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Le plan Harper, un développement non durable

Le premier ministre Stephen Harper.... (Archives PC)

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Le premier ministre Stephen Harper.

Archives PC

Damon Matthews
L'auteur est professeur agrégé au département de géographie
, d'urbanisme, d'environnement de l'Université Concordia.
Cyberpresse

Le 20e anniversaire du sommet de la Terre de Rio de Janeiro devrait être une occasion de célébrer.

Au lieu de cela, le Jour de la Terre pourrait bien se transformer au Canada en triste jour du souvenir - un souvenir de l'époque où les leaders mondiaux ont répondu à l'appel et se sont engagés dans des actions visant à ralentir les changements climatiques et à préserver les ressources naturelles du globe.

Au lieu de cela, notre gouvernement a renié son engagement envers l'environnement.

La meilleure preuve en est le récent budget fédéral. Il suffit de constater le bâillonnement à grande échelle des scientifiques du gouvernement fédéral ou les nouvelles coupes substantielles à Environnement Canada : non seulement les politiques du gouvernement mettent-elles un terme aux progrès déjà réalisés sur le front environnemental, mais elles nous ramènent en arrière.

De surcroît, ne nous méprenons pas sur la prétendue « rationalisation » du processus d'évaluation environnementale : il s'agit tout simplement d'une abdication de la responsabilité fédérale de protéger l'environnement.

Dans le même ordre d'idées, le gouvernement Harper consolide son engagement envers le développement de l'exploitation des sables bitumineux. Or, il n'existe aucun moyen d'exploitation durable des sables de l'Alberta.

Comparativement aux autres sources de combustibles liquides, le pétrole issu des sables bitumineux produit plus de dioxyde de carbone par unité d'énergie. Il s'ensuivra un réchauffement planétaire plus intense et plus rapide. Le changement de température qui découle des émissions de dioxyde de carbone provenant des activités humaines est irréversible.

Le résultat? Une croissance économique à court terme au prix de dommages environnementaux à long terme.

Le gouvernement choisit de répondre à nos besoins actuels en compromettant la capacité des générations futures à répondre aux leurs. Voilà la définition exacte d'un développement non durable.

Les changements environnementaux à l'échelle planétaire nous toucheront tous. Cette année, en ce Jour de la Terre, nous devons nous demander ce qui compte véritablement pour nous et ce que nous ne sommes pas prêts à perdre.

Souhaitons-nous ne plus avoir la possibilité de patiner et de jouer au hockey sur des patinoires extérieures naturelles? Il deviendra de plus en plus difficile de pratiquer ces activités au fur et à mesure que les hivers canadiens continueront de se réchauffer.

Souhaitons-nous payer plus pour les aliments et commodités essentielles? L'augmentation de la température, les conditions météorologiques inhabituelles et les sécheresses plus fréquentes pourraient menacer la production agricole dans le monde entier.

Souhaitons-nous perdre la riche diversité des écosystèmes que constituent les récifs coralliens? Les émissions permanentes de dioxyde de carbone entraîneront une augmentation continue de l'acidité des océans et compromettront la santé de ces habitats océaniques.

Voilà où nous mène le programme anti-environnemental du gouvernement fédéral.

Nous n'avons pas à accepter l'avenir hypothéqué que nous propose notre gouvernement en suivant ses traces. Nous n'avons pas à gaspiller nos richesses environnementales au profit des pétrolières.

Au contraire, nous devons choisir une autre voie, une voie qui donne la priorité à un avenir plus brillant, tant pour nos enfants que pour ceux du monde entier.

Il nous faut imaginer un meilleur chemin et nous mettre en route - avec ou sans le gouvernement Harper.

En juin, la Conférence Rio+20 des Nations unies sur le développement durable pourrait bien représenter l'une des premières étapes sur un chemin inversant la marche actuelle vers un développement non durable irréversible.

Notre question à Stephen Harper et aux membres du Parlement est simple : êtes-vous prêts à prendre position au nom des générations futures et à réaffirmer notre engagement envers la durabilité environnementale?

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Ce texte est cosigné par: Lawrence Mysak, professeur émérite au département des sciences atmosphériques et océaniques de l'Université McGill; Navin Ramankutty, titulaire d'une chaire de recherche du Canada et professeur agrégé au département de géographie de l'Université McGill; Jeanine Rhemtulla, professeure adjointe au département de géographie de l'Université McGill; et Nigel Roulet, professeur James McGill de biogéosciences et directeur du Centre sur les changements climatiques et environnementaux à l'échelle du globe de l'Université McGill.




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