Un coup de pouce louable

Claude Rompré

L'auteur est un enseignant à la retraite qui réside à Shawinigan. Il entretient un réseau caritatif personnel depuis 15 ans à Cuba.

Il y a près de chez moi 47 travailleurs agricoles guatémaltèques qui travaillent dans les serres de tomates chez Savoura à St-Étienne-des-Grès. Je connais et voisine un certain nombre d'entre eux parce que je parle leur langue. J'en ai même invité quelques-uns à venir prendre un repas chez moi.

J'ai fait leur connaissance surtout chez Super C et Maxi où ils vont faire leurs emplettes. Et puis chez Canadian Tire où ils vont s'émerveiller devant l'abondance et la grande variété des produits de quincaillerie. Quelques-uns rapporteront des outils dans leur pays à leur retour parce qu'ils posséderont ainsi chez eux les outils qui en feront des maîtres ébénistes ou des travailleurs en grande demande dans le domaine de la construction.

Il est vrai que ces travailleurs étrangers font beaucoup d'heures au salaire minimum. Il faudrait ajouter que, dépassé un certain nombre d'heures, ils ont droit au temps et demi et à des bonis de production. Ils ont aussi droit aux avantages sociaux et soins de santé comme n'importe quel citoyen canadien. Et ils en sont fiers.

C'est un peu comme nos travailleurs qui allaient à la Baie-James et qui travaillaient 60-70 heures par semaine. Rien d'autre à faire que de travailler et de dormir à cause de l'isolement et du désir de gagner le plus d'argent possible. Même chose pour ces travailleurs étrangers qui vivent isolés parce qu'ils ne parlent pas notre langue et n'ont aucun motif pour l'apprendre.

Ces «étrangers» se bousculent pour obtenir le permis qui leur permet de venir travailler chez nous. Les critères de sélection, là-bas, sont très sévères: bonne santé, bonnes moeurs, bonne réputation. Ils viennent ici pour gagner en 10 ou 11 mois ce qu'ils gagneraient en 7 ou 8 ans chez eux. Après deux contrats, pour les chanceux qui le peuvent - sur recommandation de leur employeur -, ils peuvent se bâtir une maison convenable qui remplacera celle au plancher en terre battue et au toit de chaume qu'ils ont dans leur village là-bas. Avec le réfrigérateur et la télévision en plus.

On peut s'apitoyer sur leur sort de travailleurs étrangers au salaire minimum qui triment dur ici durant de longues heures sous le soleil de notre été. Mais que penser des travailleurs chiliens qui, là-bas, récoltent le raisin que nous payons 1,99$ la livre dans nos épiceries? Et les cueilleurs de café colombiens qui nous procurent notre boîte de 475 grammes à 6,99$? Et les cueilleurs marocains de clémentines que nous payons ici 4,99$ la caisse?

C'est sûr que nos centrales syndicales «querens quem devoret», comme disaient les Romains - cherchant qui dévorer -, ont intérêt à les faire passer un peu comme des esclaves modernes parce qu'ils sont pauvres.

Mais c'est là un moyen fort louable d'aider les pays étrangers en passant directement de l'argent à des travailleurs au lieu de faire transiter de l'aide financière à des gouvernements qui vont dans la plupart des cas en prélever une grosse partie pour les petits amis du régime en place.




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