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Un mandat trop timide

Stéphane Bergeron, ministre de la Sécurité publique... (Photothèque Le Soleil)

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Stéphane Bergeron, ministre de la Sécurité publique

Photothèque Le Soleil

Guillaume Faucher

L'auteur est un étudiant à la maîtrise en science politique à l'UQAM.

L'annonce de la création d'une commission spéciale d'examen sur les évènements du printemps étudiant faite par le gouvernement Marois n'est pas, en soi, une mauvaise idée. En fait, elle est incomplète.

Il faut reconnaître que le gouvernement n'a pas fermé les yeux et a agi en réponse aux demandes incessantes d'une partie de la population, aussi mince soit-elle, pour une enquête sur les agissements policiers lors des évènements entourant la grève étudiante. En démocratie, quand une minorité se sent lésée, particulièrement quand il est question d'insécurité, il est du devoir des gouvernants de tenter de les rassurer.

Malheureusement, la réponse du gouvernement est trop timide et tout porte à croire que cette commission spéciale n'aura pas les effets escomptés, car elle ne répond pas aux besoins exprimés par la population.

Lorsqu'il est question de sécurité publique et de justice, les citoyens s'attendent à ce que le processus d'enquête soit transparent et public. Contrairement à une commission d'enquête publique, la commission spéciale d'examen se fera à huis clos et les citoyens devront faire preuve d'une confiance aveugle envers les commissaires.

Déjà sur les réseaux sociaux, certains commentaires concernant le travail des policiers pendant le sommet des Amériques à Québec émis par Serge Ménard alors qu'il était ministre de la Sécurité publique circulent. D'autres internautes remettent en question la sélection de Claudette Carbonneau qui serait trop près des manifestants. Malheureusement, il n'y aura jamais d'unanimité sur un sujet qui attise autant la colère des gens si le processus n'est pas complètement transparent.

Il faut un vrai débat d'idées public qui permette au citoyen de sentir qu'il fait partie de cette démarche de réconciliation. Car, oui, il s'agit bien d'une commission de réconciliation comme nous en avons vu dans bien des pays après des conflits sociaux. Combien de fois ai-je entendu l'argument qui rejette les doléances des citoyens s'étant sentis lésés sous prétexte que tout aurait été bien pire dans une dictature? Combien de fois ai-je entendu des manifestants verser dans l'excès en tentant de faire passer Jean Charest pour Pinochet? Il est temps d'en finir avec les exagérations grotesques et cette rhétorique de bas étage qui règne au Québec depuis un an.

Finalement, il faut s'intéresser aux pratiques policières lors de mouvements sociaux de masse indépendamment de la position que nous avions dans le débat sur les droits de scolarité. Malheureusement, le mandat de la commission est si large qu'on risque de revivre un affrontement émotif entre carrés rouges et verts qui ne fera pas progresser le débat. Il faut oublier cette question qui nous a divisés, laisser de côté nos idées préconçues et traiter cette histoire comme un problème de sécurité publique. Une commission d'enquête publique ou une commission parlementaire aurait permis ce dialogue. À quoi sert-il de réfléchir collectivement si nous ne pouvons pas y assister?

Le gouvernement Marois tente de calmer les esprits en repoussant le débat jusqu'à la parution du rapport. Malheureusement, ce dont aurait besoin le Québec, c'est d'une commission avec un mandat fort qui permette de blanchir les acteurs qui n'ont rien à se reprocher dans les événements du printemps dernier et de blâmer ceux qui ont mal agi.

Si le sentiment d'insécurité et de méfiance qui règne entre policiers et citoyens à Montréal se dissipe, alors le ministre aura atteint son objectif, mais permettez-moi d'en douter.




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