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Omar Khadr, une présumée victime

Un croquis d'Omar Khadr réalisé durant une audience... (Photo: Reuters)

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Un croquis d'Omar Khadr réalisé durant une audience à Guantanamo le 19 janvier.

Photo: Reuters

Henri Hervé

Beaucoup de choses ont été dites dans le dossier d'Omar Khadr, ce cas scandaleux, mais je pense important de revenir sur le point fondamental de l'enfant soldat.

Omar n'avait que 3 ou 4 ans lorsque sa famille a déménagé au Pakistan. Il semble avoir baigné très jeune dans un contexte de grande violence. À l'entraînement militaire dès 11 ou12 ans, il n'avait que 13 ou 14 ans lors de son enrôlement comme combattant.

Nous, ses concitoyens canadiens, le minimum que nous puissions faire est bien de reconnaître cette réalité. Nous ne ferons pas une faveur à ce jeune homme, nous lui rendrons les droits qui lui ont été confisqués et lui permettrons enfin de bénéficier de la protection prévue par les droits de l'homme et les droits de l'enfant, pour tous les enfants soldats.

Depuis 30 ans, une multitude de traités, conventions et résolutions, dont le Canada est signataire, ont officialisé et précisé qu'un enfant soldat est une présumée victime et non un présumé criminel. Les criminels sont les recruteurs.

Depuis 2003, des organisations humanitaires réalisent des programmes pour le retour à la vie civile de ces enfants soldats, non pas dans des prisons, mais dans des centres spécialisés et des écoles. Les deux dernières étapes de ces processus de réintégration sont le rapatriement et la réinsertion. La Colombie, le Congo, le Rwanda, la Sierra Leone, la Somalie, le Soudan, l'Ouganda, le Burundi, le Liberia, le Sri Lanka ont mis en place de tels programmes pour le bénéfice de milliers d'enfants soldats.

Pourquoi le Canada ne fait-il pas sa part en rapatriant et en réinsérant dans sa société son unique enfant soldat ?

Certaines universités, comme l'Université de Montréal, s'intéressent au dossier de l'enfant soldat. Omar a maintenant l'âge où les jeunes fréquentent l'université. Il serait, je crois, judicieux d'associer une université à cette réinsertion.

Tout comme les droits de l'homme, les droits de l'enfant ne sont pas négociables. Nous ne sommes pas dans le domaine politique, nous devons sortir de ce débat politico-juridique improductif et entrer dans l'espace du droit international, et de ceux de l'humanitaire et de la simple morale citoyenne.

Si le gouvernement de M. Harper refuse d'entrer avec ses citoyens dans ces espaces, les partis de l'opposition doivent aller jusqu'au bout de leur intervention et de leur devoir.

En rapatriant et en réinsérant Omar dans son pays, le Canada tendra une main ouverte à sa jeunesse, principalement à celle issue de l'immigration en provenance du Moyen-Orient et d'Afrique, et particulièrement à sa jeunesse musulmane.

Ce sera aussi une main tendue à toutes les jeunesses du monde pour leur dire que tous les recruteurs d'enfants soldats sont des criminels au regard de la Loi internationale, et que, la violence n'engendre que la violence, et qu'elle n'est pas la seule méthode de règlement des conflits.

L'auteur réside à Pointe-Claire.




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