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Vingt ans déjà

Le jour du référendum de 1995, ces jeunes... (PHOTO ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE)

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Le jour du référendum de 1995, ces jeunes partisans du « non » ont marché dans les rues en affichant leurs couleurs.

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Jean-Claude Gobé

Ancien député de l'Assemblée nationale du Québec pour la circonscription de Lafontaine de 1985 à 2003, chef de l'Opposition officielle à Laval

Il y a 20 ans, le Québec, désabusé par l'échec des accords du lac Meech et de Charlottetown, écrivait le moment le plus marquant et le plus diviseur de son histoire au XXe siècle. Le référendum de 1995, au cours duquel les Québécois de toutes origines avaient à décider de leur avenir, de leur appartenance et de leur place au sein de la fédération canadienne.

Cette campagne référendaire fut l'objet de maints débats et déclarations de chaque camp. Certains rationnels, d'autres émotifs ou certains autres pouvant semer l'inquiétude dans la population quant aux conséquences possibles des résultats. Ce fut certainement une période où le destin du Québec s'est joué.

Les minces résultats obtenus par chacun des camps, même s'ils pouvaient paraître décevants pour certains et victorieux pour d'autres, n'en étaient pas moins pour qui voulait les regarder avec attention.

Globalement, il n'y a eu aucun vainqueur : la moitié des Québécois était pour les changements et l'autre moitié, opposée ou inquiète des conséquences de ces changements.

À l'époque, j'étais président de l'Est de Montréal pour le comité du Non (22 circonscriptions).

Durant la période précédant ce référendum et suivant l'échec de Meech et de Charlottetown, j'ai été à même de constater la déception d'une partie de nos concitoyens, y compris de nombreux collègues à l'Assemblée nationale. Certains se sentaient trahis ou floués par le reste du Canada et n'hésitaient pas à faire valoir leur tristesse et leur déception devant ce qu'ils considéraient comme un rejet des idées d'émancipation des Québécois au sein du Canada. Un certain nombre de citoyens rejoignirent alors le camp du souverainisme, par dépit, ou pensant que c'était là le seul moyen de faire changer les choses. Bien que partageant une partie de leur frustration et de leur déception vis-à-vis de ces échecs, ainsi que du Canada anglais et d'une partie de sa classe politique, je restais malgré tout confiant que les choses pouvaient changer et je fis la campagne du camp du Non comme président régional.

Les résultats serrés le soir du référendum me faisaient espérer que cela pouvait être une victoire pour tous. La victoire de la reconnaissance par la classe politique canadienne, de la volonté de changement des Québécois et de la reconnaissance de leurs différences culturelles, politiques et spécifiques, et de là, l'importance de leur accorder les changements nécessaires, tels que Robert Bourassa, Brian Mulroney et d'autres leaders canadiens l'auraient voulu avec les accords du lac Meech. Malheureusement, il n'en fut rien et la même indifférence et solitude s'est installée dans chacun des deux camps ; l'un disant « je vous ai compris », et l'autre, « à la prochaine fois ».

Vingt ans après, le temps, comme la mer sur les galets, le ressac, a fait son oeuvre. Aujourd'hui, je crois que nous avons tous comme Canadiens et comme Québécois manqué ce soir-là un grand rendez-vous avec l'histoire en ne tenant pas compte de ce résultat qui nous invitait tous au dialogue, à l'entente et à la collaboration. Toutes ces années ont passé pour rien, toutes ces énergies gaspillées. Aujourd'hui, on n'ose même plus rêver à ce que nous aurions pu en faire.

Dommage !




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