L'actuelle crise économique est une chance de nous rattraper! En effet, le chronomètre écono est à zéro; mais attention, c'est définitivement aussi le départ d'un nouveau type d'économie. Celle de la connaissance. Dorénavant, l'avantage compétitif reposera indiscutablement sur les hautes compétences de la main-d'oeuvre. Sommes-nous prêts?

Mis à jour le 18 févr. 2010
Louis Antoine Muhire.<br><br><i> L'auteur est étudiant en communications à l'Université Saint-Paul d'Ottawa.</i>

On peut affirmer sans crainte que le retour des manufactures au Canada est improbable, du moins pas le genre qui celles qui sont parties en Asie. Car malgré les allégements fiscaux, le cheap labour canadien reste plus cher que le col blanc chinois. Une chance que la crise est arrivée!

Puisque les hausses des taxes ne peuvent financer indéfiniment le bien commun, l'ouverture à outrance de notre marché au nom du capitalisme risque de nous transformer en société d'assistés si nous loupons le départ de cette économie du savoir!

Parce que la France prévoit un investissement sans précédent dans ses universités. En Inde, la bataille de Gandhi continue et la Chine forme plus d'ingénieurs que nul autre pays au monde. Les Émirats arabes unis ont décidé d'investir dans la R&D en haute technologie. Bombardier délocalise au Mexique, parce que leurs techniciens sont aussi bons que ceux de nos collèges. Et au Canada?

Aujourd'hui, l'étudiant moyen canadien mène un parcours du combattant. Si vos parents sont assez riches pour vous soutenir, remerciez le ciel. Parce que nous sommes nombreux à étudier, l'armada de fonctionnaires de l'aide financière au dos. Nous sommes en classe la semaine le jour, et nous travaillons le soir et fin de semaine. Nous rationalisons le pain, le lait et parfois allons faire l'épicerie à la banque alimentaire proche de chez nous.

Notre mission n'est plus d'aller le plus loin que notre cerveau nous permet, mais de sortir de l'école le plus vite possible; avec le moins cher des diplômes. Voilà pourquoi mes amis et moi ne sommes plus intéressés à devenir ni ingénieurs, ni médecins. C'est devenu tout simplement trop douloureux.

Je ne prêche pas la gratuité des universités comme dans certains pays. Je ne prêche pas l'octroi des prêts et bourses à l'aveuglette. Tout ce que je vous demande, monsieur le premier ministre et autres décideurs, c'est de nous communiquer vos mantras. Ainsi, nous endurerons dans l'espoir des jours meilleurs, vu qu'il serait suicidaire d'ignorer l'agressivité économico-intellectuelle des BRICains (Brésil, Russie, Inde et Chine).

On veut un plan pour nous permettre d'envisager faire carrière au Canada. Le plan pour nous permettre de rivaliser avec la jeunesse BRICaine. Un plan pour garder le Canada au sein du G8. Car en matière de création d'emploi de haute qualité, nous avons l'impression que le baril canadien se vide plus vite que le contraire. Avons-nous tort ?

L'urgence que vous avez manifestée devant la grippe A(H1N1), devrait s'appliquer dans notre cause. Parce que l'homme d'affaires canadien n'hésitera pas à déménager là où la main-d'oeuvre est moins chère, si qualifiée. Étant donné que nous ne pouvons tous être fonctionnaires et que les sables bitumineux n'ont plus la cote, s'expatrier devient une option envisageable.

Cordialement. D'un futur contributeur à votre caisse de retraite