-ville de Montréal : c'est le genre d'accommodements raisonnables que le Filon et Le Tremplin sont prêts à consentir pour assurer la survie du programme.

C'est que le Filon en demande beaucoup à l'école. Les jeunes de secondaire IV ont huit périodes de hockey sur neuf jours. Ces pratiques se substituent aux cours d'éthique et culture religieuse, aux cours optionnels (arts plastiques, arts dramatiques, etc.) et aux périodes quotidiennes d'études, de devoirs et de leçons.

Ajoutez à cela les tournois, qui s'étirent du jeudi au dimanche. Pour ne rien manquer, les joueurs n'ont pas le choix de partir une journée d'avance, le mercredi. « Ils manquent trois jours d'école, dit Mariette Brassard. Ils s'organisent avec leurs profs pour avoir leurs travaux d'avance et ils les font dans l'autobus.»

Horaires aménagés, examens reportés, arrangements avec les profs : le programme fonctionne à coups de compromis. Et ça marche, jure le responsable, Daniel Pelletier. « Depuis cinq ans, la moyenne des joueurs du Filon frise les 80 %. Le hockey, ça les tient beaucoup à l'école, parce qu'ils font quelque chose qu'ils aiment. »

Pour la direction du Tremplin, le Filon vaut de l'or. Littéralement. « On est en période de décroissance de clientèle, dit M. Lacroix. Pour une école comme la nôtre, accueillir 20 élèves supplémentaires, c'est drôlement intéressant. »

« Notre école est cotée 10 dans l'indice de défavorisation du ministère de l'Éducation, ajoute-t-il. C'est la pire note possible, comparable à ce que récoltent les écoles du Centre-Sud à Montréal. Alors, c'est d'autant plus important pour nous d'avoir une équipe comme le Filon. Nous avons besoin d'espoir, de savoir qu'on est capable d'aller plus loin, même si on est en Abitibi. »

Dimanche 14 h

Le coach affiche un air sombre à bord de l'autobus qui mène les joueurs à L'Île-Bizard pour leur deuxième match du week-end. Il sait que la partie contre les Tigres du Lac-Saint-Louis ne sera pas facile. La veille, un défenseur s'est disloqué l'épaule. Le capitaine est hors circuit : fracture du poignet. Un joueur a quitté l'équipe. Un autre est suspendu pour avoir participé à une bagarre.

Dans la chambre des joueurs, Desrochers tente de motiver ses troupes. « Il nous manque quatre joueurs réguliers. L'an passé, on se serait fait planter 12-0. Cette fois, on est solides. On sait qu'on va être brûlés. Pas grave. On est capable de gagner. »

Les joueurs s'élancent sur la glace. Dans les estrades, Alain Bourdeau prend des notes. Il est dépisteur pour le Drakkar de Baie-Comeau. « Les surdoués de 15 ans sont dans le midget AAA, mais il y a des joueurs du midget espoir qui passent directement au junior majeur, explique-t-il. C'est comme des professionnels, mais en plus petits. »

Les dépisteurs sont facilement repérables, assis tout en haut dans les estrades avec leurs calepins de notes. De toute façon, les joueurs sont avertis de leur présence. « Avant les matchs, le coach nous prévient que si on a de quoi à prouver, c'est le temps », dit Cédric Dubois. Un stress supplémentaire que les joueurs « sont capables de prendre », selon M. Desrochers. « Il faut qu'ils apprennent à vivre avec ça. C'est ça, jouer au hockey. C'est de la pression. »

La partie est serrée. À la fin de la deuxième période, le tableau des points affiche 2-2. Dans la chambre des joueurs, le coach met toute la gomme. « Let's go les gars. On sort d'icitte avec une victoire. J'les haïs ces câlisses-là. J'les haïs. Let's go les boys. Le voyage de retour va être moins long. Let's go mesdemoiselles ! »

La troisième période commence. Les Tigres comptent deux buts. La partie semble perdue pour le Filon. Mais à la toute fin du match, Cédric Dubois compte trois buts d'affilée en une minute et demie.

C'est ce qu'on appelle une remontée spectaculaire.

Dehors, la nuit est déjà tombée. L'autobus attend les joueurs à la porte de l'aréna. Ils ne seront pas à la maison avant 1 h du matin. Six petites heures plus tard, ils devront se tirer du lit pour aller l'école. Qu'importe. Grisés par la victoire, la tête pleine de rêves et le coeur plein d'espoirs, le voyage de retour sera moins long.