Il existe au moins 380 raisons convaincantes d’appuyer Vision zéro comme approche de sécurité routière au Québec : une raison pour chaque personne ayant perdu la vie subitement en 2023 dans une collision routière⁠1.

Au Québec, nous remarquons un engagement soutenu à réaliser ce qui, nous le savons très bien, réduit les risques de collisions provoquant des blessures graves et des décès. Qu’il s’agisse de réduire les limites de vitesse ou d’aménager des infrastructures qui protègent les cyclistes et les piétons, les gouvernements locaux appliquent des méthodes éprouvées pour réduire les décès. Et le ministère des Transports et de la Mobilité durable les appuie dans ces efforts, notamment à travers le déploiement de son Plan d’action en sécurité routière.

Vision zéro pour sauver des vies

Vision zéro commence par un changement de mentalité : la sécurité est la priorité devant la fluidité de la circulation motorisée. Certains pays européens comme la Suède ont observé une baisse impressionnante des décès sur les routes en adoptant la Vision zéro depuis des décennies maintenant. Mais qu’en est-il de son adoption dans le contexte nord-américain des villes étalées et dépendantes à l’auto ?

Edmonton, qui a adopté dès 2015 une stratégie de sécurité routière Vision zéro, a observé une tendance à la baisse constante de toutes les formes de blessures et décès de la route.

Depuis l’adoption de Vision zéro, la ville a connu une baisse de 50 % des collisions routières mortelles. Chez les piétonnes et piétons, les blessures graves ont diminué de 32 % et les décès de 27 %.

Ailleurs en Amérique du Nord, une ville de 60 000 habitants, Hoboken, au New Jersey, a atteint des résultats remarquables : 2024 marque la septième année consécutive sans décès de la route. Pas un seul. Par le biais de la mise en œuvre systématique de la Vision zéro, Hoboken est devenue l’un des rares centres urbains aux États-Unis à réussir cet exploit. De plus, entre 2022 et 2023, une réduction de 62 % des blessures graves a été observée.

Derrière chaque décès de la route : une tragédie humaine

Bien que tous ces chiffres soient encourageants, ils peuvent également occulter les réelles conséquences causées par un seul décès sur nos routes. À cet égard, la famille d’Hugo Houle, cycliste québécois, est marquée à jamais par le décès en 2012 de Pierrick, le frère d’Hugo. Pierrick avait 19 ans et venait de sortir pour faire une course dans leur ville natale de Saint-Perpétue, lorsqu’un conducteur l’a percuté et l’a tué.

Hugo Houle l’a bien exprimé : « Je refuse qu’une autre famille endure ce par quoi nous sommes passés. C’est la raison pour laquelle je soutiens Vision zéro. »

La détresse de la famille Houle a été vécue par chacune des familles québécoises ayant perdu inutilement un proche sur les routes. Nous appelons parfois ces collisions routières des « accidents », mais en réalité, ce ne sont pas des accidents, puisqu’ils sont prévisibles et évitables.

Une approche préventive pour réduire le risque et la gravité des blessures

Les aptitudes et les comportements au volant contribuent à la sécurité routière. Mais se reposer uniquement sur les changements comportementaux n’est pas suffisant pour rendre nos routes plus sûres. Ainsi, l’aménagement des routes pour protéger ses usagères et usagers les plus vulnérables est primordial. Parallèlement, intervenir pour rendre les véhicules plus sécuritaires pour les usagers se trouvant à l’extérieur est incontournable.

Pour ces raisons, nous saluons le gouvernement du Québec et les municipalités comme Montréal, Drummondville, Québec ou Longueuil d’avoir adopté l’approche Vision zéro. Souhaitons que ce mouvement se généralise. Ensemble, nous pouvons faire un pas de plus vers le jour où le bilan routier de la SAAQ célébrera une année sans décès sur les routes du Québec.

1. Ce sont les dernières statistiques issues du bilan routier de la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ).

Consultez le communiqué « Diminution du nombre de décès chez les usagers vulnérables en 2023 » Consultez le bilan routier 2023 Qu’en pensez-vous ? Participez au dialogue