L’annonce de la transformation de la Place Versailles a été bien accueillie par nos lecteurs, un endroit tout de même associé à de précieux souvenirs pour plusieurs. Voici quelques-uns de vos témoignages.

Mes années coton ouaté

Je suis née et j’ai grandi près du métro Cadillac. La Place Versailles, c’est là où je me suis fait percer les oreilles à 5 ans. J’adorais les fontaines où on lançait des sous noirs et les enclos pour les animaux à Noël et à Pâques. Le Distribution aux consommateurs était notre magasin de cadeaux de Noël. J’allais au cinéma, j’y ai vu Grease avec les membres de ma chorale. C’est le premier centre commercial où j’ai pu aller seule avec des amies en métro. On y passait des heures ! J’y achetais mes disques 45 tours et ensuite mes cassettes. Dans les années 1980, mes amies et moi allions visiter la boutique Au Coton pour acheter nos cotons ouatés ! Que de souvenirs !

Nadine Martel-Octeau, Montréal

L’îlot de fraîcheur

J’habite à quelques minutes à pied de la Place Versailles. J’ai un sentiment partagé : d’un côté je serai content de voir disparaître les énormes stationnements/îlots de chaleur et tout l’achalandage automobile qui s’y rattache ; d’un autre côté, j’aime bien cet endroit couvert, climatisé l’été et chauffé l’hiver, facilement accessible de chez moi et où je peux trouver tout ce dont j’ai besoin pour la vie de tous les jours.

Yannick Pourbaix, Montréal

Place à l’avenir

J’habite à 15 minutes à pied de la Place Versailles, depuis 45 ans. J’y vais pour les commerces et le salon de coiffure. Le plus souvent à pied. Je souhaite que le projet immobilier soit une occasion de créer une zone verte avec du développement durable axé sur les besoins des familles, bref un milieu où il fait bon vivre. L’avenir, c’est la jeune génération.

Claire Dumaresq, Montréal

Pour toujours dans mon cœur

Comme je suis née dans l’est de Montréal, la Place Versailles me rappelle tant de souvenirs ! Dans les années 1980, ma mère travaillait chez La Baie dans les cosmétiques. Je m’installais à la fontaine qui crachait bien haut pour l’attendre. Du haut de mes 4 ans, c’était fascinant. J’y ai également fait des défilés de mode, je me sentais importante. Plus tard à l’adolescence, c’était notre lieu de rencontre. On allait au cinéma et on allait manger à la foire alimentaire. Un rituel hebdomadaire pour se retrouver entre amis. Vers l’université, j’allais chez Pegabo et Aldo m’acheter des chaussures pour mes entrevues et des vêtements de travail chez Jacob. J’habite maintenant dans les Laurentides, mais la Place Versailles demeurera toujours dans mon cœur.

Catherine Nadeau-Jobin, Saint-Hippolyte

Un projet qui coche bien des cases

C’est une super nouvelle pour le quartier, un aussi gros stationnement/îlot de chaleur en pleine ville n’a plus aucun sens avec le réchauffement climatique qui s’accélère. Et la ville a besoin de logements, surtout dans un quartier en développement. Il y aura quand même du commerce, mais j’espère que la fermeture du centre va permettre aux petits commerces de se développer dans tout le quartier, surtout dans la rue Sherbrooke. Actuellement, la concurrence était trop grande avec le centre juste à côté. Et une nouvelle école… wow ! J’espère que ça ne va pas disparaître du projet.

Emma Dufour, Montréal

Un dépoussiérage s’imposait

J’ai toujours habité dans un rayon plus ou moins rapproché de la Place Versailles. Enfant, c’est là que j’ai fait ma première expérience du cinéma ! Pendant longtemps, j’y ai trouvé mon bonheur avec le quincaillier Rona, la BMO, La Baie, le Steinberg et toujours, les cinémas… tous désormais fermés. Maintenant, si ce n’est pour le HomeSense ou le Grimard Optique, j’évite l’endroit. Le décor est désuet, il s’y vend beaucoup de pacotille et les autres enseignes intéressantes sont présentes en ligne ou aux Galeries d’Anjou tout près. Je me réjouis donc du projet de logements et de pôle intermodal qui viendra moderniser l’est de Montréal qui a tant besoin d’amour.

Josée Coulombe, Montréal

Les petits commerçants écopent

J’étais jeune quand la Place Versailles a été construite pas très loin de chez nous. La proximité a fait en sorte que nous n’étions plus obligés d’aller « en ville » chez Dupuis Frères avec maman. Quant à papa, après 27 ans, il a dû fermer sa petite quincaillerie de quartier dans Tétreaultville où on trouvait de tout (même un ami !), concurrence oblige ! À la semi-retraite, il a travaillé quelques années chez un petit quincaillier à Saint-Léonard, qui n’a pas tenu le coup non plus. Encourageons donc nos sympathiques commerces de quartier en s’en faisant des amis du même coup !

Gisèle Paquette, Montréal

Le symbole de la fin d’une époque

Quand j’étais jeune, dans les années 1980, la Place Versailles était un endroit prisé des résidants de l’est de Montréal. C’était un grand centre commercial, avec plusieurs magasins à la mode, des restaurants, même un cinéma. J’adorais aller à la Place Versailles avec ma mère ou ma grand-mère, surtout à Pâques, avec la petite fermette ! Et un arrêt obligatoire au Dunkin’ Donuts me laissait toujours heureuse. Adolescente, je faisais la route en métro pour aller m’acheter des CD au HMV, et magasiner des vêtements dans les magasins à la mode de l’époque. C’était encore un centre commercial prisé, l’offre étant rare dans notre métropole.

Avec l’arrivée d’autres centres commerciaux, plus gros, plus exclusifs, la Place Versailles s’est doucement mise à se dégrader. Le retrait de plusieurs magasins, la disparition de certains restaurants, la fermeture de de plus en plus de locaux ont contribué à son abandon. Je continue à y aller parfois, par nostalgie plus que par nécessité. Il y a de belles décorations originales, comme la fontaine. Ce sont des joyaux d’une architecture depuis longtemps mise au placard.

La Place Versailles est un peu le symbole de la fin d’une époque. Malgré quelques tentatives de la ressusciter, il faut se rendre à l’évidence : ce n’est plus un endroit que l’on fréquente régulièrement. C’est dommage, voire triste pour les aînés qui y allaient afin de socialiser. Bref, peut-on être surpris que l’on débranche cet établissement qui survit depuis des années grâce à un respirateur artificiel ? En espérant que l’on y construira quelque chose dont Montréal a réellement besoin : des logements !

Stéphanie Alcaraz, Montréal