Depuis plusieurs semaines, la situation de la fonderie Horne à Rouyn-Noranda ramène certains mythes concernant l’industrie minière, en mêlant les genres (Far West, multinationales, boom minier, eskers en danger, etc.), occultant du même coup la réalité du secteur. Des précisions s’imposent.

Publié le 4 août
Valérie Fillion
Valérie Fillion Directrice générale, Association de l’exploration minière du Québec

Je travaille depuis plus de 30 ans dans le secteur minier québécois (exploration et exploitation). J’ai été en mesure de constater l’évolution dans le fonctionnement des entreprises, entre autres concernant la santé et la sécurité des travailleurs, la prise en compte des résidants à proximité des projets, l’amélioration des pratiques environnementales, l’apport des femmes et des communautés autochtones dans les activités des sociétés.

À savoir si les entreprises minières et les gouvernements devraient en faire plus pour protéger l’environnement et la santé des populations, les travailleurs de l’industrie minière répondraient oui de façon quasi unanime. Ils ne sont pas différents des autres résidants du Québec. Ils habitent et vivent près des projets et ont une préoccupation tout aussi importante pour l’eau qu’ils boivent, l’air qu’ils respirent, les sentiers pédestres qu’ils fréquentent et les poissons qu’ils pêchent.

Est-ce que l’impact environnemental et social des sociétés minières peut être réduit ? La réponse est oui, il s’agit d’une nécessité de minimiser les impacts.

Depuis plusieurs années, grâce à l’innovation, les entreprises poursuivre leurs recherches et améliorent constamment leurs pratiques.

Depuis une bonne décennie, nous entendons parler d’un Far West minier et de cowboys pour imager les activités du secteur minier. J’imagine que les références portent sur le fait qu’il y avait peu de lois au XIXe siècle, dans l’ouest des États-Unis. La réalité d’aujourd’hui est que le secteur minier au Québec est très encadré et bien surveillé. Sur le site internet du ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles, on trouve le cadre normatif s’appliquant au domaine minier (1).

Bien que le document date de 2017, il représente le cadre légal des entreprises. Il est à noter qu’il y manque les mises à jour depuis la modernisation de la Loi sur la qualité de l’environnement et de la Loi concernant la conservation des milieux humides et hydriques.

Lente croissance

Pour ce qui est du boom minier, il n’existe pas. Depuis une quinzaine d’années, le nombre de mines en activité varie entre 20 et 25 au Québec. En moyenne, on assiste au démarrage de 0,7 mine par année au Québec. Aussi, le gouvernement a lancé dernièrement la Stratégie pour la mise en valeur des minéraux critiques et stratégiques et la Stratégie québécoise de développement de la filière batterie visant à exploiter et transformer les minéraux du territoire québécois.

L’objectif est de fabriquer des composantes de batteries, comme des anodes et des cathodes. Cette approche permettrait de positionner le Québec comme un leader de la transition énergétique et de l’électrification des transports.

Malgré tout, même avec les stratégies mentionnées précédemment et le prix des métaux, le nombre de mines n’augmentera pas significativement.

Les travailleurs du secteur minier, avec qui j’œuvre depuis de nombreuses années, sont aussi en faveur de prioriser la réutilisation des minéraux et le recyclage des métaux, la transition énergétique, l’électrification des transports, la protection de l’environnement, le respect des communautés à proximité des projets et la restauration complète après la fin des activités d’exploration et d’exploitation.

En conclusion, la filière minérale québécoise d’aujourd’hui contribue au développement des régions ressources et de l’ensemble du Québec dans le respect des lois et des règlements. Elle est engagée dans un processus d’amélioration des pratiques en continu. Les dirigeants et responsables sont très largement québécois. Ils vivent dans les régions et dans les centres urbains du Québec, sont soucieux de l’environnement, du bien-être de leur voisin et de l’avenir de leur communauté. Comme la majorité des Québécois.

1. Consultez Le cadre normatif s’appliquant au domaine minier
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