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Les petits bobos des Québécois

Une dame lave le visage de son enfant... (Photo NAVESH CHITRAKAR, Reuters)

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Une dame lave le visage de son enfant sur cette photo prise cette semaine à Bhaktapur, près de Katmandou, au Népal. Faire bouillir l'eau est la routine là-bas, puisqu'il n'y a pas d'eau courante.

Photo NAVESH CHITRAKAR, Reuters

Camille Morasse-Bégis

L'auteure est une étudiante-stagiaire de 20 ans à l'Université d'Ottawa.

Lors de la mini-crise d'eau potable à Montréal, tout le monde a paniqué. Encore une preuve de l'égocentrisme occidental.

Je suis présentement au Népal, dans la ville de Katmandou où je travaille dans une coopérative de produits équitables orchestrée entièrement par des femmes népalaises, pour la plupart issues de milieux défavorisés. Cette coopérative, qui existe depuis 1991, s'appelle la WEAN Multipurpose Cooperative. Depuis plus de 20 ans, la WEAN produit, distribue et fait la promotion de différents produits faits à la main, découlant du travail et de l'acharnement de femmes jeunes et moins jeunes.

Au moment d'écrire ces lignes, je suis dans mon bureau, adjacent à la salle de réunion où les membres du conseil d'administration sont réunies. Ce ne sont que des femmes. Cette coopérative est un magnifique exemple de l'empowerment féminin dans un pays en voie de développement, profondément patriarcal.

Même dans la grande capitale qu'est Katmandou, il n'y a pas d'eau potable. Il n'y a même pas d'eau courante. Ici, on fonctionne avec des réserves d'eau, que ce soit pour la douche, pour boire ou pour laver les vêtements. Et oui, il faut faire bouillir l'eau. Tous les jours, toutes les semaines et toute l'année.

En plus - les Montréalais se rouleraient par terre de douleur -, il y a des coupures d'électricité pendant plus de 10 heures par jour. Et comme c'est la saison de la mousson qui s'entame, eh bien hier, le ciel s'est déchaîné. En rentrant, j'avais de l'eau qui m'arrivait à mi-mollet en marchant dans une rue qui ressemble à la rue Sainte-Catherine à Montréal.

La réaction des Montréalais face à la petite crise de l'eau potable ne m'étonne même pas. Je sais qu'il ne faut pas généraliser, mais bon, une grande majorité des Occidentaux ne sont préoccupés que par leur propre confort et bien-être. Qu'importe le sort des autres puisqu'il ne nous affecte pas!

Les maux que nous connaissons au Québec sont tellement minimes face à tous les défis et conflits qui freinent et affectent un grand nombre de pays de notre monde !

Bien que ça n'arrivera probablement jamais, je souhaite qu'un jour, il y ait un éveil de conscience collectif qui fera réaliser aux Occidentaux à quel point ils sont choyés, malgré certains jours plus difficiles, de vivre dans un pays comme le leur.

Trop de gens font l'autruche face aux réalités criantes qui définissent chaque jour le quotidien de femmes, d'hommes et d'enfants. J'ai décidé de ne pas être une autruche. N'importe quoi, mais pas ça!




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