Entrepreneurs, donneurs d’ordres dans l’espace public et responsables de chantiers, je vous lance un cri du cœur : RAMASSEZ-VOUS ! Ma ville, notre métropole, porte d’entrée au Québec et au Canada n’est pas un dépotoir.

Publié le 21 septembre
Yves Lalumière
Yves Lalumière Président-directeur général de Tourisme Montréal

Le nombre de chantiers à Montréal confirme la vitalité économique de notre métropole. Il est donc parfaitement compréhensible de voir les panneaux de signalisation indiquer les détours et les cônes orange annoncer la présence de chantiers. Ils ont pour mission capitale d’assurer la sécurité des ouvriers et de la population. C’est donc avec enthousiasme que je m’associe à cette vague de renouveau visant à entretenir, à moderniser, voire à reconstruire notre métropole.

Là où je me dissocie toutefois, c’est lorsque je constate, une fois les chantiers terminés, des régiments de cônes abandonnés et des armées de panneaux de signalisation qui, à défaut d’être utiles, jonchent nos trottoirs, gênant ainsi la circulation des passants.

Cette pratique négligente doit cesser !

La Ville de Montréal gère près de 25 % des chantiers de la métropole et fait beaucoup d’efforts pour assurer la fluidité des déplacements, la qualité des chantiers et la responsabilisation des donneurs d’ouvrage. Malgré tout, les délinquants sont pléthores et leur laisser-aller constitue à mes yeux un véritable affront à notre ville, à son administration, à ses citoyens et aux visiteurs qui affluent des quatre coins du monde.

Les entrepreneurs privés, en partie responsables des chantiers, doivent fournir leur part.

Le domaine public ne peut servir de lieu d’entreposage pour les bollards, les cônes, les panneaux, ou même les barrières entre deux chantiers. Cette pratique touche lourdement la circulation des piétons, cyclistes et automobilistes.

Ces négligences inadmissibles n’agissent pas seulement comme une pollution visuelle, ils défigurent littéralement notre centre-ville. Ainsi, à défaut de pouvoir profiter librement des charmes de notre ville, concitoyens et visiteurs sont contraints à une expérience dégradante qui consiste à se méfier constamment des obstacles encombrant leur route, et ce, pratiquement à chaque coin de rue.

Ce n’est pas tout. Une autre réalité mérite d’être remise en question.

Sécuriser convenablement les chantiers de notre métropole est évidemment non négociable, mais serait-ce trop vous demander, chers fonctionnaires du ministère des Transports du Québec, que d’imaginer une proposition différente de celle créant sur nos boulevards urbains des corridors de cônes orange ? Vous avez la responsabilité d’établir les règles pour assurer la sécurité des chantiers, mais ces règles devraient être adaptées aux milieux urbains denses comme Montréal, ville UNESCO de design.

Au Québec, nous sommes reconnus internationalement pour notre créativité. Ainsi, je suis convaincu que vous saurez nous faire profiter de solutions innovantes pour un meilleur encadrement de nos chantiers qui assurera tant la sécurité des travailleurs que le respect de notre paysage urbain.

Chers entrepreneurs, donneurs d’ordres dans l’espace public et responsables de chantiers, chez Tourisme Montréal, nous travaillons d’arrache-pied pour attirer les visiteurs et faire rayonner la métropole, partout dans le monde. Vous travaillez dur, vous aussi, à réparer, à construire et à améliorer notre ville qui attire chaque année des millions de touristes. La ville de Montréal est belle lorsqu’on collabore ; marchons dans la même direction.

Je vous le demande humblement, mais fermement : s’il vous plaît, ramassez-vous !

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