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Harper tend la perche aux libéraux

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Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, et l'ancien premier ministre du Québec, Jacques Parizeau, se saluent devant les militants du Parti québécois durant la campagne électorale au Québec. Toute la journée, mercredi, les conservateurs ont utilisé l'appui de M. Parizeau au BQ pour tenter de démontrer qu'un éventuel gouvernement de coalition appuyé par un parti souverainiste nuirait à l'unité nationale.

Photo: François Roy, La Presse

Joël-Denis Bellavance, Gilles Toupin
La Presse

Stephen Harper a poursuivi son offensive aux Communes mercredi pour faire dérailler le projet d'un gouvernement de coalition, formé du Parti libéral et du NPD et soutenu par le Bloc québécois, en proposant aux députés libéraux de travailler avec les conservateurs pour produire un budget en janvier destiné à relancer l'économie canadienne.

M. Harper a tendu cette perche aux libéraux qui ont affirmé que c'était trop peu trop tard, qu'ils ne croyaient plus en la parole du chef du gouvernement et que, de toute façon, ce dernier n'avait plus la confiance de la Chambre parce qu'il tardait à présenter de nouvelles mesures pour stimuler l'économie. «Il a laissé tomber ses responsabilités envers l'économie et nos travailleurs», a notamment accusé le chef libéral, Stéphane Dion.

À tour de rôle, le Parti libéral, le NPD et le Bloc québécois ont également soutenu que M. Harper n'avait pas le droit de demander à la gouverneure générale Michaëlle Jean de suspendre les travaux du Parlement jusqu'au 26 janvier simplement pour éviter de soumettre son gouvernement au vote de censure prévu lundi prochain.

Mais le premier ministre a répondu en renouvelant son offre de collaboration. «Si le chef libéral veut sauver les emplois des Canadiens, a-t-il rétorqué, il peut mettre sur la table des propositions en ce sens. Il peut tendre la main de ce côté-ci de la Chambre et travailler avec ce gouvernement qui se fera un plaisir de travailler avec lui pour sauver notre économie. Il doit cependant se retirer de cet accord avec Jacques Parizeau et les séparatistes, un accord qui ne peut faire autre chose que d'affaiblir ce pays, ce qui est l'objectif de M. Parizeau.»

L'épouvantail séparatiste

Le premier ministre faisait ainsi référence aux déclarations de Jacques Parizeau qui a approuvé la décision du Bloc québécois de soutenir l'éventuel gouvernement de coalition PLC-NPD. Selon l'ancien premier ministre du Québec, le chef bloquiste Gilles Duceppe a obtenu de nombreux gains pour le Québec en concluant une entente avec Stéphane Dion et Jack Layton leur permettant de renverser les conservateurs de Stephen Harper et de prendre le pouvoir.

M. Parizeau a aussi fait valoir que cet accord démontre que le Bloc québécois joue un rôle crucial à Ottawa pour défendre les intérêts des Québécois.

Toute la journée, mercredi, les conservateurs ont utilisé les propos de M. Parizeau pour tenter de démontrer qu'un éventuel gouvernement de coalition appuyé par un parti souverainiste nuirait à l'unité nationale. Mais les députés libéraux n'ont pas reculé devant ces attaques.

À la sortie des Communes, plusieurs d'entre eux ont d'ailleurs confié aux journalistes qu'il n'était plus question de faire marche arrière. Bob Rae, l'un des trois candidats à la direction du PLC, a tenu à rappeler que c'était le ministre des Finances, Jim Flaherty, qui avait réussi « à faire d'un énoncé économique une note de suicide ».

«Mais M. Harper a dit qu'il était prêt à travailler avec vous !» lui ont lancé les journalistes.

«Je ne le crois pas ! Je ne le crois pas ! a rétorqué M. Rae. Je ne crois plus à un seul mot prononcé par le premier ministre.»




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