Au-delà de l'indignation

L'auteur estime que les ouvriers des chantiers de... (Photo archives La Presse)

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L'auteur estime que les ouvriers des chantiers de construction devraient avoir le choix de leur affiliation syndicale.

Photo archives La Presse

Éric Duhaime

L'auteur est animateur à CHOI Radio X 91,9 et auteur de l'essai Libérez-nous des syndicats!.

Pendant que les Québécois se scandalisent, à juste titre, de ce qu'ils entendent quotidiennement à la commission Charbonneau, aucun élu n'avance encore de solutions constructives pour sortir le Québec de ce système mafieux.

Nos politiciens sont pourtant vites à proposer des solutions comme imposer des gicleurs à toutes les résidences pour personnes âgées au lendemain d'une tragédie, avant même de connaître les causes exactes du drame. Ou encore, interdire les signes religieux ostentatoires aux fonctionnaires, sans avoir répertorié un seul cas problématique.

Comment donc expliquer une telle omertà de la part de nos hyperactifs à l'Assemblée nationale, toujours habituellement prêts à s'imposer comme défenseurs de la veuve et de l'orphelin?

Quarante ans après la commission Cliche, les mêmes rackets entre le crime organisé et les syndicats sont révélés au grand jour. Les noms ont changé, le système est resté. Pire, la FTQ s'est depuis dotée d'un Fonds de solidarité avec un actif de 10 milliards dont profitent la mafia ou des Hells Angels. Et plus inquiétant encore, les liens entre le parti au pouvoir et la FTQ semblent plus incestueux que jamais.

La principale différence entre le Québec et les législations voisines, c'est justement que les lois québécoises octroient beaucoup plus de privilèges aux organisations syndicales.

Nulle part en Amérique, sauf au Québec, où on oblige TOUS les travailleurs de la construction à payer des cotisations à un des cinq syndicats reconnus.

La toute première réforme qui s'impose serait certes d'abolir ce monopole syndical sur la main-d'oeuvre pour redonner la liberté d'association à nos travailleurs, telle que prévue par nos chartes des droits. On obligerait ainsi les syndicats à mériter l'adhésion de chacun de ses membres.

Malheureusement, aucun des quatre partis représentés à l'Assemblée nationale n'ose défendre les gars sur nos chantiers. Comme si les Rambo de la FTQ ou de l'International intimidaient chacun de nos 125 élus. En privé, plusieurs reconnaissent qu'il s'agit de la chose à faire, mais, en public, ils sont tous muets comme des carpes. De quoi ou de qui ont-ils peur? Du riche lobby syndical qui empoisonnerait leur prochaine campagne électorale? Pas un seul député n'a même appuyé le syndicaliste et sonneur d'alarme Ken Pereira, qui réclame la mise sous tutelle de la FTQ-Construction.

Quant au Fonds de solidarité, encore là, aucun député n'a le courage de saluer la décision du gouvernement fédéral d'éliminer le 15% de crédit d'impôt dont profite ce type de fonds et, encore moins, de proposer d'abolir le 15% toujours octroyé par le gouvernement québécois. Seul le chef de la CAQ, François Legault, suggère une timide forme d'indépendance entre le Fonds de solidarité et la FTQ.

C'est bien beau et légitime d'être dégoûté par les témoignages de Jean Lavallée ou de Michel Arsenault devant la juge France Charbonneau. Mais il faudra un jour qu'un élu brise la loi du silence et ait le courage de proposer une solution durable au problème endémique de la corruption et de la collusion dans l'industrie de la construction. Sinon, l'actuelle commission d'enquête n'aura été qu'un vaste subterfuge.




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