Quand j’ai acheté mon premier véhicule récréatif (VR), je ne connaissais rien au camping-car, alors je me suis procuré Le guide du parfait idiot en camping-car. Le dernier chapitre parlait des nomades à temps plein (les full-timers), ceux qui laissent tout derrière eux pour voyager toute l’année dans leur VR. Selon le livre, la plupart des full-timers décident finalement d’abandonner le mode de vie en camping-car pour une raison : le manque de but dans la vie.

À ce stade, vous devez vous demander en quoi cela concerne ma transition de l’armée à la vie civile. La réponse est qu’il est important d’avoir un but dans la vie. Pour la plupart d’entre nous, simplement profiter des bonnes choses de la vie ne suffit pas, nous avons besoin d’un but. L’armée m’a donné cela. J’avais le sentiment que je travaillais pour un bien plus grand. J’avais le sentiment de servir.

PHOTO FOURNIE PAR L’AUTEUR

L’auteur recevant la médaille de fin de tour (Étoile de campagne générale – Asie du Sud-Ouest) en 2008 des mains du brigadier-général Guy Laroche

Quand j’ai quitté l’armée après 22 ans de service, ma femme et moi avons décidé de partir pour un an autour du monde avec nos trois enfants. Nous avons tous beaucoup apprécié cette expérience unique en son genre et, après notre retour au Canada, les enfants sont retournés à l’école et ma femme au travail. Pour ma part, j’ai décidé de prendre un peu de temps avant de décider quelle serait ma deuxième carrière. J’avais rejoint l’armée à 16 ans et l’armée était tout ce que j’avais connu pendant ma vie d’adulte.

Les premières semaines à la maison étaient agréables. Puis j’ai commencé à ressentir des émotions difficiles : j’étais facilement irrité et je perdais mon calme sans raison particulière.

Un matin, après avoir envoyé les enfants à l’école, je suis allé à la boîte aux lettres avec le chien. En rentrant chez moi, j’ai réalisé que je n’avais rien à faire jusqu’à ce que les enfants rentrent en fin d’après-midi.

J’ai réalisé que c’était le manque de but dans la vie qui me tourmentait. Quel était mon but ? Être sur la route pendant un an m’avait donné un but, mais là, je n’avais même pas 40 ans et je passais toute la journée seul à la maison pendant que mes amis étaient tous au travail, beaucoup d’entre eux encore au service du pays.

Mon but principal

J’ai finalement trouvé un travail et le sentiment de vide a progressivement disparu. Je me trompais cependant en pensant que j’avais accompli une transition complète vers la vie civile. Il avait fallu à l’armée quelques années pour faire de moi un soldat, il faudrait quelques années pour refaire de moi un civil à part entière. Dix ans après ma retraite, je pense toujours que mon but principal dans la vie était de servir.

L’armée m’a donné un but. Ce sentiment me manque cruellement, encore aujourd’hui. Je m’ennuie particulièrement du sentiment de camaraderie, d’être un « frère d’armes ».

Je sais que cela peut sembler cliché, mais c’est ce que ressentent la plupart des militaires : ils sont des frères et des sœurs d’armes.

La plupart des gens ne se mettent pas en danger juste pour gagner de l’argent. Ceux qui ont rejoint l’armée et y sont restés suffisamment longtemps l’ont fait parce que l’armée leur donnait un sentiment de service, d’accomplissement, d’aventure. Surtout, elle leur donnait un but dans la vie.

Avoir un but vous fait sortir du lit chaque jour ; cela remplit votre journée et vous permet de dormir paisiblement la nuit. Tout comme ces full-timers, j’ai réalisé que le but n’est pas seulement important, il est essentiel pour nous tous.

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