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Quand les médias dérapent

Je suis sidérée et indignée par la façon dont la plupart des médias ont traité... (Photo Lucas Jackson, Reuters)

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Je suis sidérée et indignée par la façon dont la plupart des médias ont traité la nouvelle du décès de Robin Williams en faisant grand étalage de tous les détails scabreux et pointus entourant la façon dont l'acteur a mis fin à ses jours.

Bien sûr, j'en ai contre le fait que ces détails sensationnalistes n'apportent rien et ne font que satisfaire des envies malsaines de voyeurisme (cela me dégoûte). Mais ce qui m'enrage et me fait réagir avec force, c'est que la divulgation de ces détails peut avoir un effet d'entraînement sur des personnes vulnérables.

Les organismes de prévention du suicide appellent régulièrement les médias à la prudence dans le traitement de ces informations sensibles. Je croyais que les médias auraient tiré des leçons du cas de Gaétan Girouard en 1999; on avait assisté cette année-là à un nombre record de suicides au Québec.

Les médias détiennent un énorme pouvoir d'influence et ont une responsabilité sociale. Je me serais attendue à plus de discernement de leur part. C'est totalement répréhensible d'agir de la sorte et je ne décolère pas.

Bien sûr, tout cela découle d'une conférence de presse de la police américaine qui a révélé tous les détails scabreux entourant le décès de l'acteur. Nos voisins américains ne sont pas des exemples de sobriété et de discernement en cette matière. Était-il nécessaire de faire écho à cela dans nos médias, même les plus crédibles?

Radio-Canada a traité la nouvelle avec beaucoup de sobriété et de discernement. Ils n'ont pas révélé les détails et ont plutôt choisi de réaliser des entrevues avec des spécialistes (psychologues, organismes de prévention du suicide, etc.) et de rappeler abondamment les coordonnées des sources d'aide. Leurs normes d'éthique dans le traitement de ces cas est clair et ils les ont respectées: «Nous traitons avec sensibilité les suicides, tentatives de suicide et gestes désespérés. En particulier, nous évitons d'en décrire ou d'en illustrer la méthode. De plus, nous prenons en considération le risque de glorification de ces comportements ou d'influence chez des personnes vulnérables.» Les autres médias n'ont-ils pas un tel code d'éthique?

Les médias doivent agir de façon responsable pour éviter d'être des catalyseurs de tels drames. Et nous, citoyens, avons le devoir de leur rappeler lorsqu'ils dérapent.




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