Au-delà des mots prononcés à maintes reprises par la ministre de l'Éducation concernant les changements à apporter pour corriger le tir de la réforme en éducation, le mécontentement persiste toujours dans le corps professoral. Selon plusieurs acteurs oeuvrant dans le milieu scolaire, ce renouveau pédagogique est catastrophique, mais plusieurs experts y adhèrent toujours en y présentant ses bienfaits.

François Bellefeuille<br><br><i>L'auteur est enseignant au primaire à Lachine.</i>

Pourtant, cette réforme subie depuis plusieurs années maintenant, fait de moins en moins d'adeptes chez les enseignants qui, par le passé, ont été très peu écoutés dans leurs recommandations pour améliorer notre système éducatif. Force est de constater que l'enseignement par compétences commence à laisser des traces indélébiles chez les élèves québécois.

À ce titre, pensons comme le souligne si bien M. Joseph Facal (La Presse, mardi 19 janvier), au haut taux d'abandon scolaire, au glissement important de nos résultats aux classements internationaux et bien sûr au manque flagrant de connaissances transmises à nos élèves occultées par une trop grande place laissée aux compétences tant prisées par les hauts dirigeants en éducation.

Pourtant, un cri d'alarme a été lancé par les enseignants lors d'une vaste consultation réalisée par la Fédération autonome de l'enseignement (FAE) pour connaître le taux de satisfaction des enseignants face à la réforme. Les résultats obtenus ont été percutants. Ce document, intitulé «Une autre école est possible», a été déposé à la ministre Michelle Courchesne afin de proposer des solutions tangibles pour remplacer la réforme en faisant des connaissances l'élément moteur du parcours scolaire des élèves. Malheureusement, nos élus semblent encore faire la sourde oreille face à la nécessité d'arrêter ce gâchis institutionnalisé et apportent des changements qui sont simplement de la poudre aux yeux pour faire taire les principaux détracteurs.

Agissons rapidement car nous sommes en train de sacrifier plusieurs jeunes par manque de courage politique. Espérons que nos décideurs entendront raison, car plusieurs jeunes enseignants quittent aussi l'enseignement, découragés par le manque de constance dans la profession (33% d'abandon). Il y a péril en la demeure!