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Un dossier trop fort en café?

L'Association canadienne des boissons est déçue de constater que M. Meunier ait... (Photo Patrick T. Fallon, archives Bloomberg)

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Photo Patrick T. Fallon, archives Bloomberg

Jim Goetz

L'auteur est président de l'Association canadienne des boissons. Il réagit au dossier d'Hugo Meunier sur les boissons énergisantes, publié samedi.

L'Association canadienne des boissons est déçue de constater que M. Meunier ait choisi de mettre l'accent uniquement sur la caféine contenue dans les boissons énergisantes, faisant fi de toutes les autres sources de caféine dans l'alimentation des Québécois. S'il était vraiment préoccupé par la consommation de caféine et son impact sur la santé d'un individu, il aurait élargi son champ d'observation pour inclure les nombreuses autres sources de caféine, et profité de cette occasion pour aider à éduquer ses lecteurs sur la façon de comprendre et de gérer leur consommation globale de la caféine.

Selon Santé Canada, le café (à 60%) et le thé (à 30%) représentent les principales sources de caféine dans l'alimentation des Canadiens. La Coffee Association of Canada et le NPD Group soulignent quant à eux que le groupe des moins de 24 ans est celui où la consommation de café présente la plus forte croissance: «Ils ont augmenté leur consommation au cours des trois dernières années» souligne M. Robert Carter, directeur exécutif du NPD Group, «des items comme les cafés glacés, les lattés et les autres produits de spécialité - offrant des profils de saveur plus sucrés - rejoignent vraiment les consommateurs plus jeunes.»

Les boissons énergisantes ne jouent qu'un petit rôle dans la consommation globale de caféine chez les adolescents au Québec. Une enquête réalisée par l'Institut de la statistique du Québec en 2012, auprès de plus de 60 000 adolescents, indiquait que seulement 1,5% d'entre eux les consommaient quotidiennement. Un sondage réalisé le 1er mars dernier auprès de 12 831 lecteurs de LaPresse.ca indiquait que 92% d'entre eux n'en avaient même jamais consommé. Ceci contraste avec le plus de 60% de Québécois qui boivent une moyenne de 2,7 tasses de café par jour.

Durant son expérience, M. Meunier a suivi de près sa surconsommation de boissons énergisantes, mais il ne fait aucune mention d'aucune autre source de caféine. A-t-il également consommé du café ou du thé? A-t-il consommé du chocolat, ou encore un médicament contenant de la caféine?

Santé Canada a limité la quantité de caféine, toutes sources confondues, que peut contenir une boisson énergisante, et le total de la teneur en caféine doit être indiqué sur le contenant. Ainsi, un petit contenant de portion individuelle de boisson énergisante (250 ml ou moins) contiendra environ de 80 mg de caféine, tandis que les plus grands contenants de portion individuelle seront limités à une teneur en caféine de 180 mg. Par ailleurs, certains cafés du commerce contiennent plus de 400 mg de caféine par tasse, et pourtant, ces derniers ne sont pas tenus d'indiquer la teneur en caféine sur leurs contenants.

Pour les groupes qui sont préoccupés par le contenu en sucre des boissons énergisantes, il est important de souligner que plusieurs options sans sucre sont disponibles.

L'Association canadienne des boissons considère qu'une discussion objective et équilibrée sur la caféine est essentielle si nous voulons donner aux consommateurs l'information nécessaire pour faire des choix éclairés en matière de boissons.

Réponse d'Hugo Meunier

M. Goetz,

J'avoue avoir un peu de mal à saisir vos arguments sur la caféine et l'idée que j'aurais «fait fi de toutes les autres sources de caféine dans l'alimentation des Québécois.»

Votre association, par l'entremise de votre porte-parole, est pratiquement celle qui aborde le plus la question de la caféine dans l'ensemble du dossier. Il y a pourtant autre chose que de la caféine dans ces boissons et c'est justement autour de ces inconnus - et des inquiétudes qu'ils soulèvent - que se questionnent la plupart des intervenants cités dans le reportage. En reprenant ici presque point par point les arguments émis par votre porte-parole, l'association cherche vraisemblablement à passer un message au sujet de la consommation de caféine. Tant mieux si La Presse lui permet - une fois encore - de le faire. Pour ma part, je n'ai pas bu de café ni de thé, ou consommé du chocolat (ou si peu) ou des médicaments contenant de la caféine durant mon expérience. L'idée était justement de remplacer ma consommation de café par des boissons énergisantes.

J'estime que l'Association canadienne des boissons élude complètement le vrai débat en affirmant souhaiter «une discussion objective et équilibrée sur la caféine».

Je reste convaincu que les centaines de parents, enseignants, médecins et familles de victimes qui se sont manifestés à l'intérieur et en marge de notre dossier s'attendent à plus qu'un débat sur la caféine.

Bien à vous,

Hugo Meunier




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