Le gouvernement écossais propose qu’un deuxième référendum sur l’indépendance se tienne le 19 octobre 2023. Étant un indépendantiste québécois convaincu, je le soutiens sans hésitation.

Publié le 2 juillet
Sylvio Le Blanc
Sylvio Le Blanc Montréal

Cela dit, l’inspirante première ministre écossaise, Nicola Sturgeon, a peut-être erré en demandant à la Cour suprême britannique de déterminer si le Parlement écossais avait le pouvoir de légiférer pour tenir un référendum sans l’approbation du gouvernement britannique. Il ne fait aucun doute que ladite Cour établira que l’accord de Londres est nécessaire. Mme Sturgeon sera bien avancée. Des Écossais soucieux du respect des lois seront réticents à la suivre en 2023.

L’ancien premier ministre du Québec, Maurice Duplessis, a dit déjà de la Cour suprême du Canada, d’inspiration britannique, qu’elle est « comme la tour de Pise : elle penche toujours du même bord ».

À Ottawa comme à Londres, les juges sont nommés par le pouvoir central. Élémentaire, mon cher Watson.

Il n’est pas trop tard pour le gouvernement écossais pour annuler sa requête. Quinze mois vont s’écouler d’ici la tenue du référendum, cela donne du temps. Boris Johnson refuse aujourd’hui de donner son aval, mais ce premier ministre contesté pourrait être forcé de démissionner d’ici là, et son successeur pourrait se montrer plus compréhensif s’il veut être reconduit en 2024. Sans compter que de nouvelles élections pourraient se tenir. Si les travaillistes prenaient le pouvoir, tout pourrait être différent.

Que le gouvernement britannique se montre ouvert ou non, Mme Sturgeon se présentera le moment venu devant son vis-à-vis à Londres et lui rappellera que deux États ont fusionné librement en 1707 et que l’heure est venue d’aller chacun de son côté. S’il refuse de donner son aval, elle n’aura d’autre choix que de foncer et de tenir malgré tout son référendum.

Pour l’encourager, je lui signale que le Québec n’a pas demandé la permission au Canada (qui est une création britannique) pour tenir les référendums de 1980 et de 1995.

Pour finir, je pense que si la reine Élisabeth II, 96 ans, quitte ce monde avant le référendum, et que son fils Charles (moins aimé des Britanniques) la remplace, le OUI l’emportera en Écosse. Le cas échéant, le roi Charles perdra son palais d’Holyroodhouse, à Édimbourg.

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