Les vrais riches

LA PRESSE

Les vrais riches

Si Mme Marois juge qu'il est nécessaire d'imposer davantage les soi-disant «riches» pour accroître ses appuis électoraux de gauche au Québec, elle pourrait au moins avoir la décence de viser la bonne cible. Ce ne sont pas les gens du secteur privé qui gagnent 130 000$ par année qui sont parmi les plus fortunés au Québec, mais bien les hauts fonctionnaires qui bénéficient de régimes de retraite à prestation déterminée, indexés au coût de la vie. Selon l'Institut C.D. Howe, ces régimes ont une valeur pouvant atteindre 2 millions pour chacun de ces hauts fonctionnaires au moment de leur retraite. C'est dans ces régimes de retraite que se trouve la vraie richesse au Québec, régimes qui n'ont plus aucune justification dans la réalité d'aujourd'hui. Les travailleurs du secteur privé gagnant un salaire équivalent, et qui auraient versé le maximum éligible dans un REER chaque année, auraient accumulé moins de la moitié de ce montant. Or, quand on ajoute les impôts, les taxes à la consommation, les taxes foncières et tous les autres impôts directs et indirects en vigueur au Québec, c'est plus de 60% du revenu total de ces contribuables qui passent en impôts et en taxes. Il est utopique de penser qu'ils auraient versé le maximum éligible dans leur REER chaque année.

Luc Marcil, Lorraine

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Un généreux filet social


Je suis moi-même plutôt bien nanti, avec une bonne pension et un revenu de travail à temps partiel. Je paie pour des services dont je n'ai jamais bénéficié, et dont je ne bénéficierai jamais. Comme je n'ai jamais eu de problème de santé, on ne peut pas dire que j'en ai pour mon argent. Les bien nantis voudraient qu'on se plaigne de leur sort; je ne me rappelle pas que le fait d'imposer la taxe santé de 200$ à tout le monde ait entraîné un tel tapage médiatique. Un contribuable qui gagne 30 000$ paie actuellement le même montant que celui qui en gagne plus de 130 000$. Je suis contre le fait de modifier la table d'impôt de façon rétroactive, mais je suis en accord avec l'abolition de la taxe santé. Je suis fier de la couverture sociale que s'est donnée le Québec depuis la Révolution tranquille. Bien sûr, on paie plus d'impôt que partout ailleurs en Amérique du Nord. Mais j'ai un fils qui demeure aux États-Unis avec sa petite famille: les garderies, les congés de maternité, les services hospitaliers, tout y est plus cher. Si vous n'avez pas d'assurances, oubliez ça!

Pierre Martin, Trois-Rivières

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Attiré vers Ottawa


Résidant à Gatineau, l'option de déménager à Ottawa, et ainsi de profiter d'un allègement fiscal de plusieurs milliers de dollars en impôts, est de plus en plus attrayante. Mon fort attachement au Québec et à sa culture a toujours pesé plus lourd dans la balance que les impôts plus élevés. La perspective d'une augmentation comme envisagé par le gouvernement Marois pourrait très certainement faire pencher la balance vers un déménagement...

Marc Laroche

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Parlons de «régressivité»


Depuis la victoire de Pauline Marois, on entend le mot «régressif» à outrance, mais sur un seul sujet: la taxe santé. Effectivement, on peut parler d'une taxe régressive, mais il faudrait que Mme Marois et sa suite arrêtent de parler de 5 millions de contribuables touchés: 1 million (les plus démunis) ne la paient pas et 1,5 million n'en paient qu'une partie. Mais la vraie «régressivité», c'est au niveau des programmes dits «sociaux» qu'on la trouve. Comment un gouvernement qui se dit aussi soucieux de «faire payer les riches» peut-il trouver acceptable de donner la même subvention de 18 000$ à une famille gagnant 250 000$ qu'à la famille monoparentale gagnant moins de 20 000$? Pourtant, c'est ce qu'on fait: 18 000$, c'est ce que coûtent annuellement deux enfants dans une garderie à 7$! Le modèle social si cher au PQ est en fait un modèle égalitaire et socialiste dont bénéficient surtout les privilégiés du Québec: les travailleurs syndiqués de la classe moyenne, spécialement ceux du secteur public.

Réal Boulet, travailleur autonome de Châteauguay

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Indiscipline fiscale


Dans la plus pure tradition «redistributionniste», le Parti québécois de Pauline Marois veut changer les règles fiscales dans un but avoué électoraliste: un exemple de populisme qui nous ramène à la Grande noirceur. On prend la voie facile de confisquer une part encore plus importante des avoirs de la population surtaxée qu'on prétend vouloir aider. On veut votre bien, et on l'aura immédiatement, le tout sans le préciser au préalable, avec une majorité écrasante de 0,7% du vote populaire. Revoilà ce scénario des «cages à homards» déjà abordé dans le passé par ce parti. L'indiscipline fiscale, où les politiciens promettent mer et monde à leurs électeurs, sans égard aux dépenses, mène à la faillite. Quelle est la prochaine étape? S'approprier les épargnes des citoyens pour le plus grand bien de l'État? Puiser dans la Caisse de dépôt pour payer le quotidien? Veut-on vraiment d'un Québec qui est un croisement entre la Grèce et l'ancienne Union soviétique?

Robert Filiatrault, Greenfield Park