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Le crime organisé

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Gilles Cloutier

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Simon Talbot

L'auteur est étudiant en sécurité et études policières à l'Université de Montréal.

Selon le Code criminel, une organisation criminelle est un groupe «composé d'au moins trois personnes se trouvant au Canada ou à l'étranger» et «dont un des objets principaux ou une des activités principales est de commettre ou de faciliter une ou plusieurs infractions graves qui, si elles étaient commises, pourraient lui procurer - ou procurer à une personne qui en fait partie - , directement ou indirectement, un avantage matériel, notamment financier». La définition d'une organisation criminelle est ainsi plutôt large.

Par contre, quand on parle de crime organisé, il ne vient inévitablement à l'esprit qu'une image classique de mafieux italiens ou de motards gérant des opérations complexes de trafic de drogue ou de prostitution. Pourtant, cette conception caricaturale du crime organisé, tout droit sortie de films américains comme Le Parrain de Coppola, n'a pas toujours été la norme.

Au début du XXe siècle, le concept de crime organisé était encore davantage associé à la corruption de fonctionnaires, de policiers et de personnages politiques. Puis, avec l'arrivée de la prohibition, le terme a été récupéré par la classe politique et divers lobbys et entrepreneurs moraux dans le but de cibler les trafiquants d'alcool de contrebande pour en faire un enjeu politique majeur. Cette tendance s'est poursuivie au fil du temps, renforcée entre autres par la «war on drugs» américaine.

Le concept de crime organisé ayant ainsi tranquillement été détourné de son sens initial, les avantages pour les politiciens étaient considérables. Le crime organisé étant maintenant perçu comme une menace extérieure qu'il faut combattre, les politiciens se sont complètement sortis de l'équation.

Encore aujourd'hui, à la commission Charbonneau, on parle de fonctionnaires et politiciens corrompus par des individus ayant des liens avec le crime organisé, mais jamais comme faisant partie d'une organisation criminelle. Toutefois, quand on regarde les stratagèmes impliquant des gens comme Gilles Cloutier, des entrepreneurs et des politiciens, n'assistons-nous pas à des groupes composés d'au moins trois personnes dont un des objets principaux est de commettre ou de faciliter une ou plusieurs infractions graves (financement illégal, corruption, collusion) qui, si elles étaient commises, pourraient lui procurer - ou procurer à une personne qui en fait partie -, directement ou indirectement, un avantage matériel, notamment financier (campagne électorale financée, obtention de contrats publics, etc.)?

Serait-il temps de revoir notre conception biaisée d'organisation criminelle et de crime organisé pour inclure ces éléments et y accorder une attention policière accrue? La question se pose...




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