Quelle est votre réaction à l'attentat qui a fait un mort et un blessé lors du discours de victoire de la nouvelle première ministre du Québec, Pauline Marois?

LA PRESSE

Vraiment trop chaud

Hier matin, j'anticipais que ça allait être chaud, très chaud, en cette journée électorale. Je ne pensais pas une seule minute que ça le serait jusqu'à l'arrière-scène de la nouvelle Première ministre élue. Pour une fin de soirée dramatique, c'en fut toute une.

Il faut espérer que ce fut un geste très isolé, posé par un individu n'ayant pas toute sa tête. Si ce devait être l'indice d'un moindre mouvement, ce serait très inquiétant. La nouvelle Première ministre, autant que tous les autres leaders politiques ou sociaux, devront unanimement appeler au calme. Au premier chef, madame Marois devra sérieusement songer à pondérer son enthousiasme. À court terme, elle devra jouer à la chef d'État avec un discours qui sera le plus rassembleur possible. Il pourrait même être avisé qu'au moins pour quelques semaines, elle évite de prononcer les mots « pays », « souveraineté », « référendum », etc. En théorie, elle aurait bien le droit d'en parler; en pratique, ce pourrait ne pas être très sage.

Loin de moi l'intention de jeter une seule goûte d'huile sur le feu. Il n'en demeure pas moins que depuis quelque temps, il semble que de plus en plus de Québécois ont la mèche de plus en plus courte. Vous me direz que ce n'est pas un phénomène strictement québécois. Mais si on est un grand peuple, une société distincte, ou appelez ça comme vous voudrez, il ne faut pas se cacher la tête dans le sable en prétendant qu'on n'est tout simplement pas pire que les autres. Tous autant que nous sommes avons le devoir d'allonger nos mèches. On ne peut pas se permettre de laisser madame Marois toute seule. Aujourd'hui, nous avons la chance de prouver que le « devoir de citoyen » ne se limite pas à tracer un X dans un petit rond : nous devons faire tout ce qui est possible pour aider notre nouvelle Première ministre à calmer le jeu.

Jacques Cloutier, Montréal

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Chronique d'un attentat annoncé

Les politiciens ont alimenté de vifs sentiments de colère et de peur par leurs discours de campagne électorale. La population était déjà profondément divisée depuis des mois par un gouvernement libéral qui a volontairement entretenu la hargne entre certains groupes de citoyens et c'est dans ce climat explosif que les politiciens en ont remis en jouant avec des discours stigmatisant les francophones souverainistes. Je crois qu'il faudra sérieusement penser à faire de la politique autrement, c'est la responsabilité des politiciens aujourd'hui d'admettre qu'ils sont allés trop loin, en diabolisant un groupe de la population.

Lucie Lecomte

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Faire un examen de conscience


L'attentat d'hier est déplorable et une bien mauvaise nouvelle pour la démocratie au Québec. Il est toutefois encore un peu trop tôt pour connaître les véritables motivations du suspect. À en juger toutefois par les images diffusées hier soir, le suspect s'exprimait visiblement avec un accent anglophone et s'est hâtée de crier « les Anglais se réveillent ». Je ne peux m'empêcher d'y voir un lien, dans cet attentat, avec les chroniqueurs des médias anglophones qui n'hésitent pas à dépeindre, sans nuance, le Québec comme une société raciste, xénophobe et intolérante. À force de s'abreuver de ce type de discours et de se sentir continuellement persécuté, il n'est pas étonnant que les éléments les plus radicaux et instables de la communauté anglophone cèdent à des actes de violence. Bref, je pense que les médias anglophones auront bientôt un examen de conscience à faire pour faire preuve d'un peu plus de sens critique lorsque leur discours dépasse les bornes et devient carrément un appel à la violence.



Benoit Bissonnette


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Vous méritez mon respect

Cet événement me touche particulièrement. Comment peut-on en 2012, vouloir mettre fin à vie de plusieurs personnes, simplement parce qu'ils ne partagent pas les mêmes convictions politiques? Heureusement que l'arme s'est enrayée, sinon quel aurait été le résultat? Courage à Mme Marois et au Parti québécois.  Je n'ai pas voté pour vous, mais vous méritez tout mon respect. 



Sébastien Marette


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J'ai honte

Un précédent vient d'être établi au Québec. Voyez où la crainte de l'autre peut mener, voyez où la haine peut mener. J'ai honte. J'ai honte, car, dans la grande absurdité des choses, un homme est mort par la folie d'un autre. Un homme est mort par la peur de l'autre. Un homme est mort pour rien. J'ai la mort à l'âme et la mort me ronge. J'ai mal à mon Québec, lui aussi rongé par cette nouvelle. Il y avait moi et nous hier, maintenant il y a nous tous aujourd'hui, plusieurs changés par cette indécence, ce ridicule. Aujourd'hui, restons ensemble, le drapeau en berne.

Gabriel Pelletier, étudiant

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Un souhait


J'espère que cette tragédie ne sera pas exploitée pour ceux qui veulent semer la haine entre les Québécois.

Andrés Garcia

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Déplorable

Un attentat contre la femme et toutes les femmes.  Résultat des campagnes de peurs, du passé et de la dernière campagne, un monde d'ambition qui monte le peuple contre ses propres enfants et ses propres femmes. Enfin, contre tous ceux qui croient en la justice et la démocratie, telle qu'elle devrait être.

Denis Robitaille

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Rien ne lui fera peur

Si vous avez suivi la soirée des élections à la télévision, vous avez peut-être remarqué comme moi avec quelle assurance la chef péquiste Pauline Marois a affronté l'attentat survenu au Métropolis. À n'en pas douter, nous avions devant nous une première ministre à qui rien ne fera peur.

Sylvio Le Blanc, Montréal

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En état de choc et en deuil

Quelque chose vient d'être brisé.  Quelque chose d'important et de sacré.  L''idée que nous devons respecter l'autre, même si nous ne sommes pas d'accord, le respect envers ceux qui ne pensent pas comme moi et donc le respect envers moi de la part de ceux qui ne pensent pas comme moi.  Comment le Québec ressortira-t-il de cet événement? C'est une tragédie qui touche l'ensemble des Québécois. Que devons-nous en tirer? Peut-être plus d'amour et de respect envers les uns et les autres, de soutien envers ceux qui vivent des souffrances psychologiques, d'apprendre à échanger nos idées dans un climat de respect mutuel?  Je cherche. Je cherche de la lumière pour ne pas sombrer.

Myriam Vear

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Consternation et tristesse

L'homme qui a commis ces gestes insensés, replongeant en un instant la province entière dans une grande noirceur, cet homme ne peut pas, ne doit pas être sain d'esprit. Il nous faut souhaiter vivement qu'il s'agisse d'un déséquilibré, d'une de ces erreurs de la nature dont celle-ci se sert périodiquement pour rappeler l'humanité à l'ordre.

Quelles que soient les raisons - médicales, politiques ou autres - derrière cet attentat, il y aura un débat sur l'accessibilité aux armes, sur le laxisme dans la sécurité, sur le travail des forces policières. Ce débat est d'avance tout aussi inquiétant que les actions posées cette nuit, car il ne pourra que déboucher sur un resserrement des contrôles et des procédures visant à empêcher que de tels actes se reproduisent. Si cet objectif est louable en soi, il n'était pas nécessaire avant hier soir. Or, c'est de cette nécessité dont le Québec, dans sa course à la modernité, se serait bien passé.

Radio-Canada a effectué un travail remarquable dans les circonstances. Par contre, il est déplorable que lestweets spéculant sur l'identité des victimes aient été relayés en ondes. Une dose de retenue aurait été de mise, ne serait-ce que pour éviter d'accabler encore plus ceux dont les proches se trouvaient sur les lieux et qui suivaient les événements en direct. C'était de la bonne télé, bien entendu, des scoops comme ça ne vous trouvent pas tous les jours. Mais la télé était peut-être un peu trop bonne.

Philippe Fontan, Beloeil

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Incident isolé ou haine attisée?

Dans les prochaines semaines, nous nous pencherons sur les raisons qui ont pu pousser un homme à prendre ses armes et à tuer quelqu'un le soir d'une élection démocratique. Si l'homme s'avérait ne pas être atteint d'une quelconque maladie mentale, il faudra se rendre à l'évidence que sa haine a été attisée et nourrie par des discours, des écrits...

Le pouvoir du verbe se conjugue-t-il avec la tempérance des comportements dans une démocratie?

Lorsque des journaux titrent que l'élection du PQ sera la fin de la stabilité, le début d'une ère de turbulence et de disputes incessantes. Lorsque les commentaires entendus disent que le PQ promeut la violence, le désordre, le racisme et que la crise économique s'envenimera, que le prix des maisons chutera (sic).

Avons-nous raison de croire que ces commentaires sont à la fois faux et surréalistes? Que nous sommes face à un « appel à la peur » voire même à une grossière projection?

L'expérience nous montre plutôt que la dernière décennie de règne libéral aura attisé la colère de la population et que le cynisme aura atteint son paroxysme. Si peu a été fait pour favoriser le dialogue et la collaboration. Jamais, depuis la Grande noirceur, la population n'a été autant déconsidérée. Le terreau est devenu fertile pour les populistes qui flattent les colères et les extrémismes qui instrumentalisent la haine.

Je souhaite retrouver la tempérance des comportements et des discours raisonnables et nuancés dans notre démocratie.

Réjouissons-nous qu'une femme soit à la tête du pays et qu'une deuxième soit à la tête d'un parti à l'Assemblée Nationale. Elles apaiseront et tempèreront les comportements de notre démocratie.

Mes pensées vont aux familles des victimes. Ma peine est immense.

Philippe LeBel

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Au-delà de la folie

Beaucoup de questions me viennent en tête. Comment cet homme s'est-il procuré un fusil d'assaut, qui n'est pas couvert par les divers permis de possession d'armes à feu canadiens? Depuis quand préparait-il son coup? Est-il aussi désaxé que les premières images nous le laissent présumer?

Il est difficile de croire qu'un homme regardant la télévision ait tout bonnement décidé d'aller chercher un AK-47 dans son garde-robe et de se rendre au Métropolis, afin de réaliser un carnage improvisé. En considérant le niveau d'équipement retrouvé sur les lieux, il n'est pas déraisonnable de suggérer que le geste soit un tant soit peu prémédité. On peut aisément supposer que l'homme a suivi la campagne électorale, qu'il s'attendait à une victoire péquiste, qu'il savait que Mme Marois serait au Métropolis et qu'elle était sur scène lorsqu'il a ouvert le feu. 

Nous préférons sans doute expliquer une telle explosion de violence par une folie, passagère ou clinique, d'un homme en pleine crise, mais force est d'admettre qu'un raisonnement politique est tout de même à la base de cet incident, et qu'un minimum de préparations a été nécessaire pour accomplir un attentat comme celui-ci. Que l'on traite l'homme en question comme un phénomène de foire ne devrait pas éclipser le sérieux de ce geste politique ni la portée de l'acte.



Julien Bélanger




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Triste pour notre démocratie


Les événements qui couronnaient une soirée si intéressante, ont été tristement perturbés par un pauvre type qui a tué un homme et a failli assassiner la Première ministre du Québec, sans oublier le potentiel encore plus tragique que tout ça représentait pour la foule présente. C'est bien triste pour notre démocratie, car l'accessibilité de nos politiciens vient d'en prendre un coup. Je suis d'accord avec M. Charbonneau qui disait à Radio-Canada et je le dis en mes mots: ce qui sourd de la tête d'un malade, peut être aussi ce qui ruisselle dans la tête d'une certaine majorité, sans vouloir criminaliser aucune de nos minorités. Les discours véhéments de gens équilibrés prennent parfois des dimensions insoupçonnables dans la tête d'un psychotique. Crime apparemment politique, mais peut-être aussi sexiste. Faudra voir.



Daniel Beaumier, Montréal


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La violence banalisée



Le climat de violence du printemps érable et du Black Block a, à tout jamais, changé notre société.

Bien que cette personne soit dérangée, la violence, comme moyen de revendications, est désormais  tatoué dans les moeurs des extrémistes.

Rien ne sera jamais plus pareil. 

La destruction sans représailles a fait son chemin chez les fous, voilà pour l'élaboration d'une société plus juste et équitable .



Michel Cardinal 

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J'ai mal à mon  Québec

Ce qui est le plus horrible dans ce drame, ce n'est pas les actions d'un désaxé qui a agit seul. Non. Le plus inquiétant, ce sont les commentaires haineux qu'on a pu retrouver par centaines dans les médias sociaux quelques instants après l'événement. Et les commentaires provenaient des deux camps. Je suis terrifiée à l'idée que cet événement mène à l'élargissement du fossé anglophones-francophones. Ce serait catastrophique. Mes pensées vont aux familles des victimes innocentes de cet attentat. Aujourd'hui, j'ai mal à mon Québec.

Laura Gagné Marceau, Montréal



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L'intelligence humaine


En voyant un tel événement se produire chez-nous, au Québec, en 2012, j'ai l'impression que l'on se trouve en Syrie, avec un Bachar qui tue le droit d'expression et de liberté de son peuple.

On a trouve cela affreux partout ailleurs dans le monde, les guerres incessantes qui ont eu lieu en Angleterre à cause d'une question de religion.  On a trouvé cela affreux, les grandes tueries au Rwanda.

Mais nous, ici au Québec, au Canada, on s'entretue peut-être pour une question de langue, en refusant de reconnaître que chaque nationalité différente, chaque personne, peu importe où telle personne se trouve entre deux océans, a le droit de s'exprimer librement, qu'il s'agisse d'une question de langue, d'attitude, d'habitudes par région et par province.

Et nous osons nous prétendre intelligents.

Les chiens et les chats se respectent mieux, malgré leurs différences que les humains faits de la même constitution.

Jean-Guy Dupont, Montréal



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Un problème majeur


Premièrement, je tiens à vous féliciter pour votre victoire. Une femme Première ministre, c'est super. Mais je dois d'abord vous avouer que je ne suis pas fan de votre parti. J'aime mon Québec dans mon Canada. Mais je respecte la femme que vous êtes.

Je suis extrêmement désolée de la tournure des événements. Cet homme qui a tiré dans la foule a perturbé ce qui devait être le plus beau jour de votre vie et à fait un mort et un blessé. Toutes mes pensées sont avec les familles des victimes. 

Je tenais à vous dire que j'espère que ce malheureux événement vous fera prendre conscience d'un mal que notre société vit. Que ce soit au Québec, au Canada ou ailleurs dans le monde, les problèmes de santé mentale sont flagrants : meurtres, violence conjugale, harcèlement, drogues, alcool, etc. Sans vouloir excuser le geste de cet homme, je crois qu'il était certainement fortement dérangé, comme toutes les autres personnes qui ont commis des gestes semblables. Savez-vous qu'une seule séance de psychothérapie coûte parfois plus de 100 $ l'heure? Qu'il est souvent impossible de voir un psychologue gratuitement via le CLSC dans certaines régions?

J'espère de tout coeur que vous et votre parti mettrez moins d'argent dans l'organisation d'un référendum que dans les services aidant les personnes souffrant de problèmes de santé mentale. Je souhaite que la dépression et les autres maladies mentales ne soient plus un tabou et que nos enfants y soient sensibilisés dans les écoles, car on sait tous que c'est difficile à la maison. Il ne suffit plus de leur enseigner à lire, à compter et à manger des pommes. Il faut miser sur l'intelligence émotionnelle et les générations futures.



Chantal Barbara Riel, Gatineau

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Restons fiers et solidaires

Cette date historique le sera désormais pour d'autres circonstances.

Ce que je déplore, c'est que cette page de chicanes Anglo-Francos, c'était déjà du passé, de l'Histoire ancienne.

Nous sommes dans une autre étape de l'histoire du Québec. 

Je déplore tout le chemin fait pour atteindre cette paix culturelle, défait par quelques paroles et un geste impardonnable.

Tout ce chemin, semble-t-il, est encore à refaire pour certaines personnes.

Mais notre jeunesse, je suis certaine qu'elle sera plus intelligente que ces paroles de haine.

Notre jeunesse montrera que nous ne sommes pas un peuple violent. 

Anglophones et francophones, quelque soit la langue parlée, ici, au Québec, nous ne tolérerons pas cette violence.

Ne nous divisons plus. Restons fiers et solidaires malgré tout.



Sophia Alvarez


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Échappé belle

Il visait la mort non seulement de Pauline Marois, mais de centaines d'indépendantistes. Si le feu que le terroriste a allumé avait envahi l'intérieur du Métropolis, la panique aidant, l'événement aurait pris la dimension d'une catastrophe nationale.

À moins que le premier geste courageux de notre nouvelle Première ministre, son appel au calme ait été entendu, même dans cette circonstance.

Andrée Ferretti, Brigham

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La sécurité était-elle adéquate?

Le 8 mai 1984, Denis Lortie faisait irruption à l'Assemblée nationale pour pénétrer dans le Salon bleu. Cet illuminé a tué trois personnes et en a blessé huit. À la suite de cette tragédie, la sécurité a été renforcée à l'Assemblée nationale. Il semble que le tragique événement survenu lors du rassemblement des militants péquistes au Métropolis soit aussi l'oeuvre d'un illuminé qui voulait s'en prendre directement à Mme Marois.  La sécurité à l'extérieur de l'établissement était-elle adéquate? Comment cet homme a-t-il été pu entrer dans la salle avec une arme d'assaut? Ce n'est qu'une fois des coups de feu tirés que la garde rapprochée de Pauline Marois a réagi de façon efficace en l'écartant du danger promptement. Ses gardes du corps, membres de la Sûreté du Québec, sont formés en ce sens et, au moindre doute, ils interviennent.  Ils ne pouvaient réagir plus tôt, car ils ignoraient que cet homme était dans la salle. J'imagine que la division de la protection des personnalités de la SQ est déjà à pied d'oeuvre afin d'éviter qu'une telle tragédie ne se reproduise.  Faut-il que la SQ assure aussi la sécurité du périmètre extérieur d'une rencontre politique impliquant un chef d'État? Les corps policiers municipaux sont-ils aptes à assurer la sécurité de nos politiciens? Est-il préférable de soumettre chaque participant à une fouille systématique et au détecteur de métal? Voilà autant de questions que doivent se poser les hauts gradés de la SQ. Souhaitons qu'un tel drame ne se reproduise plus et ayons une pensée pour les victimes que le destin aura placées au mauvais endroit et au mauvais moment.

Jean Bottari, Montréal

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Un attentat révélateur


Au-delà des discours convenus, les esprits dérangés n'ont-ils pas été de tout temps les révélateurs des lignes de fracture d'une société? Le caporal Lortie avait mis en scène les discours belliqueux de P.-E. Trudeau. Le forcené du Métropolis a traduit en acte l'esprit et le contenu hostile de la presse anglaise de Montréal et du Canada. On se dissociera du bout des lèvres, mais personne ne doit se méprendre sur le sens de cet événement. On a dit que cet acte avait terni la victoire du PQ.  Mais bien plus, il éclabousse le Canada anglais et ceux qui le soutiennent au Québec par leur vision et leur vote.  Le Parti québécois doit aussi revenir de sa naïveté et réaliser à qui il a affaire derrière le masque de la démocratie et d'une paix sociale qui ne fonctionne que lorsque nous déclinons et laissons faire selon la méthode éprouvée du Parti libéral du Québec.

Hubert Larocque,  Gatineau

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Je suis en deuil


Triste, si triste, de ce geste, de cette violence, de la perte de cette vie humaine.

Et apeurée que cela puisse alimenter le fossé entre nos deux solitudes.

Nous aurons besoin de beaucoup de douceur entre nous dans les prochaines heures. De retenue verbale, de délicatesse émotionnelle et d'empathie pour la réalité vécue par l'autre. De gestes d'unification de nos dirigeants politiques.

Nous aurons même peut-être besoin de tendre la main:

Si nous rencontrons un francophone qui parle français, abordons-le en français et attardons-nous à ce qu'il vit.

Si nous croisons quelqu'un qui parle anglais, parlons-lui en anglais et intéressons-nous à sa réalité.

Tentons de créer des ponts entre nos deux solitudes.

Nous sommes tous Québécois, comment mieux vivre ensemble?

Comment faire de cette province un lieu rassembleur qui nous ressemble?

Pascale Brillon

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Un réveil difficile

Je me suis couché, mardi soir, fière de ma nation. Fière de cette première femme au pouvoir.

Le réveil fut plus difficile. Nous ne savons pas encore le mobile exact de ce désaxé, mais la haine que portait cet homme, que ce soit envers les femmes ou les francophones, est inacceptable.

Je souhaite bon courage à Mme Marois, une femme forte qui nous apportera beaucoup dans les prochaines années, c'est certain.

Alex Beausoleil

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Hélas!

Comment ne pas être attristé devant cet attentat?  Il semble bien que les chefs politiques ont toujours attiré des déséquilibrés ou des meurtriers. Pensons aux Kennedy, Lincoln, D'Arcy McGee (homme politique canadien) et autres présidents américains, etc. Conclusion : la protection doit être accrue à l'égard de nos hommes et femmes politiques. Dommage, mais c'est ainsi.

Michel Lebel

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Événements troublants

Voilà un geste à la fois désolant et tout à fait inacceptable. Un individu en robe de chambre aux allures un peu mêlées nous suggère qu'il s'agit là d'un geste désespéré. Un coup de fil reçu en début de soirée du nouveau petit ami de ma bru, un anglophone élevé en Ontario d'une quarantaine d'années fraîchement débarqué au Québec, fournira peut-être une partie de la motivation derrière ce geste aux allures spontanées .

James est inquiet et révolté par ce qu'il entend sur les ondes de la radio anglophone à Montréal, dont les intervenants suggèrent que les autobus du transport en commun  n'étaient pas présents dans certaines parties du West Island pendant plusieurs heures, empêchant ainsi des centaines de personnes de voter. A un moment, on s'est rendu compte de la situation à la direction et plusieurs autobus ont été dépêchés dans les secteurs délinquants.

Selon James, les débats étaient plutôt chauds sur les ondes et l'émotion forte était au rendez-vous. Est-ce que le tireur fou était à l'écoute des ces échanges radiophoniques?

Avant que trop de monde s'exclame que ces choses-là n'arrivent qu'à Montréal, et sans diminuer l'abominable geste, souvenons-nous qu'il y a quelques mois, des bénévoles et membres du comité organisateur des célébrations entourant le 350e anniversaire de la bataille sur les plaines d'Abraham à Québec avaient démissionné en bloc, car ils avaient subis des menaces de morts et physiques contre leurs personnes et les membres de leur famille de la part de groupes extrémistes séparatistes. On a alors remplacé les activités prévues par une lecture de poèmes et autres écrits, dont le manifeste du FLQ un document préparé par des terroristes séparatistes qui avaient assassinés lâchement deux personnes qui contribuaient à la diplomatie et aux débats politiques non violents.

Madame Marois ferait bien de mettre l'article 1 du Parti Québécois dans un coffret de sûreté jusqu'à ce que la population lui donne un mandat majoritaire car les moeurs semblent avoir bien changés depuis le dernier référendum...

René Drolet, Thetford Mines

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Quelle soirée!

J'y étais, en avant avec les conseillers, proches et accompagnateurs des candidats, et nous n'avons absolument rien entendu, aucun coup de feu. Les gens ne savaient pas trop ce qui se passait et, bien que médusés, ils restaient très calmes, alors que l'on voyait Madame Marois se faire escorter manu militari hors de scène par ses gardes du corps.

Ce n'est qu'à mon retour chez moi que j'ai pu mesurer la grandeur de Madame Marois. Car, malgré l'attentat, elle était revenue sur la scène, solidaire avec les gens dans la salle, pour calmer le jeu. Ne cédant pas à la panique en comprenant que l'homme fut maîtrisé, puis arrêté). Quel autre chef d'État n'aurait pas pris la poudre d'escampette en limousine blindée, pour la moindre brise discordante? C'est dans ces moments d'adversité que l'on voit le vrai visage des gens, et Madame Marois m'a grandement impressionné.  Elle a agi tel un grand leader le ferait.

Maintenant, j'espère que les médias anglophones canadiens cesseront leur propagande raciste et xénophobe contre les Québécois francophones.

Frédéric Jeanbart

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La xénophobie

Je suis choqué, abasourdi qu'une telle chose soit possible au Québec en 2012. Je lis depuis hier soir le déchaînement de haine sur les médias sociaux comme Twitter, Facebook, mais aussi sur les blogues de grands quotidiens où les péquistes et souverainistes sont la cible des pires propos.

Pourquoi tant de haine? N'avons-nous pas respecté leurs manières et leurs droits depuis 1976. La xénophobie renforcée par les médias écrits ne s'apparente-t-elle pas, dans une certaine mesure, à la radio poubelle de Québec? On tape sur le clou et au diable les conséquences? Il en faudrait moins pour faire basculer un fanatique ou un désaxé. Dire que les souverainistes sont des extrémistes est un lieu commun qu'il faut dénoncer, les faits d'hier le démontrent, les réactions de la blogosphère sont éloquentes.

Bravo à Mme Marois pour son sang-froid, son calme, sa stature qui démontrent encore une fois à quel point elle est une femme exceptionnelle et digne du poste de premier ministre du Québec.  Hier soir, elle fut grande dans un des moments les plus sombres de l'histoire politique récente.

Frédéric Bourbeau