Si la crise du logement se fait particulièrement aigüe partout au pays depuis la pandémie, elle sévit depuis très longtemps dans les communautés autochtones.

« Les Autochtones sont touchés de façon disproportionnée par les mauvaises conditions de logement », rappelle Statistique Canada dans son rapport publié l’an dernier.

Les Autochtones sont plus susceptibles que les non-Autochtones de déclarer vivre dans un logement surpeuplé.

Ils sont deux fois plus susceptibles d’habiter une maison qui nécessite des réparations majeures et trois fois plus susceptibles de déclarer la présence de moisissures dans leur logement et de l’eau non potable que les non-Autochtones.

L’Assemblée des Premières Nations (APN), réunie en congrès cette semaine à Montréal, estime qu’un investissement de 44 milliards de dollars est nécessaire pour répondre aux besoins.

En mars dernier, la vérificatrice générale du Canada, Karen Hogan, s’est dite « absolument découragée de voir que la situation a si peu changé » depuis 20 ans.

Entre 2018 et 2023, le gouvernement a fourni du financement pour construire 12 000 nouveaux logements et pour réparer 16 000 logements existants… soit environ le cinquième de ce qui est nécessaire pour combler les lacunes existantes, a indiqué Mme Hogan.

« Nous ne voulons rien de plus que ce que veulent les autres Canadiens », disait l’an dernier à Radio-Canada Cindy Woodhouse, cheffe régionale du Manitoba de l’APN.

« Nous voulons de la bonne eau, un bon logement, un logement sûr. Et nous ne voulons pas être entassés à 30 dans une maison. »