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Gouverner, c'est prévoir

Dans le débat actuel sur les fonds de pension à prestations déterminées des... (Photo La Presse)

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Serge Pelletier

Ingénieur, l'auteur réside à Rosemère

Dans le débat actuel sur les fonds de pension à prestations déterminées des employés municipaux, on observe de nombreux dérapages, tant du côté des employés municipaux que du côté d'une certaine droite très présente dans les divers médias.

Il est beaucoup trop facile de crier au vol ou d'insister sur le fait que les employés visés bénéficient d'avantages que ceux qui en paient le coût ne peuvent se payer eux-mêmes. D'un côté comme de l'autre, c'est réducteur et démagogique.

Oui, il y a une problématique de financement de ce type de fonds de pension depuis la crise de 2008. Est-ce la faute des employés? Non, d'aucune façon. Est-ce que les employés ne devraient pas faire un effort pour contribuer davantage? Sûrement. Surtout qu'à l'heure actuelle, de nombreux fonds de pension se rétablissent avec l'économie. La plupart des syndicats qui ont renouvelé leurs ententes ont accepté de contribuer de façon plus substantielle à leur fonds de pension. Certains ont même accepté de revoir leurs bénéfices futurs. Là où ça ne passe pas, c'est lorsque l'on revient en arrière, sur le passé. Revenir sur le passé, c'est totalement immoral; c'est une réelle rupture de contrat.

Certaines entreprises ont modifié fondamentalement - pour ne pas dire fermé - leur régime, mais elles ont maintenu le respect des ententes passées. Les bénéfices à venir ont été reformulés et les travailleurs visés ont eu la possibilité de s'ajuster. Le gouvernement, en ouvrant la porte au saccage des bénéfices passés ou accumulés, sous la pression de certains personnages flamboyants, a fait preuve d'une grande inconscience. De plus, on a poussé le cynisme jusqu'à présenter le problème d'une façon telle qu'une bonne partie de la population a maintenant l'impression que les employés municipaux pigent directement dans leurs poches.

Manquement aux obligations

Félicitations, M. Couillard! Comme gouvernement, vous auriez dû prévoir qu'en permettant de remettre en question le coût du service passé, vous alliez mettre le feu. Vous auriez dû prévoir que votre façon de faire les choses allait causer un antagonisme entre les employés visés et la population. Vous auriez dû prendre les moyens pour l'éviter. Mais si vous l'aviez prévu et que vous l'avez provoqué, c'est encore pire. Un gouvernement a l'obligation morale de faire preuve de clairvoyance et se doit d'être rassembleur. Vous avez gravement manqué à l'une ou l'autre de vos obligations.

Vous avez maintenant le devoir de vous rattraper en travaillant à l'élévation du débat et en créant un climat serein et propice à des discussions de fond sur l'ensemble de la problématique. Respectez les engagements passés, travaillez sur l'avenir et ramenez à l'ordre les incendiaires de service, quels qu'ils soient. Si jamais le débat dérape, vous en serez le seul responsable.

Enfin, un dernier mot pour les employés municipaux. Ces débats sont fort complexes et le ton actuel est très réducteur. En réagissant comme vous le faites présentement, du moins de la façon rapportée par les médias, vous êtes en train de donner raison à ceux qui croient que vous êtes les enfants gâtés du système. Vous êtes en train de perdre la bataille de l'image, particulièrement les policiers. Une fois le conflit terminé, vous devrez tous vivre avec les conséquences du dénigrement que vous aurez vous-mêmes faits de votre uniforme, de votre image et de votre emploi.




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