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Les médias canadiens se déchaînent

Sétphane Dion lors de la période de questions... (Photo La Presse Canadienne)

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Sétphane Dion lors de la période de questions hier à la Chambre des communes. Le chef libéral est l'une des principales cibles des attaques.

Photo La Presse Canadienne

(Ottawa) Plusieurs médias anglophones se sont déchaînés hier matin, dénonçant avec véhémence le projet des partis de l'opposition de former un gouvernement de coalition dirigé par Stéphane Dion et appuyé par le Bloc québécois.

Les journaux de Sun Media, propriété de Quebecor, titraient à la une: «Non! Non! Non! On ne peut permettre à ceci d'arriver». Sous une photo de Jack Layton, Stéphane Dion et Gilles Duceppe alignés durant leur conférence de presse «historique» de lundi, un extrait de l'éditorial en remet: «Les libéraux et le NPD veulent à ce point prendre le pouvoir qu'ils sont prêts à travailler avec le Bloc québécois séparatiste».

Le National Post affichait lui aussi deux titres peu flatteurs en première page: «Dirigée par un perdant, cautionnée par le Bloc» et «Les enfants gâtés poussent l'affaire trop loin». Le chroniqueur Don Martin s'est défoulé sur le projet, qu'il a décrit comme «un monstre à trois têtes, dirigé par des libéraux et liant les néo-démocrates et les séparatistes du Québec par quatre pages de ruban adhésif en guise de politiques».

«Une trahison directe du Canada», peut-on lire dans l'éditorial du journal.

Même le Globe and Mail, pourtant moins à droite que le Post, a fortement désapprouvé le pacte de l'opposition. Mais ici, c'est surtout Stéphane Dion qui pose problème.

«Ses compétences ne sont pas du tout les bonnes pour le défi actuel», note le quotidien. «Il est un solitaire notoire qui a même été incapable de rallier son propre parti derrière lui.»

Le Globe and Mail juge que le départ de Stephen Harper comme chef du Parti conservateur serait le seul moyen de résoudre la crise et d'agir «dans le meilleur intérêt du pays».

Le Toronto Star a été en pratique le seul quotidien du ROC à applaudir l'alliance. «Un gouvernement de coalition entre libéraux et néo-démocrates est préférable à ce stade-ci qu'un régime conservateur dirigé par Stephen Harper», ont conclu les éditorialistes.

Mais certaines des critiques les plus virulentes sont venues des tribunes téléphoniques, des entrevues télévisées ou de la blogosphère. Le site web aux penchants conservateurs Bourque.org a titré pendant une bonne partie de la journée: «Un socialiste, un séparatiste et un citoyen de la France».

Le blogueur Trusty Tory réclame des élections: «L'affaire King-Bing était totalement différente», a-t-il dit en parlant de la dernière fois où un gouverneur général a permis à l'opposition de prendre le pouvoir.

«Le premier ministre Mackenzie King a demandé au gouverneur général de dissoudre le Parlement avant de faire face à un vote de défiance à la Chambre des communes, comme un lâche.»

À la télévision de CBC, l'ancien chef du Parti réformiste du Canada, Preston Manning, a indiqué que Stephen Harper devrait proroger les travaux de la Chambre des communes et permettre à la population de signifier leur mécontentement à leurs députés locaux durant la pause des Fêtes.

Dans l'Ouest, le chroniqueur de l'Edmonton Sun Neil Waugh a mis ses lecteurs en garde contre la coalition, «une menace pour les Albertains», selon lui. Dans le Calgary Herald, un autre chroniqueur, Charles Frank, a tranché: «Ce n'est pas le moment pour une coalition de losers».

Ailleurs dans le monde

Ailleurs dans le monde, l'annonce de l'entente formelle entre le Parti libéral, le NPD et le Bloc, a aussi trouvé écho. Le New York Times a consacré un assez long article aux derniers développements en page A7, notant que «si le pacte devait déloger les conservateurs, ce serait la première fois depuis 1926 que le gouvernement fédéral change de main sans qu'un vote soit tenu». Un article publié sur le site de la BBC était coiffé du titre «Le premier ministre canadien fait face à la révolte».

En France, le quotidien Le Monde a résumé l'histoire dans un court texte de quatre paragraphes. Le Nouvel Observateur et le Figaro on également consacré peu d'espace à la crise canadienne.

Les médias étrangers n'ont pour l'instant pas commenté les événements, se contentant d'articles très factuels souvent basés sur des textes d'agence.




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