En réponse aux questions soulevées par les médias sur la rémunération accordée par l'Université Concordia à son recteur, il m'apparaît important d'apporter certaines précisions relativement aux conditions qui ont présidé à son embauche.    

Norman Hébert Jr.<br><i>L'auteur est président du conseil d'administration de l'Université Concordia.</i> LA PRESSE

Le recteur de l'Université Concordia est beaucoup plus qu'un administrateur de premier plan. Il se doit de demeurer à la fine pointe de la connaissance touchant l'enseignement dispensé par l'établissement tout en étant capable d'assurer la vision qui garantira la pérennité de son succès. Les personnes possédant de telles qualités sont rares et en très forte demande à travers le monde. Les conditions d'embauche consenties à notre recteur, y compris les clauses reliées à la performance, reflètent cette situation et sont comparables à celles accordées par toutes les institutions canadiennes de la même importance que l'Université Concordia.

Rappelons que l'Université Concordia contribue grandement à l'économie et au développement culturel et social de Montréal et du Québec. En assurant la formation des 46 000 étudiants qui la fréquentent quotidiennement, dont plus de 5200 viennent de l'extérieur du pays, elle produit une richesse générant 1,3 milliard de dollars en retombées quantifiables, créant 7000 emplois et contribuant à la productivité, à la compétitivité, à la capacité d'innovation, au bassin de capital humain et à la renommée internationale du Québec. Ces données témoignent à elles seules des compétences administratives requises pour gérer efficacement l'organisation et ses nombreuses parties prenantes.

Je me dois d'insister sur le fait que l'Université Concordia fait preuve de la plus grande rigueur administrative. Elle jouit d'une situation financière saine et présente un déficit accumulé parmi les plus bas au sein des universités québécoises. La pénalité de deux millions de dollars imposée à l'Université Concordia, en mars dernier, l'a été non pas pour cause de gestion inadéquate, mais plutôt en relation avec les indemnités de départ versées à certains cadres. J'aimerais rassurer la population quant au fait que cette somme est déduite directement de celles versées à l'établissement par le gouvernement au cours de l'année et que ce processus est sans appel.

Notre conseil d'administration a démontré beaucoup de courage au cours des 18 derniers mois en invitant deux comités externes à fournir des recommandations sur les meilleures pratiques en matière de gouvernance et en mettant en oeuvre leurs recommandations, qui reflètent les plus hauts critères de saine gestion. L'Université Concordia reste déterminée à maintenir la tradition d'excellence qui a fait sa réputation, et sera toujours ravie de collaborer avec les autorités gouvernementales afin qu'il en demeure ainsi.