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Rob Ford, digne de confiance ?

Malgré les controverses, Rob Ford a réussi quelques... (Photo AARON HARRIS, archives Reuters)

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Malgré les controverses, Rob Ford a réussi quelques bons coups à la tête de la Ville de Toronto.

Photo AARON HARRIS, archives Reuters

Donald Riendeau

L'auteur est directeur général de l'Institut de la confiance dans les organisations (ICO).

Crack, menaces, problèmes d'alcool, proximité avec le crime organisé, vidéo compromettante, destitution pour conflit d'intérêts, politicien canadien le plus médiatisé à l'étranger, etc. Pourtant, les plus récents sondages lui donnent près de 40% des voix, arrivant soit premier, soit deuxième, dans les intentions de vote ! Comment est-ce possible ?

La confiance est le mot de neuf lettres le plus essentiel, mais également le plus complexe. Tous les comportements, valeurs et attitudes mènent à solidifier ou à effriter celle-ci. Il est vrai que le principal ingrédient à la confiance est l'éthique et sur ce point, même les adhérents à la Ford Nation admettront que Rob Ford a lamentablement failli. Mais la confiance c'est aussi le courage, l'authenticité, l'engagement envers le citoyen, la compétence et les résultats. À titre d'exemple, si vous étiez un travailleur de la construction et qu'un opérateur manoeuvrait deux tonnes de briques au-dessus de votre tête, quelle valeur serait à ce moment la plus importante ? Son éthique ou sa compétence ?

C'est un peu la même chose pour le maire Ford. Malgré des dizaines de mensonges et ses problèmes de consommation, il n'en reste pas moins qu'il a contribué à des changements importants : réduction de la dette, renégociation des conventions collectives, etc. Quels étaient les résultats de ses prédécesseurs? Certes, ceux-ci n'ont pas fait l'objet de scandales personnels majeurs, mais les résultats sont bien maigres... Est-ce à dire qu'il nous faut un gros maire sans classe et à la vie personnelle à la dérive pour nous diriger plutôt que des maires intellectuels, biens habillés et qui plaisent aux groupes d'intérêts qui, dans l'ombre, dirigent notre société ? Ni un ni l'autre. Mais donnons à Rob Ford ce qui lui revient. Sensible aux préoccupations des citoyens, il a eu le courage de faire des changements et les résultats sont au rendez-vous.

Les Ontariens comme les Québécois recherchent des gens qui sont là pour le peuple, et ce, malgré leurs imperfections. René Lévesque était très loin d'être parfait. Serait-il demeuré premier ministre à l'ère des médias sociaux et de l'information instantanée ?

Malgré les très nombreux abus de confiance auxquels nous assistons depuis deux ans (Applebaum, Vaillancourt, etc.), il existe aussi des élus de confiance. Prenons l'authenticité et l'infatigabilité du maire Labeaume, lequel a obtenu un vote de confiance de 74%. L'on compte aussi les dames de fer du Québec : Nathalie Simon, Colette Roy-Laroche et Chantale Rouleau. Citons finalement l'initiative courageuse du député conservateur Michael Chong qui souhaite le rééquilibrage des pouvoirs entre le premier ministre et le Parlement, ou encore la députée Fatima Houda-Pépin qui, au nom de ses convictions et des Québécois, a osé briser la ligne de parti du PLQ.

Pour revenir au maire Ford, il sera peut-être réélu, mais il lui sera cette fois beaucoup plus difficile de mener à bien les changements sans véritable équipe, avec les médias aux aguets et dans un gouvernement minoritaire. L'engagement envers les citoyens et le courage sont certes importants, mais ils doivent être accompagnés de résultats.




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