Au début des années 80, les propriétaires recevaient un compte de taxe municipale et un compte de taxe scolaire. Le montant de chacun de ces comptes de taxes était à peu près égal. Devant les demandes pressantes des villes pour augmenter leurs revenus, le gouvernement provincial a décidé d'assumer en totalité les dépenses des commissions scolaires et de permettre aux municipalités d'occuper le champ de taxation ainsi libéré.

Robert Bertrand

Le compte de taxe scolaire était à toutes fins utiles éliminé, sauf une petite nuance, pendant que le compte de taxe municipale doublait. Pour le propriétaire, le montant total à payer demeurait sensiblement le même.

La petite nuance est la suivante: les montants versés par le gouvernement aux commissions scolaires étant normalisés, le gouvernement a autorisé les commissions scolaires à taxer pour des dépenses inadmissibles, c'est à dire qui excédent les normes gouvernementales établies. Exemple: pour des raisons de sécurité, transporter de jeunes enfants sur des distances inférieures aux normes établies représente une dépense inadmissible. Cette mesure entraînait pour le contribuable le paiement d'un paiement minime de taxes scolaires relié à des dépenses inadmissibles à des subventions.

De manière sournoise, le gouvernement décide de diminuer son financement aux commissions scolaires et de leur demander de taxer les propriétaires. Une double taxation. Il s'agit d'une manière de fonctionner inadmissible et... je laisse au lecteur le soin de qualifier un tel comportement.

On peut imaginer l'impact pour un propriétaire, père de famille, qui gagne moins de 40 000$ et qui doit maintenant assumer un compte de taxe scolaire de 400 ou 500$. Il est probable que les activités de loisir, l'habillement, la nourriture pour des parents et enfants en soient affectés. Pour ces personnes, 500$, ça représente une fortune

Cette décision aura également un impact pour des personnes âgées propriétaires d'une maison depuis 40 ou 45 ans, et pour les locataires, dont le loyer augmentera aussi en fonction de la hausse des taxes scolaires.

Le gouvernement Marois affirme que ses revenus ont diminué parce que les citoyens dépensent moins et économisent plus. Cela est faux. Les citoyens dépensent moins parce que le gouvernement taxe trop, de façon visible ou par des moyens détournés. Les citoyens ont moins d'argent, ils consomment moins, c'est pourquoi le nombre d'emplois diminue et que la pauvreté augmente. Même un enfant peut comprendre cela.