Une personne aînée en fin de vie ne se présente généralement pas sous son meilleur jour au sein des institutions de santé, notamment en CHSLD. Dans le feu roulant de nos activités de soins, il est facile de perdre de vue le parcours de vie de ces personnes et de tout ce qui, hier encore, les définissait au quotidien.

Pourtant, avant d’être affaiblie et engagée dans la dernière étape de sa vie, chacune d’entre elles a forgé le Québec que nous connaissons aujourd’hui. Ces personnes ont aimé, ont fait du sport, ont ri jusqu’à en pleurer, ont probablement voyagé, ont fait des découvertes culinaires, ont possiblement fondé une famille… et elles ont entretenu des amitiés inconditionnelles.

Aujourd’hui, en raison par exemple de troubles neurocognitifs et de limitations physiques, plusieurs de ces personnes souffrent très souvent au sein de nos institutions.

Malheureusement, il peut nous arriver de prodiguer des soins, disons-le, plus machinalement, mais il faut certainement le faire en incarnant la part d’humanité qui est en eux et qui est en nous.

En cette Journée mondiale de lutte contre la maltraitance des personnes aînées, il m’apparaît essentiel de livrer un plaidoyer afin que l’on humanise davantage les soins auprès de nos aînés. À cet effet, j’ai eu envie de vous exposer des pratiques émouvantes que j’ai pu observer au cours de ma carrière d’infirmier.

Souvenirs à haute valeur affective

Dans bien des milieux, on a longtemps fait l’histoire de vie des personnes hébergées en CHSLD. Découlant de cette pratique, à l’entrée de la chambre d’une personne en perte d’autonomie, pourquoi ne pas offrir aux proches d’installer quelques objets personnels qui lui sont significatifs ? Un gant de baseball. Une photo avec les petits-enfants. Un livre important. Un poème. Une carte de hockey. Un souvenir de la lune de miel. Franchement, cela peut être à peu près n’importe quoi qui évoque un souvenir personnellement marquant. Malheureusement, dans bien des milieux, ces pratiques ont disparu au gré des réformes et des situations de pénurie de personnel.

En plus de créer un contact bienveillant et d’engendrer de touchantes discussions, cela nous permet de nous rappeler de ces patients ; ces aînés auxquels on doit une inconditionnelle humanité, sous leurs meilleurs jours. Parfois, le patient n’est plus l’ombre de la personne qu’il a jadis été. Il ne mérite pas moins le respect, l’humanité et la même qualité de soins que les autres.

Ces petits souvenirs personnels deviennent alors de bons aide-mémoire pour lutter contre la maltraitance.

Nous sommes aujourd’hui tous plus conscients des enjeux relatifs à la maltraitance des personnes aînées et plus à même de reconnaître une situation problématique lorsqu’elle survient. Il s’agit d’une avancée notable qu’il importe de souligner.

Les infirmières et infirmiers jouent un rôle pivot dans les soins prodigués aux aînés aux quatre coins du Québec. Je compte sur nous tous pour entretenir l’inconditionnelle dignité que nous devons à nos aînés !

Qu’en pensez-vous ? Participez au dialogue