Dallas, Texas, vendredi 22 novembre 1963, 12h30.Tous ceux qui ont vécu cette journée fatidique peuvent encore décrire leurs émotions, se souvenir où ils étaient précisément au moment où ils ont appris cette terrible nouvelle de l'assassinat du Président John F. Kennedy.

John Parisella

Depuis, le débat se poursuit à travers des récits de l'histoire à savoir s'il fut tué par un homme agissant seul ou s'il fut la victime d'un complot pour éliminer l'homme le plus puissant de la planète. Un demi-siècle plus tard, il est utile de se poser la question suivante: «Est-ce que la mémoire de John F. Kennedy demeure toujours pertinente en 2013?»

Pour mieux comprendre l'homme, nous devons faire un retour sur son époque, comprendre le contexte dans lequel il a gouverné et mesurer l'impact de ses réalisations. JFK a été le premier président américain né au 20e siècle (et le seul catholique et le plus jeune de l'histoire), héros de guerre (1939-45), fils d'un riche entrepreneur, il a siégé à la Chambre des représentants et au Sénat pendant 14 ans avant d'accéder à la Maison-Blanche. Au moment d'être élu à 43 ans, il est le plus jeune président de l'histoire des États-Unis et il représente une nouvelle génération d'aspirants au leadership de son pays.

Les 100 premiers jours de sa présidence ne sont même pas complétés qu'il subit un échec retentissant à la baie des Cochons où un assaut par des rebelles anti-Castro se termine par une défaite, faute d'un soutien aérien des Américains. Le président Kennedy assuma dignement la responsabilité de cet échec et il en tira des leçons qui l'aideront à faire face aux futures crises politiques de sa trop courte présidence.

Le jeune président ne s'est pas découragé par ce mauvais départ. Il se lance d'emblée dans plusieurs initiatives structurantes pour l'époque: le programme spatial, le contrôle des armes nucléaires et, graduellement, la lutte pour les droits civiques des Afro-Américains. Au moment de son assassinat, ses concitoyens et d'autres citoyens à travers le monde étaient graduellement tombés sous le charme de ce jeune président charismatique qui avait trouvé le pouvoir des mots pour inspirer et décrire sa vision d'avenir.

JFK a marqué l'Amérique et la planète tout entière surtout par son idéalisme, sa civilité imprégnée d'un excellent sens de l'humour et un engagement civique qui interpellait ses concitoyens. Voilà, selon moi, son principal héritage.

Le président Kennedy nous a rappelé dans son discours d'investiture (inaugural) que la civilité en politique n'était sûrement pas un signe de faiblesse. Il tendait la main à ses adversaires à l'intérieur de son pays et ceux au-delà des frontières américaines, il ne vilipendait jamais de façon mesquine le parti adverse (les républicains), et croyait fermement à une approche bipartisane pour légiférer et faire avancer son pays et la paix. Son discours prononcé près du mur de Berlin illustre bien cette approche - expliquer la réalité et élaborer des pistes pour changer cette réalité.

Son approche envers l'engagement civique fut élaborée dès son discours inaugural - «Ainsi, mes chers compatriotes américains: ne demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, mais bien ce que vous pouvez faire pour votre pays. Mes chers concitoyens du monde: ne demandez pas ce que l'Amérique peut faire pour vous, mais ce qu'ensemble nous pouvons faire pour la liberté de l'homme» (1). Il a appliqué cette approche à ses propres choix de vie. Il a formé les Corps de la Paix (Peace Corps) pour aider des pays en voie de développement. Il s'agit de l'un de ses plus grands legs.

Voilà pourquoi on doit se souvenir de JFK. 50 ans plus tard, son idéalisme, sa civilité et son engagement civique restent toujours pertinents.